• Elizabeth von Arnim, Avril enchanté, 10-18"A tous ceux qui aiment les glycines et le soleil. Italie. Mois d'avril. Particulier loue petit château médiéval meublé bord Méditerranée. Domesticité fournie. Répondre au Times sous la référence Z 1000."

     

    Lotty Wilkins et Rose Arbuthnot, la trentaine, découvrent cette petite annonce quasiment au même moment alors qu'elles sont à leur club. Elles ne se connaissent que de vue mais elles décident d'y répondre ensemble car toutes deux réalisent soudain qu'elles ont besoin de vacances et de s'éloigner de leurs maris. Celui de Lotty, un avocat, méprise sa femme qu'il juge sotte et trop peu élégante. Le mari de Rose a cessé de l'aimer et elle s'est lancée dans l'assistance aux pauvres pour oublier ses peines de coeur.

     

     

    Comme la location coûte un peu cher pour leurs bourses, elles recrutent deux autres femmes pour se joindre à elles. Mrs Fisher est une veuve âgée (plus de 50 ans !) et lady Caroline Dester une jeune femme affligée d'une beauté telle que tous les hommes tombent amoureux d'elle : "Généraux et hommes de troupe -la guerre avait été pour elle une période extrêmement embarrassante-, évêques et bedeaux -elle se souvenait encore des étranges événements qui avaient entouré sa confirmation-, gros pleins de soupe et crève-la-faim, brillants causeurs et débiles légers, célibataires endurcis et maris fidèles, tous sentaient briller soudain dans leurs yeux une petite flamme qui ne s'éteindrait plus".

     

     

    Dans le cadre enchanteur de la côte italienne au printemps, ces quatre femmes vont retrouver plus ou moins vite de l'estime de soi et décider que, même mariées, même vieille, même trop belle, elles ont droit au bonheur. Mais je retrouve avec grand plaisir l'humour que j'avais apprécié dans La bienfaitrice et le fond féministe. Je suis bien partie pour explorer plus avant l'oeuvre de cette auteure.

     

    L'avis de Keisha.

     


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  • Marie-Odile Ascher, Pain amer, PocketEn 1946 Staline propose aux Russes blancs qui avaient quitté la Russie au moment de la révolution bolchévique de rentrer au pays. Qu'ils viennent aider à reconstruire l'URSS, ils seront accueillis à bras ouverts au paradis des ouvriers et des paysans.

     

     

    Née en France, Marina Sandansky, 18 ans, est l'aînée d'une famille de sept enfants installée à Vence près de Nice. Elle vient de réussir brillamment son bac, elle envisage de poursuivre des études d'anglais et surtout, elle est fiancée à Marc dont elle est très amoureuse. L'URSS ne fait pas partie de ses projets. Ses parents cependant, taraudés par la nostalgie de leur pays, se sont laissés convaincre par les belles promesses qu'on leur faites et Marina doit les suivre. Mais elle est convaincue qu'une fois que tous seront installés sains et saufs à Odessa, dont son père est originaire, elle pourra rentrer en France.

     

     

    J'avais été bouleversée par le documentaire Piégés par Staline (2002), vu à la télé il y a des années et qui racontait l'histoire véridique de ces Russes blancs revenus en URSS après la seconde guerre mondiale. Plus de 50 ans après on y voyait des survivants raconter leur vie pathétique. Je retrouve la même émotion à la lecture de cet ouvrage qui me paraît bien documenté (bibliographie à la fin). Au lieu du bonheur promis à Odessa, la famille Sandansky se retrouve en Sibérie où elle fait connaissance avec la misère, la faim, le froid, la crasse. Quel choc pour les parents qui croyaient assurer un avenir meilleur à leurs enfants !

     

     

    On le sait dès le début, Marina ne reverra jamais la France. Elle est la narratrice du roman et on la suit quand elle tente de s'acclimater à son nouveau pays, quand elle se bat pour procurer à manger à ses petits frères et soeurs. Je trouve très crédible la voix de cette jeune femme qui essaie de survivre sans pour autant renoncer à son espoir d'autre chose. Dans l'adversité elle s'accroche à son amour pour Marc qui est un soutien et dont elle ne fera jamais vraiment le deuil.

     

    L'avis d'Aaliz, celui de Zarline.

     

     

     


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  • Carin Gerhardsen, La comptine des coupables, 10-18A Stockholm, une femme et ses deux enfants en bas âge sont retrouvés assassinés (égorgés) à leur domicile. L'équipe du commissariat d'Östgötgatan est sur les dents, d'autant plus que plusieurs de ses membres se débattent eux-mêmes avec des histoires pas simples. Il y a Petra qui a été violée sous drogue et qui soupçonne son coéquipier d'être complice de ce crime. Pourtant elle ne dit rien. Il y a Conny qui, à près de 50 ans, se découvre une grand-mère dont il ignorait l'existence. Et Einar qui a disparu : ses collègues s'aperçoivent alors qu'ils ne savent rien de la vie privée de ce personnage taciturne.

     

     

    Peu à peu cependant la police s'oriente vers l'hypothèse d'une froide vengeance. Le sujet du roman c'est la culpabilité et le secret de famille, thèmes liés ici. Il est question d'enfants à qui on a caché leurs origines et des traumatismes que cela peut provoquer. Ce policier est le troisième d'une série dont j'avais lu les deux premiers il y a déjà quelque temps (le un, le deux). Je trouve plutôt plaisant de retrouver des personnages que je connais déjà. Ce n'est pas hyper bien écrit mais cela se lit facilement et des aller-retour entre passé et présent maintiennent un certain suspens.

     


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  • Antoine Vitkine, Mein Kampf, histoire d'un livre, J'ai luEn 2008, Antoine Vitkine a réalisé un documentaire pour Arte : Mein Kampf, c'était écrit. C'est à partir des recherches menées pour ce documentaire (que je n'ai pas vu) qu'il a rédigé ce passionnant ouvrage paru en 2009, où il nous présente l'histoire, le contenu et la postérité de Mein Kampf.

     

     

    Ecrit en 1923 alors qu'Hitler est en prison pour sa tentative de coup d'Etat, c'est un pavé de 700 pages. Les extraits qui en sont cités montrent un texte d'une grande violence, dans la forme et le fond. Pas de surprise de ce côté ci : les Juifs sont la première cible, présentés comme responsables de tout ce qui peut arriver de négatif en Allemagne et dans le monde.

     

     

    Très vite après sa parution le livre devient un best-seller en Allemagne, enrichissant son éditeur (Eher-Verlag) et son auteur. Dans une Allemagne en crise les nazis dénoncent le goût du luxe des dirigeants de Weimar et, peu avant d'arriver au pouvoir, Hitler renonce à son salaire de chancelier. Il n'en a pas besoin, il est déjà riche. "Mein Kampf aurait rapporté au Führer 15 millions de Reichsmarks, soit des dizaines de millions d'euros actuels". Eher-Verlag s'attache à valoriser le filon avec des dizaines d'éditions différentes allant de l'édition de poche à celle de prestige avec couverture en marbre en passant par une édition en braille.

     

     

    Pourtant peu nombreux sont ceux qui voient le danger et le disent. Ludendorff, homme d'extrême droite, écrit à Hindenburg : "En nommant Hitler chancelier, vous avez livré notre chère Allemagne au plus grand démagogue de tous les temps. Je vous prédis que cet homme sans âme précipitera l'Allemagne dans des abîmes de déshonneur. Les générations futures vous maudiront pour ce que vous avez fait".

     

     

    Cependant Hitler a conscience que Mein Kampf en dévoile trop sur ses intentions belliqueuses et dément ses affirmations répétées d'être un homme de paix ("Je n'ai qu'une seule grande tâche : protéger la paix dans le monde" -17 mai 1933) aussi les traductions qui sortent partout dans le monde à partir de 1933 sont-elles expurgées de passages entiers concernant la politique étrangère -mais pas de leur contenu antisémite. Partout dans le monde sauf en France car dans notre pays le Führer met son veto à l'édition de Mein Kampf. Il faut dire qu'après les Juifs, la France est son deuxième objet de haine. C'est l'occasion pour Antoine Vitkine de nous présenter Fernand Sorlot, personnage à l'histoire fascinante, fondateur des Nouvelles Editions Latines, fasciste et nationaliste qui passa outre l'interdiction et fit traduire Mein Kampf en 1934. Condamné par le tribunal de commerce de la Seine, il continue à écouler l'ouvrage clandestinement. Aujourd'hui les NEL sont revenues aux fils de Sorlot qui sont les seuls en France à éditer Mein Kampf (36 € -contrairement à ce que certains croient, le livre n'est pas interdit), toujours dans la même traduction de 1934, pas très bonne selon Antoine Vitkine qui déplore le monopole laissé à une maison d'édition d'extrême droite.

     

     

    En 1934 cependant, les Français ne savent que croire : ce qu'Hitler a écrit dix ans plus tôt ou ce qu'il dit au moment même ? Le désir de paix fait choisir à beaucoup la deuxième réponse. On se convainc alors que le chancelier est sincère quand il déclare au Matin à ce sujet : "Je décide seul de la politique de l'Allemagne et, quand je donne ma parole, j'ai l'habitude de la tenir". Je dois dire que je comprends que les contemporains aient pu être troublés par tous ces mensonges. Hitler ne se considère pas comme parjure. Pour lui il n'y a qu'une parole qui compte : "celle que j'ai donné au peuple allemand de lui rendre sa puissance et sa victoire".

     

     

    Antoine Vitkine termine son ouvrage par une étude de la diffusion actuelle de Mein Kampf. Aujourd'hui il connaît un succès important dans le monde arabo-musulman où il est souvent considéré comme un bon moyen de connaître les Juifs. Il se vend bien aussi dans l'Inde nationaliste. A côté de ça il est interdit en Allemagne où même les historiens du nazisme y ont difficilement accès -quand ils le souhaitent. Vitkine est convaincu que l'interdiction ne sert à rien et qu'il vaudrait mieux étudier le livre, regarder les erreurs du passé en face et en tirer des leçons pour le présent.

     

     

    J'ai trouvé passionnante la lecture de Mein Kampf, histoire d'un livre. Bien sûr j'y ai appris des choses sur un livre que je ne connaissais pas plus que ça. J'en avais seulement lu de courts passages dans un manuel d'histoire. Mais j'ai trouvé aussi des informations sur les débuts d'Hitler en politique et ça me rappelle que je m'étais déjà promis de lire une biographie du personnage. Peut-être celle de Ian Kershaw qui semble être une source importante de Vitkine.

     


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  • Sébastien Kardinal, A la française, L'âge d'hommeLa tradition façon vegan

    C'est le titre et le concept (proposer des adaptations véganes des classiques de la cuisine française) qui m'ont attirée vers cet ouvrage. Après une introduction dans laquelle l'auteur se présente lui-même puis présente quelques bases de la cuisine végane (remplacer la viande, remplacer la crèmerie) et de la cuisine tout court (tailles des légumes), les recettes sont classées en trois sections :

    1.  - les entrées : salade niçoise, quiche lorraine...

     - les plats : blanquette à l'ancienne, choucroute garnie...

     - les garnitures : ratatouille niçoise (ça je n'en avais jamais vu de version avec des produits animaux, de toute façon), champignons farcis...

     

     

    C'est un livre grand format, avec de très nombreuses photos pleine page (ce que j'apprécie) et très classe. Il adopte le code couleur de son auteur (plusieurs photos de lui me laissent à penser que Sébastien Kardinal aime le noir) : fond noir, photos et pages encadrées de noir -ce qui peut avoir un petit côté faire-part de décès. Personnellement je trouve surtout que ça fait un peu m'as-tu-vu. J'ai été un peu déçue par les recettes que j'ai essayées. Elles demandent pas mal de travail et ne sont pas toujours aussi goûteuses que je l'aurais souhaité. Marie Laforêt propose parfois ces mêmes plats dans des versions que je préfère.

     

     

    Sébastien Kardinal, A la française, L'âge d'homme

     

    La recette du jour est le hachis parmentier, pour 6 personnes :

    Ingrédients : 1 kg de pommes de terre bintje

    1 carotte

    1 branche de céleri

    1 oignon

    1 échalote

    1 gousse d'ail

    20 cl de lait de soja

    100 g de protéines de soja texturé (fin)

    1/2 l de bouillon de légumes

    1 c-à-s de paprika fumé

    huile d'olive, sel, poivre, noix de muscade, chapelure

     

    Recette :

    Laver et éplucher les pommes de terre, les tailler en gros morceaux puis les faire cuire dans un grand volume d'eau bouillante salée durant 25 à 30 mn. Vérifier la cuisson à l'aide de la pointe d'un couteau. Egoutter les pommes de terre et les écraser à l'aide d'un presse purée. Délayer avec le lait de soja, 1 c-à-s d'huile d'olive, mélanger jusqu'à obtenir une texture onctueuse et lisse. Saler, poivrer et râper 1/8° de noix de muscade (ça me paraît énorme), mélanger et réserver.

     

    Nettoyer et tailler en petits dés la carotte, la branche de céleri, l'oignon et l'échalote. Ecraser la gousse d'ail et faire revenir tous les légumes dans une grande poêle avec un filet d'huile d'olive durant 5 mn à feu vif. Pendant ce temps, réhydrater le soja texturé avec le bouillon et assaisonner avec le paprika fumé, laisser poser 1 mn et mélanger.

     

    Ajouter le soja texturé aux légumes et laisser revenir ensemble durant quelques minutes. Goûter et corriger l'assaisonnement si besoin.

     

    Dans un plat à gratin, verser la préparation de hachis, couvrir avec la purée et saupoudrer généreusement de chapelure. Enfourner dans un four chaud à 180°C durant 30 à 40 mn.

     

    Ma variante : j'ai trouvé que la couverture de chapelure était un peu sèche. Je vous propose une alternative, c'est celle de Marie Laforêt : un mélange de 5 c-à-s de levure maltée, 3 c-à-s d'huile d'olive et 7 c-à-s de crème de soja que l'on étale dessus : délicieux.

     

     

     

    Les protéines de soja texturé, qu'est-ce que c'est ?

    On les appelle aussi PST. Il y en a de plusieurs tailles : petites, moyennes, escalopes... C'est un ingrédient sec fabriqué à partir de farine de soja. On les fait tremper dans du bouillon épicé pour les réhydrater avant de les cuisiner. Les petites ressemblent alors à s'y méprendre à de la viande hachée (mais je n'irais pas prétendre qu'elles en ont le goût). Je les achète dans mon magasin bio habituel. Dans un magasin végétarien ou végane on aurait plus de choix sur la taille et la forme.

     

     

    Sébastien Kardinal, A la française, L'âge d'homme

    Des PST : petites, moyennes, en bouchées

     

     

     


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  • Elizabeth von Arnim, La bienfaitrice, ArchipocheNoble mais désargentée, Anna Escourt, 25 ans, était condamnée à faire un riche mariage pour pouvoir prétendre au mode de vie lié à son rang (comprendre : vivre sans travailler). Mais voilà qu'un vieil oncle lui lègue en Allemagne un domaine dont les revenus vont lui permettre de réaliser son rêve d'indépendance. Mieux encore : Anna peut dorénavant faire le bien autour d'elle et elle décide d'accueillir une douzaine de femmes sans ressources -les "élues"- pour vivre ensemble en toute amitié, comme des soeurs.

     

     

    La naïve et enthousiaste Anna va découvrir qu'être une bienfaitrice n'est pas chose facile et qu'on s'expose à susciter plutôt le ressentiment que la reconnaissance chez ceux qui nous sont redevables. Pour affronter le pasteur du village, un homme assommant qui n'a que la religion à la bouche ; le régisseur du domaine qui espère profiter de son inexpérience pour s'en mettre plein les poches et supporter les mésententes entre les "élues", elle aura bien besoin du soutien de son voisin, le bel Axel von Lohm. Mais promis, Anna ne va pas tomber amoureuse puisqu'elle a choisi de rester indépendante.

     

     

    J'ai pris grand plaisir à la lecture de ce roman écrit en 1902, plein d'humour et d'ironie et qui traite de la possibilité pour une femme d'être indépendante. Nul doute que je lirai de nouveau cette auteure que je découvre ici.

     

    Quelques extraits :

    "Comme beaucoup d'analphabètes, elle vantait son bon sens, considérant cette qualité, qu'elle possédait effectivement, comme plus précieuse que d'autres, qu'elle ne possédait pas."

     

    L'avis du pasteur sur les femmes : "... c'est un matériau à l'état brut. Et il est inutilisable tant que la main d'un homme ne l'a pas façonné.

    - Très vrai, convint son ami, d'autant plus cordialement qu'il avait à la maison une femme qui résistait au façonnage depuis maintenant plus de vingt ans."

     

    L'avis de Keisha.

     


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  • Evguénia Iaroslavskaïa-Markon, Révoltée, Seuil"Fille de la bourgeoisie intellectuelle juive de Petrograd, femme du poète Alexandre Iaroslavski, anarchiste, voleuse, déportée aux Solovki, condamnée à mort, exécutée à vingt-neuf ans", voici Evguénia Markon (1902-1931). Elle pensait que la pègre était la seule classe révolutionnaire car la seule assurée de ne détenir jamais le pouvoir et elle décida de rejoindre les voleurs. Elle a vécu dans la rue, elle a vendu des journaux et elle a volé. En 1931, peu avant son exécution, elle écrit le texte qu'on nous présente ici et qu'elle titre "Mon autobiographie". On y découvre une femme passionnée, qui se fout des contingences matérielles et que rien ne semble pouvoir arrêter.

     

     

    A propos de son amour pour son mari, elle écrit : "En 1923 (en mars), alors que je vivais avec Iaroslavski depuis exactement trois mois, je suis tombée sous un train et on a dû m'amputer des deux pieds -événement si insignifiant pour moi que j'ai failli oublier de le mentionner dans mon autobiographie ; en effet, qu'est-ce que la perte de deux membres inférieurs en comparaison de cet amour si grand qu'était le nôtre, de ce bonheur si aveuglant ?!"

     

    Après s'être enthousiasmée pour les révolutions de 1917 elle rejette vite le pouvoir bolchévique : "La notion même de révolution figée dans la victoire est absurde, tout comme celle de mouvement arrêté : si c'est arrêté, ce n'est plus une révolution !"

     

     

    Son récit est précédé d'un avant-propos d'Olivier Rolin -par ailleurs auteur du Météorologue- et suivi d'une postface d'Irina Fligué, responsable de l'association Mémorial à Saint-Petersbourg. J'apprécie particulièrement sa conclusion : "Quoiqu'il en soit, il est un aspect -celui de la prédiction politique- oùle dernier mot d'Evguénia Iaroslavskaïa s'est révélé pour de bon prophétique. Le monde de la pègre a en effet fini par vaincre le bolchévisme et l'idéal communiste. Mais cela s'est produit non pas en un combat ouvert, visant à renverser le régime qu'elle haïssait. Mais progressivement, pas à pas, par la criminalisation des élites soviétiques".

     


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  • Jean d'Aillon, Paris, 1199, J'ai luRobert de Locksley -alias Robin Hood, Robin au Capuchon, Robin des Bois, quoi ! déjà croisé dans le précédent épisode- est en Aquitaine, à Fontevrault, auprès de la reine Aliénor quand ils apprennent que Richard Coeur de Lion a été blessé par un carreau d'arbalète lors du siège de Châlus et se meurt. Ils partent aussitôt pour se rendre à son chevet. Après la mort de son roi, Robert est accusé de s'être rendu complice du vol d'une statuette en or. Pour se disculper, il se lance à la poursuite du voleur. Il souhaite aussi découvrir si Richard n'a pas été victime d'un complot. Pour l'aider il fait appel à son ami Guilhem d'Ussel.

     

     

    Leur enquête va mener les deux chevaliers jusqu'à Paris. C'est l'occasion pour l'auteur de nous présenter la ville à la fin du 12° siècle. Ce que je comprends c'est que les juridictions civiles et ecclésiastiques étaient très embrouillées. Ainsi, dans la cathédrale Notre Dame, un délit -en l'occurrence la prostitution- commis dans le choeur est jugé par le prévôt de l'évêché alors que s'il est commis dans les travées, il est jugé par l'archidiacre et le chapitre. Il s'agit de bien choisir où forniquer car l'un est beaucoup plus sévère que l'autre.

     

     

    A Paris, le lecteur va surtout pénétrer dans la communauté cathare, des artisans bientôt persécutés. Nos héros devront enfin déjouer une conspiration dans laquelle trempent des chevaliers du temple. J'apprécie cette lecture que je trouve plaisante.

     


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  • Patrick Desbois, Porteur de mémoires, FlammarionPatrick Desbois est un prêtre catholique français. Pour des raisons personnelles (il pense que son grand-père, prisonnier de guerre à Rawa-Ruska, aujourd'hui en Ukraine, aurait été témoin du massacre de Juifs par les nazis) et professionnelles (il est investi dans les relations judéo-chrétiennes) il a enquêté sur la shoah en Ukraine. En Ukraine, en 1941-1942, les Einsatzgruppen nazis, des unités de soldats ou SS, ont organisé des massacres de masse, le plus souvent par fusillades, contre les Juifs et les Roms. On parle parfois de shoah par balles.

     

     

    La démarche originale de Patrick Desbois c'est d'être allé à la rencontre des témoins de ces massacres, les habitants non juifs des villages où s'est déroulé le crime de génocide, les voisins des massacrés qui ont tout vu, parfois même qui ont été contraints de servir d'assistants pour creuser ou refermer les fosses communes. Ils étaient souvent encore enfants ou adolescents au moment où les faits se sont déroulés. Beaucoup n'en avaient jamais parlé. Souvent ils hésitent à témoigner puis sont soulagés de l'avoir fait.

     

     

    Patrick Desbois rappelle bien qu'un des objectifs des génocidaires est de faire disparaître jusqu'à la mémoire de leurs victimes et de leur crime. Lors de sa première visite à Rawa-Ruska, il est surpris de constater que le camp n'a jamais été détruit alors que tout le monde sur place lui assure qu'il n'en reste aucune trace. C'est dans les environs de Rawa-Ruska également qu'il découvre le cimetière des Allemands : une fondation privée allemande rassemble à cet endroit les restes de tous les Allemands tués en Ukraine durant la seconde guerre mondiale. Il y a un carré de SS où on peut lire "A notre grand-père qui était si gentil". Cette découverte le choque -et elle me choque aussi- et il décide d'agir : "Les cimetières sont à l'échelle du Reich. Des cimetières magnifiques pour les Allemands, y compris les SS, de petites tombes pour les Français, des pierres blanches enfouies sous les ronces pour les dizaines de milliers de soldats soviétiques anonymes, et absolument rien pour les Juifs. Impossible de laisser une victoire posthume au nazisme. Impossible de laisser les Juifs enterrés comme des animaux. Impossible d'accepter cet état de fait et de laisser bâtir notre continent sur l'oubli des victimes du Reich".

     

     

    Cette volonté de redonner leur dignité aux victimes s'est traduite notamment, à l'occasion de la fouille de fosses, par l'intervention d'un rabbin orthodoxe venu de Jérusalem car "La loi juive, la Halakha, précise qu'en aucun cas les corps ne doivent être déplacés, notamment pour les victimes de la shoah, la tradition juive orthodoxe considère que les victimes de la shoah reposent dans la plénitude de Dieu et que tout mouvement de leur corps perturberait leur repos".

    La mécréante que je suis est un peu dérangée par ce choix qui semble considérer que toutes les victimes étaient des Juifs orthodoxes.

     

     

    La deuxième chose qui me gêne un peu dans ce récit est le fait que l'auteur ne fait que laisser échapper la possibilité que des Ukrainiens aient participé volontairement au génocide. On ne voit pas pourquoi ils auraient été épargnés vu qu'il y a eu des collaborateurs partout. Patrick Desbois pose en principe le fait de ne pas juger les témoins et je comprends bien qu'il ne faille pas les malmener s'il veut en trouver d'autres. Du coup ça me donne envie de lire autre chose sur la shoah en Ukraine parce que globalement c'est un ouvrage qui m'a beaucoup intéressée.

    Au moment où j'écris ces lignes, j'ai la chance de participer à un séminaire organisé par Yahad-In Unum, association fondée par Patrick Desbois pour étudier la mémoire des génocides et plus particulièrement de la shoah par balles. Les premiers intervenants nous ont présenté la méthode d'enquête qui croise archives et témoignages et parmi les archives il a été question des compte-rendus de procès de collaborateurs ukrainiens par l'URSS.

     


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  • Clémence Catz, Boulettes et galettes sans viande, La plageL'arrivée de l'automne et de la première courge spaghetti dans mon panier de légumes à été l'occasion de ressortir ce petit livre plein de bonnes idées. Après une rapide introduction que je n'ai jamais lue mais où, pour l'occasion, je découvre qu'on nous présente, entre autres, les ingrédients et les différents modes de cuisson, l'ouvrage se divise en quatre parties : boulettes et galettes aux céréales, boulettes et galettes aux légumineuses, boulettes et galettes riches en légumes et boulettes et galettes sucrées. Il y en a pour tous les goûts ! Chaque recette est accompagnée de sa photo.

     

    Clémence Catz, Boulettes et galettes sans viande, La plage

     

    Voici donc la recette des Galettes de courge spaghetti au chèvre.

    Ingrédients : pour 6 personnes.

    1 courge spaghetti de 1 kg (elles sont souvent plus grosses, je vais vous proposer ensuite une autre recette avec le reste)
    1 gousse d'ail
    2 oeufs
    1 cuillère à café bombée de curcuma en poudre
    100 g de fromage de chèvre frais
    Sel, poivre

     

    Recette :

    D'abord je cuis la courge, un peu différemment de ce que l'auteure indique dans le livre : je la coupe en 2 dans la longueur, j'enlève les graines et je la fais cuire au four à 180° (th.6), dans un grand plat ou la lèchefrite, côté bombé vers le bas, pendant 1 h.

    Pour ma recette, j'utilise une demie courge. Je sors la chair de son écorce avec une cuillère, je la mets dans un récipient.

    Mélanger délicatement avec l'ail émincé, les oeufs, le curcuma, du sel et du poivre, puis ajouter le chèvre en petits morceaux.

    Prélever de grosses cuillerées du mélange et former des galettes sur une plaque de cuisson chemisée de papier sulfurisé. Faire cuire 15 mn environ à 180° (th.6), jusqu'à ce que les galettes soient bien prises.

    Laisser tiédir un peu avant de servir.

    Variantes : pour plus de croquant, ajoutez des petites graines ou oléagineux au choix (noix ou noisettes, graines de courge ou de tournesol...). Vous pouvez aussi remplacer le chèvre par un autre fromage (comté, bleu, tomme de brebis...).

    Quant à moi, comme je trouve cette recette un peu liquide, la dernière fois que je l'ai faite j'ai ajouté des flocons d'avoine que j'ai laissés gonfler un peu avant de façonner les galettes. Impeccable.

     

    Avec mon autre demie courge, je fais des crêpes, encore meilleures !

    Ingrédients : 300 g de courge spaghetti cuite (j'en mets une demie)
    250 g de farine
    2 cuillères à soupe de sucre en poudre
    3 oeufs
    250 g de lait (je mets un quart de litre de lait de soja)
    1 cuillère à soupe d'huile
    1 pincée de sel

     

    Clémence Catz, Boulettes et galettes sans viande, La plage

     

    Recette :
    Dans un saladier, mélangez énergiquement les oeufs, le lait, la farine tamisée, le sucre et l'huile, salez. Vous devez obtenir une préparation homogène (s'il y a des grumeaux, je mets un coup de mixeur). A ce moment là, ajoutez les spaghettis.

    Dans une poêle bien chaude, faites rapidement revenir un fond d'huile. Versez l'équivalent d'une louche du mélange et faites dorer les crêpes des deux côtés. Répétez l'opération pour le restant de la pâte.

    Cela donne des crêpes épaisses et moelleuses, délicieuses avec de la pâte à tartiner au chocolat.

     

    Clémence Catz, Boulettes et galettes sans viande, La plage

     Une courge spaghetti

     

    Clémence Catz, Boulettes et galettes sans viande, La plage

    A la cuisson la chair se détache en filaments, d'où son nom


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