• Marie-Monique Robin, La fabrique des pandémies, La découverte

    Marie-Monique Robin, La fabrique des pandémies, La découverte

    Préserver la biodiversité, un impératif pour la santé planétaire

    "Le chapitre des maladies infectieuses est clos". William Stewart, directeur général de la santé des Etats-Unis, 4 décembre 1967

     

    Au printemps et à l'été 2020 Marie-Monique Robin a interrogé une soixantaine de scientifiques du monde entier sur les liens entre la perte de biodiversité et les nouvelles maladies émergentes. Cet ouvrage est tiré de ces entretiens.

    Alors que dans les années soixante on pensait que le progrès nous délivrerait des maladies infectieuses de nombreux scientifiques constatent aujourd'hui que ce même progrès, en détruisant la biodiversité, fait émerger de nouvelles pathologies : SIDA, SARS, Ebola, grippe H1N1, Zika, chikungunya, covid 19... toutes ces maladies sont des zoonoses, transmises par des animaux aux humains. La déforestation et le changement climatique bouleversent les écosystèmes. Les animaux réservoirs de virus comme la chauve-souris (son anagramme est "souche à virus") rapprochent alors leur habitat de celui des humains. Les élevages industriels dans lesquels s'entassent des animaux au patrimoine génétique semblable sont de bons relais pour les virus. Des chercheurs ont même montré que les enfants qui ont grandi dans un environnement naturel sont moins atteints par certaines maladies non transmissibles comme le diabète de type 1, l'asthme, les allergies ou même le trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité.

     

     

    La solution passe par la préservation de la biodiversité, malheureusement la possibilité que la santé des humains soit liée à celle de l'environnement est largement méconnue par les instances dirigeantes, nous dit-on. Cela supposerait aussi d'accepter de renoncer à un modèle économique destructeur. On peut craindre que si rien ne change à nos modes de vie l'humanité ait à affronter d'autres pandémies d'envergure, possiblement plus meurtrières que la présente.

    Les scientifiques interrogés déplorent que la science occidentale travaille trop souvent "en silos", c'est-à-dire sans regarder ce qui se passe à côté. Médecines humaine et vétérinaire sont ainsi séparées alors qu'elles devraient travailler ensemble sur le sujet des zoonoses. L'ouvrage rappelle que tout est lié dans les écosystèmes et qu'il y a donc besoin d'une vision globale.

     

     

    Les sujets abordés sont parfois complexes mais les explications sont claires. Les scientifiques interrogés abordent souvent les mêmes points ce qui renforce le point de vue et permet d'éclaircir au deuxième passage ce qui avait pu sembler compliqué au premier. L'image de pangolin en couverture peut laisser penser qu'il sera question de l'actuelle pandémie. En fait le covid 19 a surtout été le prétexte à l'écriture de ce livre et est peu traité. C'est un ouvrage que j'ai trouvé globalement passionnant. J'ai appris certaines choses sur les bactéries et maladies qui m'ont fascinées.

     

    L'avis d'Henri.

     

    Je participe au défi Voix d'autrices, catégorie Un livre publié dans l'année.

     

    Marie-Monique Robin, La fabrique des pandémies, La découverte

     


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  • Commentaires

    1
    Mercredi 19 Mai à 14:09

    Coucou ! J'ai écouté son interview dans Le Média pour cet ouvrage, et je suis très tentée de le lire (j'avais déjà lu un autre ouvrage d'elle et assisté à plusieurs de ses conférences) ! Rien ne nouveau à l'horizon, mais elle semble avoir une démarche de vulgarisation intéressante ! On sait combien la civilisation capitaliste fait des ravages tant pour la planète que pour ses habitant·es humain·es et non humain·es, combien les élevages industriels sont criminels, tant pour les animaux que pour nous à terme. Mais j'aimerais dire tout cela dans une chronique bien acérée :D Surtout que, malgré les effets potentiellement dévastateurs du covid, à court et à long termes, la classe politique de France cherche encore et toujours à soigner les conséquences, mais pas les causes.

    2
    Mercredi 19 Mai à 17:31

    Il semble que ce soit un peu nouveau de s'intéresser aux causes profondes des maladies infectieuses. Il y a à faire parce qu'on détruit allègrement la biodiversité pour faire du fric sans vouloir voir les coûts énormes entraînés par cette destruction.

      • Mardi 25 Mai à 17:13

        C'est clair ! Et c'est pas près de s'arranger en plus !!

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