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    JMG le Clézio, Bitna, sous le ciel de Séoul, StockA Séoul Bitna, une étudiante pauvre, est employée comme conteuse par Salomé, une femme riche atteinte d'une maladie dégénérative qui la tue petit à petit. Pour Salomé, Bitna imagine des histoires qui mêlent aspects autobiographique et merveilleux, qui racontent le monde extérieur et permettent à la malade d'oublier un instant son état.

     

     

     

     

    Une collègue m'a prêté ce roman de Le Clézio dont elle m'a dit qu'il était un de ses écrivains favoris et que je n'avais jamais lu. Je ne dirais pas que j'ai été emballée par cette lecture mais j'ai apprécié l'écriture et l'ambiance que l'auteur a réussi à créer. Manifestement celui-ci connaît et aime la Corée du Sud et Séoul. Sur les traces de Bitna, il entraîne le lecteur à travers la ville, dans les quartier mal famés du centre, dans les tours ou dans les lointaines banlieues populaires. Je découvre la vie des petites gens et le traumatisme qu'est encore la rupture avec la Corée du Nord : des lieux, des personnes qu'on ne reverra jamais et dont on ne sait même pas ce qu'ils sont devenus. L'usage de termes coréens, sans traduction, participe au fait que cela sonne juste.

     

    JMG le Clézio, Bitna, sous le ciel de Séoul, Stock

    La gare d'Oryu-Dong, Séoul

     


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    Barbara Pym, Les ingratitudes de l'amour, 10-18Dulcie, 31 ans, vient d'être plaquée par son fiancé. Pour se changer les idées, elle accepte de participer à un colloque professionnel -elle est documentaliste pour un éditeur. Là, elle fait la connaissance de Viola, documentaliste également, et d'Aylwin, universitaire et directeur de revue. Viola est une femme peu sympathique, à mon avis, mais Dulcie se lie d'amitié avec elle et accepte même de l'héberger chez elle quand Viola est mise à la porte par son propriétaire. Aylwin est un fort bel homme qui fascine Dulcie. Elle va utiliser ses ressources professionnelles pour se documenter sur lui et sa famille et pousse son obsession jusqu'à assister à un culte dans l'église où son frère est pasteur et à prendre une chambre dans l'hôtel dirigé par sa mère. Elle entraîne à sa suite Viola, laquelle est officiellement amoureuse d'Aylwin.

     

     

    Voilà un roman dont la lecture ne m'a guère emballée -je l'ai même trouvée un peu ennuyeuse- alors que j'en avais lu des critiques positives. Il ne s'y passe pas grand chose et l'humour de l'autrice m'a tout juste fait sourire. Quant au fond, je m'interroge sur cette obsession de Dulcie pour Aylwin que je ne suis pas loin de trouver un peu malsaine. Signe des temps, sans doute : aujourd'hui on pourrait parler de harcèlement; à l'époque -le roman date de 1961- une célibataire de l'âge de Dulcie était considérée comme une vieille fille et son comportement nous est présenté comme une sortie de son train-train quotidien.

     

    L'avis de Keisha (beaucoup plus positif que le mien, donc)


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    Charlotte Brontë, Shirley, ArchipocheEn 1811-1812, le Yorkshire industriel est frappé par une crise économique due à la guerre contre la France et au blocus continental décrété par Napoléon contre l'Angleterre. Les patrons des usines textiles sont contraints de licencier, certains se dotent de métiers mécaniques pour économiser sur la main d'oeuvre mais ces innovations provoquent des manifestations violentes de la part des ouvriers. Robert Moore est l'un de ces entrepreneurs dont le soucis principal est d'éviter la ruine et il ne se pose guère de questions sur les conditions de vie des ouvriers au chômage et de leurs familles. Caroline Helstone, orpheline élevée par son oncle, jeune femme douce et réservée, cousine de Robert, est amoureuse du jeune homme et celui-ci semble apprécier sa compagnie. Cependant Caroline est pauvre, Robert au bord de la faillite et il ne peut envisager un mariage dans ces conditions. Survient Shirley Keevlar, riche héritière, propriétaire des terres sur lesquelles se situe la fabrique de Robert, jeune femme vive et enjouée. Shirley et Caroline deviennent vite d'excellentes amies.

     

     

    Voici un long roman de plus de 700 pages et dont l'histoire se déroule lentement et sans grande surprise : j'ai deviné au fur et à mesure comment se terminerait chacune des péripéties qui permettent de faire avancer le récit. Aucun ennui à la lecture cependant car l'intérêt réside dans la description d'une vie encore campagnarde malgré un début d'industrialisation et dans les opinions et les commentaires de Charlotte Brontë à qui Shirley sert de tribune. En s'adressant directement au lecteur assez régulièrement, l'autrice prend position sur différents sujets avec parfois un ton critique qui peut être amusant. Il est question notamment de l'Eglise, dans une région où l'anglicanisme fait face à des sectes dissidentes : "Rendons aux prêtres d'Angleterre l'hommage qu'ils méritent. Ils ont leurs défauts : comme nous tous, ils sont des créatures de chair et de sang. Mais, sans eux, le pays souffrirait. La Grande-Bretagne pleurerait son Eglise, si cette Eglise venait à tomber. Que Dieu la sauve ! Et aussi : que Dieu la réforme !"

     

     

    Si Charlotte Brontë compatit aux malheurs des chômeurs sans ressources, elle ne les soutient pas quand ils se révoltent contre les industriels. Les émeutiers sont présentés comme "des hommes égarés par de mauvais conseils et poussés par les privations". Leurs chefs sont "des étrangers venus des grandes villes. (...) des débauchés, des banqueroutiers toujours endettés, souvent ivres, des hommes n'ayant rien à perdre et tout à apprendre sous le rapport du courage, de la propreté et des moyens matériels".

    La solution proposée pour sortir de la misère le brave William Farren ? C'est la charité : Moore intervient secrètement pour lui faire retrouver un emploi et le bon pasteur Hall procure à la femme de William une somme d'argent qui lui permet d'ouvrir un petit commerce. Une solution qui semble demeurer individuelle et qui repose sur la bonne opinion qu'ont les intervenants sur William Farren, pauvre méritant.

     

     

    Ce que j'apprécie le plus c'est, qu'à travers ses deux héroïnes, Caroline et Shirley, le roman est un plaidoyer pour l'autonomie des filles (même s'il ne s'agit que de celle des filles : une fois qu'une femme est mariée, elle se soumet à son mari). Caroline souhaiterait travailler, elle s'en ouvre à son oncle à plusieurs reprises et apporte des arguments. Shirley, qui porte un prénom de garçon (à l'époque Shirley était un prénom masculin), en adopte les manières : elle mène sa barque comme elle l'entend, discute affaires d'égale à égal avec Robert. Elle fait même des commentaires sur les jeunes filles à marier du secteur, ce que lui reproche sa gouvernante. Enfin, nous croisons une enfant de 12 ans qui veut voyager pour découvrir le monde et échapper à sa condition qui lui enjoint de rester à coudre au foyer : "Mieux vaut essayer de toutes choses et les trouver vides que de rien essayer et mener une vie nulle".

     

     

    En préface j'apprends que Charlotte Brontë a changé la fin qu'elle avait prévue en cours de rédaction. Alors qu'elle en est au chapitre 23 son frère et deux de ses soeurs meurent de tuberculose en peu de temps. Quand elle reprend la plume, elle se dirige vers une fin plus positive, semble-t-il, que celle qu'elle avait envisagée pour donner à ses soeurs défuntes, qui sont le modèle de ses personnages, une destinée heureuse, au moins dans le roman. Cette fragilité de la vie à l'époque -Charlotte avait déjà perdu sa mère et deux autres soeurs- on la retrouve dans la lecture : à un moment ou un autre on craint pour la vie des personnages principaux.

    Shirley est un roman riche dont j'ai grandement apprécié la lecture.


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    L'inspecteur principal Chen Cao, de la police criminelle de Shanghai, profite d'une semaine de vacances au centre de détente pour cadres (on parle des cadres du parti) de Wuxi. Wuxi est manifestement un lieu de villégiature qui attire de nombreux touristes, au bord du lac Tai. Chen se rappelle avec nostalgie un séjour avec ses parents quand il était enfant. Mais depuis de nombreuses usines se sont installées autour du lac où elles rejettent leurs déchets toxiques au mépris de la réglementation et la santé des habitants est menacée. Chen fait la connaissance de la charmante Shanshan. Cette ingénieure est employée à l'usine de produits chimiques Numéro Un où elle essaie de faire respecter les normes anti-pollution. Quand le directeur de l'usine est assassiné, Shanshan est la première soupçonnée. Par sympathie pour elle Chen décide de mener l'enquête, incognito.

     

     

    Après Mort d'une héroïne rouge, j'ai mis la main sur ce roman qui est le 7° épisode des enquêtes de l'inspecteur Chen. C'est donc une série déjà bien fournie que je découvre et qui va me donner matière à lecture pendant quelque temps. Ici il est question des graves problèmes de pollution en Chine qui se sont développés avec la libéralisation de l'économie. Cette libéralisation a permis le développement économique du pays, la richesse pour certains et du coup beaucoup n'ont pas envie d'en voir les conséquences négatives. Shanshan qui diffuse des informations à ce sujet est accusée par la sécurité intérieure de divulguer des secrets d'Etat.

     

    Qiu Xiaolong, Les courants fourbes du lac Tai, Points

     

    En lisant ce roman j'ai l'impression de ressentir une "ambiance chinoise", de découvrir des aspects de cette culture. Cela passe notamment par la nourriture car Chen est un gourmet qui apprécie particulièrement la cuisine de rue. Il mange dans de petites échoppes ou restaurants des plats tels que une tête de poisson fumée, de la langue de porc à l'alcool de riz, de la laitance blanche frite avec de l'oeuf. Cela passe aussi par les civilités, les relations entre les personnes, bien différentes également de ce qu'elles sont chez nous. J'apprécie cette découverte.

     

     

    Pour terminer, un mot sur la traduction du titre original "Don't cry, Tai Lake" : dans ce titre, le lac Tai est la victime, dans le titre français, il apparaît comme un coupable. De plus, le mot fourbe renvoie à certains stéréotypes anti-chinois. Un choix qui est donc doublement contestable.

     

    Qiu Xiaolong, Les courants fourbes du lac Tai, Points

    Le lac Tai


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    Elizabeth von Arnim, Père, ArchipocheDepuis la mort de sa mère, 12 ans auparavant, Jennifer Dodge s'est dévouée à son père. Elle a été la secrétaire aux ordres de cet écrivain renommé, tout occupé de lui-même. Quand le roman commence, Jen a 33 ans et Père vient d'épouser, en secret, une toute jeune femme. Pour notre héroïne ce mariage sonne comme une libération. Enfin elle va pouvoir réaliser son rêve de cottage à la campagne et surtout vivre seule, faire ce qu'elle veut quand elle le veut et comme elle le veut. Elle a pour cela les cent livres de rente que sa mère lui a léguées : "Sans homme et sans viande, on pouvait, semblait-il, vivre dans l'abondance pour presque rien".

    Sur sa route vers la liberté Jen croise le jeune pasteur James Ollier affublé, lui, d'une soeur autoritaire. La rencontre des deux opprimés va être une aide dans leur émancipation de leurs tyrans domestiques.

     

     

    Quel réjouissant roman, lu en deux jours tellement, une fois commencé, il m'a été difficile de le lâcher -et ce malgré d'assez réguliers défauts de traduction. Ceux qui ont déjà connu le sentiment de libération qu'on peut ressentir lorsqu'enfin une relation pesante se termine, reconnaîtront ce qui arrive à Jen. Alors celle qui s'écrasait devant Père se montre capable de changer radicalement de mode de vie et son enthousiasme fait tomber bien des barrières. Et puis je retrouve avec grand plaisir l'humour d'Elizabeth von Arnim. Les travers des personnages sont pointés d'une façon très drôle. C'est à la fois léger dans la forme et bien observé quant à la description des sentiments et des personnages. Un régal.


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    L. M. Alcott et P. J. Stahl, Rose et ses sept cousin, HachetteA la mort de son père, Rose Campbell, 12 ans, s'est retrouvée orpheline. Elle est confiée à la tutelle d'une famille qu'elle connaît peu : un oncle, six tantes, sept cousins. Rose est une petite fille chétive, maladive et craintive. Son oncle Alec, médecin de profession, va appliquer sur elle ses principes concernant l'éducation des filles : activités de plein air (natation, équitation, patin à glace...), nourriture saine (lait frais tiré de la vache, porridge...), enseignement des arts ménagers (cuisine, couture, ménage) et de quelques fondamentaux (lire, écrire, compter). Ajoutons à cela la compagnie roborative des sept cousins, l'amitié pour une jeune domestique qui lui permet d'exercer son bon coeur et Rose devient une jeune femme accomplie.

     

     

    Le cadre est celui de la bonne société de Nouvelle Angleterre à la fin du 19° siècle. La famille Campbell s'est enrichie par le commerce international, notamment avec la Chine. Les hommes, l'oncle Alec, les pères des cousins, sont de grands voyageurs, souvent absents.

     

     

    En vacances chez ma mère je retrouve ce roman qui fut un de ses livres de jeunesse. Je sais que je l'ai lu moi-même autrefois mais je n'en garde aucun souvenir. Et je comprends pourquoi : ces enfants et jeunes gens sont tellement édifiants de bonté et d'attention aux autres que le résultats est un peu ennuyeux malgré les nombreuses activités de la petite bande. En tant que fille Rose est chargée de montrer l'exemple aux garçons pour les pousser à s'améliorer. Elle y parvient sans trop de peine vu le matériau de qualité que lui a fourni l'auteure.

     

     

    Ce qui m'intéresse le plus c'est ce que j'apprends sur P. J. Stahl en faisant une recherche sur celui qui apparaît à la couverture de mon édition comme le co-auteur de Louisa May Alcott (auteure aussi des Quatre filles du dr March). De son vrai nom Pierre-Jules Hetzel, plus connu comme éditeur de Jules Verne, il est en fait le traducteur de ce roman paru en 1885. Alors pourquoi se faire passer pour un auteur ? J'ai supposé que la traduction avait parfois été une adaptation, comme pour ce passage :

    "Il serait trop long d'énumérer tous les cadeaux contenus dans ces bas qui, en Amérique, s'ajoutent aux souliers que les enfants de notre pays mettent dans la cheminée, la veille de Noël".

    Il faudrait lire la VO pour savoir à quel point elle a été transformée, l'oeuvre n'ayant, semble-t-il, pas connu d'autre traduction.


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    Philip Kerr, Bleu de Prusse, SeuilBerchtesgaden, avril 1939. Un ingénieur est abattu d'une balle en pleine tête sur la terrasse du Berghof, le nid d'aigle d'Hitler, alors que ce dernier doit arriver quelques jours plus tard pour fêter ses 50 ans. Bernie Gunther est missionné par Heydrich pour débusquer l'assassin et vite : il faut veiller à la sécurité du Führer qui doit rester dans l'ignorance de ce qui s'est passé dans son refuge.

     

     

    A la suite du héros, le lecteur pénètre au coeur du cercle rapproché d'Hitler. Derrière la vitrine médiatisée, on découvre une vaste opération immobilière : les habitants des résidences proches du Berghof ont été expropriés, leurs demeures rasées pour dégager la vue ou cédées à bas prix aux cadres du régime. En l'absence du maître des lieux les travaux d'aménagement battent leur plein. Des ouvriers sont recrutés dans toute la région et travaillent sous métamphétamines pour soutenir des cadences infernales. Tout cela génère de nombreux trafics que Bernie Gunther va mettre au jour en avançant dans son enquête. Sa vie est alors menacée car certains sont prêts à tout quand il s'agit de protéger leurs magouilles lucratives.

     

     

    J'ai trouvé très intéressant ce que j'ai appris ici et que je n'imaginais pas. La thèse de l'auteur c'est que de nombreux proches du Führer sont des corrompus sans scrupules qui ont vu dans l'adhésion au nazisme un moyen de parvenir. Parmi eux, quelques "idéalistes", aveuglés par leur adoration pour le chef, qui refusent de voir la vérité. Je suis assez déconcertée par une femme comme Gerdy Troost, qu'on nous présente comme intelligente et qui a réussi à s'illusionner jusqu'à la fin.

    J'ai beaucoup plus apprécié cette lecture que le précédent épisode de la série.


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    Philip Kerr, Les pièges de l'exil,PointSur la Côte d'Azur en 1956, Bernie Gunther est concierge au Grand Hôtel de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Il fait la connaissance de Somerset Maugham, victime d'un maître-chanteur qui menace de divulguer des documents laissant croire que Maugham est un agent double au service de l'Est. Le maître-chanteur, Harold Heinz Hennig, est une vieille connaissance de Bernie. C'est un ancien membre de la SS qui s'est recyclé dans les services secrets de la RDA. Notre héros va servir d'intermédiaire entre Maugham et Hennig.

     

     

     

    Plutôt qu'à un policier, c'est à un roman d'espionnage que nous avons affaire ici, qui oppose les services secrets britanniques à ceux de la RDA et de l'URSS. L'affaire est truffée d'agents doubles et on constate que des criminels nazis n'ont eu aucun mal à se reconvertir au service du communisme. Homme désabusé, notre héros trimballe ses traumatismes et son mal de vivre au milieu de ce panier de crabes. Sa défense passe par un humour grinçant quasi permanent. Si je trouve le personnage plutôt sympathique, je déplore cependant ses préjugés sexistes et homophobes. C'est un roman qui fait une lecture de vacances plutôt plaisante.

     


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    Qiu Xiaolong, Mort d'une héroïne rouge, Points"Chen savait qu'être inspecteur principal et être membre du Parti étaient deux choses différentes, mais il n'avait jamais envisagé la possibilité que ces deux rôles entrent en conflit direct."

    Shanghaï, 1990. Le corps d'une jeune femme est retrouvé dans un canal à quelque distance de la ville. Il s'agit de Guan Hongying. Son prénom signifie Héroïne Rouge et elle était travailleuse modèle de la nation. L'inspecteur principal Chen et son adjoint l'inspecteur Yu qui mènent l'enquête ont été avertis dès le départ par leurs supérieurs : il s'agit forcément d'une affaire politique, l'assassin ne pouvait qu'avoir des visées "contre-révolutionnaires".

     

     

    J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman policier. J'ai mis un peu de temps à rentrer dans l'histoire car le rythme est lent mais ensuite j'ai goûté cette ambiance tranquille. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est le cadre d'une Chine qui est au début de son passage à l'économie libérale. Le marché d'Etat, où il faut faire la queue et où l'approvisionnement est rationné, coexiste avec le marché libre, beaucoup plus cher. L'inspecteur Yu et sa famille occupent une pièce dans un appartement communautaire tandis que Chen, grâce à une promotion récente, s'est vu octroyer un appartement (d'une pièce) pour lui tout seul. Je découvre aussi à quel point la révolution culturelle a été un événement traumatique. Tous les plus de trente ans en ont été marqués. Yu et sa femme, par exemple, sont en couple depuis l'âge de seize ans quand ils ont été envoyés en rééducation ensemble dans le même village. J'aime ce couple attachant. Chen est sympathique aussi. C'est un poète qui est entré dans la police car les autorités lui ont assigné ce poste. Les Chinois sont, semble-t-il, un peuple de poètes. Je crois que la pratique quotidienne de la poésie est quelque chose d'assez répandu en Asie.

     

     

    Mort d'une héroïne rouge est le premier épisode d'une série que je vais sans doute continuer à explorer.


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    Jack London, La croisière du Snark, LibrettoEn 1907, Jack London, sa femme Charmian, leur ami Roscoe et quatre hommes d'équipage, s'embarquent sur le Snark pour un tour du monde à la voile. Ces marins d'eau douce découvrent la navigation en pleine mer sur le tas entre la Californie et les îles Hawaii. La fortune sourit aux innocents qui se sont lancés sans trop savoir au devant de quoi ils allaient. Ils font ensuite escale aux Marquises, à Tahiti, Fidji et, enfin, souffrant de diverses fièvres et maladies de peau invalidantes, ils doivent abandonner leur équipée aux îles Salomon, fin 1908.

     

     

    Début juillet, j'ai visité au musée d'Aquitaine à Bordeaux une très intéressante exposition sur la croisière du Snark. Les navigateurs ont ramené photos et objets de leurs rencontres avec les occidentaux et les autochtones croisés en route. J'ai eu envie d'en savoir plus et je me suis donc procuré le récit que Jack London a fait de cette croisière.

     

     

    Je dois avouer maintenant que la lecture ne m'a pas autant plu que l'exposition. Il y a de longs passages consacrés à la navigation, sujet que je ne connais pas, avec des termes techniques que j'ignore et tout cela me passe au-dessus et m'ennuie un peu. Je suis plus intéressée par ce que l'auteur raconte des rencontres qu'il a pu faire à terre. Il y a quelques personnages pittoresques et les situations sont décrites avec un même enthousiasme qui marque la plupart du périple. Il en dit assez peu, par contre, sur les relations entre les participants à bord du Snark. L'exposition nous en apprend plus ainsi que leur devenir.

     

     

    Aux îles Salomon, Jack et Charmian sont convier à embarquer pour quelques jours sur un bateau recruteur de main-d'oeuvre qui va d'île en île pour engager des Noirs pour travailler sur les plantations. Ils signent un contrat de trois ans. Je suis navrée de constater que l'auteur ne porte aucun regard critique sur cette pratique qui, pour moi, s'apparente à du travail forcé. Un capitaine de bateau recruteur a été tué. L'armée intervient pour châtier les coupables. En représailles elle brûle deux villages et, dans la fuite des habitants, un bébé meurt noyé ce qui nous est présenté comme une bavure de peu d'importance. Aucun recul non plus sur cette situation de colonisation.

     

     

    Conclusion : si vous en avez l'occasion, choisissez plutôt de visiter l'exposition.

    L'avis de Maggie sur cette expo.


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