• Martin Winckler, Le choeur des femmes, Folio

     

     

    Martin Winckler, Le choeur des femmes, FolioJean (prononcer Djinn, prénom féminin anglo-canadien) Atwood, brillante interne en médecine, est affectée pour 6 mois au service des consultations gynécologiques de l'hôpital de Tourmens. Cela ne lui convient pas du tout. Jean veut être chirurgienne. Et en plus le service est dirigé par un médecin généraliste, le dr Franz Karma, un praticien atypique.

     

     

    Très imbue d'elle même Jean réagit d'abord par le mépris aux pratiques peu orthodoxes de Karma qui écoute et respecte les femmes, qui leur explique ce qu'il fait, qui leur demande leur avis. Tout le contraire d'un médecin avide d'exercer son pouvoir sur ses patients. Mais bientôt Jean va être amenée à s'interroger sur ses propres motivations et à modifier sa conception du métier et de ses choix et sa façon d'exercer.

     

     

    Voici une lecture qui m'a plu par certains aspects et qui m'a agacée par d'autres.

     

    Une lecture qui m'a plu : Le choeur des femmes se lit facilement et une fois commencé, difficile de s'arrêter. On suit l'histoire (pas simple) de Jean Atwood et en même temps on entend les histoires des patients de Karma. C'est donc très vivant.

     

    Au fond le roman pose la question de la motivation des soignants, de la relation médecin-patient, de la formation des médecins, de l'influence de l'industrie pharmaceutique, toutes choses fort intéressantes et abordées d'un point de vue très critique et en même temps grand public. (Le saviez-vous, mesdames ? Il n'est pas nécessaire d'écarter les cuisses devant votre gynécologue. Il peut aussi vous ausculter dans la position "à l'anglaise" c'est-à-dire sur le côté en chien de fusil. Il y en a une à qui c'est déjà arrivé ? Les médecins ne sont pas au courant non plus, semble-t-il).

     

    Des clins d'oeil aux amateurs -dont je suis- du film Princess Bride (que je recommande à ceux qui ne connaissent pas encore) : "-Bon. Alors, je sais ce que j'ai à faire. Allez-y, puisque Aïcha doit partir. Moi, je range et je vous rejoins dans un quart d'heure.

     

    -Comme vous voudrez... dit-il en s'inclinant."

     

     

    Une lecture qui m'a agacée : A lire Le choeur des femmes j'ai eu au départ le sentiment qu'il n'y avait qu'un seul bon médecin en gynécologie -c'est le dr Franz Karma- et que tous les autres étaient des brutes, des incapables, voire les deux à la fois. En avançant cette impression se nuance. Il n'en reste pas moins que derrière Karma il me semble bien que c'est Martin Winckler qui se cache et cette façon de s'auto-congratuler me gêne un peu.

     

    Il est tellement fort le dr Karma qu'en moins d'une semaine il transforme Jean Atwood, hautaine et méprisante, en une médecin compatissante et à l'écoute.

     

    Le pompon va au final qui part en vrille dans le registre mélodramatique avec révélation de secrets familiaux comme s'il en pleuvait : "Mon père !" "Ma mère !" "Ma soeur !" "Mon frère !" "Tu m'as sauvé ma vie !"

     

     

    Conclusion : quand il fait dans l'information sur les mauvaises pratiques de la médecine et des médecins en gynécologie, Martin Winckler est plutôt convainquant. Ce qui est dommage c'est que pour faire passer son propos il lui ait fallu choisir une forme romanesque beaucoup moins crédible.


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