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Qiu Xiaolong, Les courants fourbes du lac Tai, Points
L'inspecteur principal Chen Cao, de la police criminelle de Shanghai, profite d'une semaine de vacances au centre de détente pour cadres (on parle des cadres du parti) de Wuxi. Wuxi est manifestement un lieu de villégiature qui attire de nombreux touristes, au bord du lac Tai. Chen se rappelle avec nostalgie un séjour avec ses parents quand il était enfant. Mais depuis de nombreuses usines se sont installées autour du lac où elles rejettent leurs déchets toxiques au mépris de la réglementation et la santé des habitants est menacée. Chen fait la connaissance de la charmante Shanshan. Cette ingénieure est employée à l'usine de produits chimiques Numéro Un où elle essaie de faire respecter les normes anti-pollution. Quand le directeur de l'usine est assassiné, Shanshan est la première soupçonnée. Par sympathie pour elle Chen décide de mener l'enquête, incognito.
Après Mort d'une héroïne rouge, j'ai mis la main sur ce roman qui est le 7° épisode des enquêtes de l'inspecteur Chen. C'est donc une série déjà bien fournie que je découvre et qui va me donner matière à lecture pendant quelque temps. Ici il est question des graves problèmes de pollution en Chine qui se sont développés avec la libéralisation de l'économie. Cette libéralisation a permis le développement économique du pays, la richesse pour certains et du coup beaucoup n'ont pas envie d'en voir les conséquences négatives. Shanshan qui diffuse des informations à ce sujet est accusée par la sécurité intérieure de divulguer des secrets d'Etat.
En lisant ce roman j'ai l'impression de ressentir une "ambiance chinoise", de découvrir des aspects de cette culture. Cela passe notamment par la nourriture car Chen est un gourmet qui apprécie particulièrement la cuisine de rue. Il mange dans de petites échoppes ou restaurants des plats tels que une tête de poisson fumée, de la langue de porc à l'alcool de riz, de la laitance blanche frite avec de l'oeuf. Cela passe aussi par les civilités, les relations entre les personnes, bien différentes également de ce qu'elles sont chez nous. J'apprécie cette découverte.
Pour terminer, un mot sur la traduction du titre original "Don't cry, Tai Lake" : dans ce titre, le lac Tai est la victime, dans le titre français, il apparaît comme un coupable. De plus, le mot fourbe renvoie à certains stéréotypes anti-chinois. Un choix qui est donc doublement contestable.
Le lac Tai
Tags : Policier, Chine
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Commentaires
Pas encore lu de polars chinois. C'est noté, ça m'intéresse beaucoup de lire sur ce pays ( je suis allée qu'une fois en chine :-). PS : il y a actuellement, un bon blockbuster hong kongais policier, l'inspecteur Dee mais ça ne se passe pas à notre époque...
Oui, c'est un numéro 2, j'avais vu le premier.