• Linda Lê, Oeuvres vives, Christian Bourgois

    Linda Lê, Oeuvres vives, Christian Bourgois Linda Lê est morte le 9 mai 2022. Elle était née au Vietnam le 3 juillet 1963, juste un jour après moi. Ca m'a fait un petit choc de le découvrir, il me semble que c'est un peu jeune pour mourir. Elle a grandi dans une famille francophone qui a fui la guerre pour la France en 1977.

     

     

     

    Linda Lê, Oeuvres vives, Christian Bourgois Oeuvres vives. De passage au Havre le narrateur, un jeune journaliste culturel, découvre un livre d'un écrivain local, Antoine Sorel, dont la lecture le bouleverse. Le lendemain il apprend dans la presse la mort de Sorel qui vient de se suicider à 45 ans. Après avoir lu toute l'oeuvre de Sorel, romans et poèmes, il décide d'écrire un livre sur cet auteur injustement méconnu. Pour cela il entreprend de rencontrer et d'interroger les proches de Sorel: son père, son frère, ses femmes.

     

     

    Le roman trace le portrait d'un homme complètement étranger aux contingences matérielles, vivant dans des taudis ou même à la rue, fréquentant des clochards et de plus en plus souvent alcoolisé à la fin de sa vie. Mais un écrivain qui ne laissait pas indifférent. Jugé trop noir voire même toxique par certains il est pour d'autres lecteurs celui qui leur a ouvert les yeux sur la réalité du monde:

    "chaque fois que j'ouvrais un de ses livres j'avais aussitôt l'extraordinaire impression qu'un monde inexploré s'ouvrait à moi".

    "elle s'était aperçue que ses livres l'avaient entraînée dans une sorte de voyage initiatique et qu'une transformation s'était opérée en elle".

    Mais hélas le lecteur de Linda Lê, lui, ne lit pas Antoine Sorel et est obligé de croire ses admirateurs sur parole.

     

     

    J'ai apprécié les descriptions des personnages que rencontre le narrateur et qui forment autant de tranches de vie très fouillées et détaillées. Mention spéciale pour Martin Tran, le père de Sorel -c'est un nom de plume- fils d'un jeune Vietnamien venu en France en 1940 pour y contribuer à l'effort de guerre, raciste forcené qui nie ses origines asiatiques et se voit comme un Normand pur jus. Sorel et plusieurs autres personnages sont des révoltés contre leurs parents qui ont fait des choix de vie en opposition avec les leurs. Pour interroger ses témoins le narrateur fait des aller-retour entre Paris et le Havre et est charmé peu à peu par cette ville dont l'autrice nous donne de belles descriptions. Elle y a vécu et la connaissais bien, semble-t'il. J'ai trouvé enfin qu'elle écrivait fort bien. Mon avis n'est pas enthousiaste cependant car il ne se passe pas grand chose et que je me suis parfois un peu ennuyée.

     


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