• Margaret Atwood, La servante écarlate, Robert Laffont

     

    Margaret Atwood, La servante écarlate, Robert LaffontCette dystopie écrite en 1985 se déroule à la fin du 20° siècle dans ce qui fut les Etats-Unis et est devenu la République de Gilead, totalitarisme religieux. Pour des raisons écologiques et sociales la fécondité s'est effondrée. Les rares enfants qui naissent sont souvent lourdement handicapés ou non viables. Aussi le gouvernement a fait des femmes supposément fécondes (parce qu'elles ont déjà eu un enfant) les Servantes écarlates, vêtues de rouge, des Commandants, les cadres du régime. Chaque Servante vit au domicile de son Commandant et de l'Epouse de celui-ci et a pour mission de leur donner un enfant. La tentative de fécondation a lieu une fois par mois lors de la Cérémonie.

     

     

    Aux autres femmes sont aussi assignés un rôle et une couleur de vêtement : les femmes des Commandants sont en bleu; les Martha, domestiques chargées du ménage et de la cuisine, en vert. Quand ma mère était scolarisée chez les soeurs de Sion -où elle a prié pour la conversion des Juifs !- les religieuses avaient des domestiques qu'elles appelaient les petites Marthe. C'est la même référence biblique. Il y a enfin les Econofemmes à la robe rayée de rouge, bleu et vert. Epouses des hommes de rang subalterne, elles font tout. Ce n'est pas seulement la couleur du vêtement qui est fixée mais aussi la forme : il faut cacher les corps. Toutes proportions gardées ça me fait un peu penser aux débats actuels sur la tenue des lycéennes. C'est un grand classique cette volonté de régir la façon de s'habiller des femmes.

     

     

    Defred, la narratrice, est une Servante écarlate. Elle raconte ses conditions d'existence, elle évoque des souvenirs d'avant, quand elle était heureuse sans s'en rendre compte et, petit à petit, on comprend comment le régime a installé son emprise sur la population. Malgré la répression, la torture, les travaux forcés à pelleter des déchets toxiques dans les Colonies, les exécutions publiques, il y a des résistants et Defred entre en contact avec eux en dépit de la surveillance généralisée.

     

     

    J'ai beaucoup apprécié ce roman. Margaret Atwood s'est inspirée de régimes de même type existant ou ayant existé pour donner un caractère crédible à son propos. Son travail est un avertissement. Elle explique dans la postface à mon édition qu'elle a veillé à ne rien inclure dans son roman, en matière de contrôle et de répression, qui n'ai déjà été utilisé par l'humanité. Elle utilise aussi la référence historique pour faire un parallèle entre l'asservissement des femmes et l'esclavage : il existe une Route Clandestine des Femmes qui, à l'image du Chemin de fer souterrain, filière d'évasion d'esclaves noirs au 19° siècle, s'appuie sur des réseaux quakers. Une lecture qui me convainc de continuer à découvrir cette autrice.

     

    L'avis de Keisha, celui de Krolfranca.


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  • Commentaires

    1
    keisha
    Mardi 6 Octobre 2020 à 07:23
    keisha

    Lu et relu, et aimé à chaque fois! Découvre d'autres romans de l'auteur, oui!

      • Mardi 6 Octobre 2020 à 10:46

        J'ai repéré qu'il y en avait plusieurs à ma bibliothèque.

    2
    Mercredi 7 Octobre 2020 à 11:07

    Je fais partie des rares qui n’ont pas trouvé l’écriture extraordinaire.

      • Mercredi 7 Octobre 2020 à 17:54

        Je dois dire que je n'ai pas fait attention à ça, j'ai été prise par l'histoire.

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