•  

    Fleur Daugey, Animaux homos, Albin MichelHistoire naturelle de la sexualité

    "Si les animaux se comportent d'une façon que nous jugeons bonne, nous la qualifions de "naturelle". S'ils font quelque chose qui nous déplaît, nous appelons ce comportement "bestial". James Weinrich, Is homosexuality biologicaly natural ?, 1982

     

    Fleur Daugey est une journaliste scientifique, éthologue de formation. Dans cet ouvrage elle "nous fait découvrir les multiples facettes, parfois bien surprenantes, de la sexualité animale, qui n'est pas que tournée vers la reproduction, et en dégage la signification au regard de l'évolution des espèces." (quatrième de couverture)

    L'homosexualité, c'est pas naturel ? Fleur Daugey prouve le contraire. Son propos est clairement militant. Il s'agit de contrer des mouvements homophobes tels que la Manif pour tous. Car l'homosexualité est dans la nature. Elle a été documentée scientifiquement chez près de 500 espèces de l'ensemble du règne animal.

     

     

    J'ai ainsi appris que des femelles perruches se mettaient en couple pour couver leurs oeufs après le départ des mâles qui les ont fécondées. Elles adoptent alors des comportements réservés aux mâles dans les couples hétérosexuels. "Pour séduire une autre femelle, les macaques rhésus femelles se lancent dans des parties de cache-cache endiablées qu'elles ne proposent jamais aux mâles". Ces taquineries débouchent sur un accouplement. Des relations homosexuelles ont été observées chez plusieurs espèces de dauphins. Les mâles dauphins roses de l'Amazone insèrent leur pénis dans la fente génitale, l'anus ou l'évent d'un autre mâle. Il y a de nombreux autres exemples, également chez les insectes et même les poissons !

     

     

    L'ouvrage commence par un point historiographique. Depuis l'Antiquité grecque des auteurs ont constaté des comportements homosexuels chez des animaux et ont tenté de rendre compatibles leurs observations et leurs préjugés. Il s'agirait d'erreurs, de comportements de domination ou induits par la captivité. Des expressions telles que "comportement sexuel inapproprié" ou "anormal" perdurent dans la littérature scientifique jusqu'à la fin du 20° siècle, empêchant, estime l'autrice, une véritable réflexion sur leur sens biologique. Ce n'est qu'au début du 21° siècle que la question commence d'être étudiée de façon plus objective.

     

     

    D'après la théorie de l'évolution des espèces de Darwin, le but ultime de la vie serait la reproduction. Comment intégrer dans cette théorie les comportements homosexuels des animaux ? Certains scientifiques (Bruce Bagemihl) pensent aujourd'hui que les être vivants disposent d'un trop plein d'énergie auquel il faut trouver un exutoire. La sexualité serait un moyen d'utiliser cette énergie et l'homosexualité une des multiples formes issues de l'extravagance biologique. Cette théorie, que j'ignorais totalement, est celle qui m'a le plus frappée. Il y a d'autres explications proposées, moins audacieuses.

     

    C'est un ouvrage que j'ai trouvé intéressant et plutôt accessible.


    2 commentaires
  •  

    Patrick Bard, Mon neveu Jeanne, LocoPatrick Bard est un photojournaliste spécialiste de l'Amérique latine. Cet ouvrage raconte l'histoire de son neveu Jean-Pierre-Jeanne, personne de genre fluide. Né en 1966, Jean-Pierre est devenu Jeanne, femme transgenre, au début des années 2000, puis est redevenu un homme en accolant à l'état-civil les prénoms de Jean-Pierre et Jeanne, situation qui lui semble correspondre le mieux à son ressenti.

     

     

    Depuis 1983, Patrick Bard photographie régulièrement Jean-Pierre-Jeanne. Il présente ici une sélection de ces photos (plus des clichés qui ne sont pas de lui) qui racontent la vie et les transformations de Jean-Pierre-Jeanne. Le propos est bienveillant et non jugeant. Patrick Bard vise un public ignorant de ces questions dont il veut déconstruire les fantasmes d'anormalité. Jean-Pierre-Jeanne vit en couple, travaille -comme transporteur routier- et recherche, comme tout le monde, le bonheur. Les photos sont commentées par le photographe : dans quelles circonstances elles ont été prises, ce qu'elles représentent pour lui. Il y a aussi une rapide histoire de la famille Bard, famille populaire (le père de Patrick était ferrailleur) de la banlieue parisienne et de son ascension sociale pendant les 30 Glorieuses.

     

     

    Le résultat est un ouvrage original, plutôt intéressant et qui se lit facilement.

     

    Patrick Bard, Mon neveu Jeanne, Loco


    votre commentaire
  •  

    Toni Morrison, Beloved, 10-18Le 6 août je reçois un SMS de ma fille : "Tu vas pouvoir relire du Toni Morrison". Il m'a fallu un petit moment pour comprendre. J'ai d'abord pensé qu'elle sortait un nouveau roman. Toni Morrison est morte le 5 août 2019 et ça m'a fait un petit pincement au coeur.

    Toni Morrison était née en 1931. Cette grande écrivaine était prix Nobel de littérature. A relire Toni Morrison il était évident pour moi que j'allais relire Beloved.

     

     

     

    Toni Morrison, Beloved, 10-18Beloved. Dans une maison excentrée de Cincinnati, le 124, vivent Sethe, une ancienne esclave qui s'est évadée des années plus tôt, et sa fille adolescente Denver, née lors de cette évasion. On est au milieu des années 1870. Le 124 est une maison hantée par le fantôme d'un bébé qui tourmente ses habitantes. Survient Paul D qui a connu Sethe quand ils étaient tous deux esclaves sur la plantation du Bon Abri.

     

     

    Au milieu des années 1990 j'ai découvert Toni Morrison en lisant Beloved. Cette lecture a été une révélation pour moi. Alors que je m'intéressais à la question de l'esclavage et que j'avais déjà lu des témoignages sur le sujet, c'est en lisant ce roman poignant que j'ai vraiment pris conscience de la nature profonde de ce crime contre l'humanité. La force de Toni Morrison c'est -en passant par le fantastique avec les manifestations du fantôme-de rendre tout ça terriblement réel, de donner à voir non seulement les souffrances physiques mais aussi les blessures psychologiques qui sont telles qu'une mère peut en arriver à penser que la seule façon d'en protéger ses enfants c'est de les tuer :

    "Tout Blanc avait le droit de se saisir de votre personne pour un oui ou pour un non. Pas seulement pour vous faire travailler, vous tuer ou vous mutiler, mais pour vous salir. Vous salir si gravement qu'il vous serait à jamais impossible de vous aimer. Vous salir si profondément que vous en oubliiez qui vous étiez et ne pouviez même plus vous en souvenir."

     

     

    J'apprécie aussi l'écriture. Il y a des images originales particulièrement bien trouvées. Je salue le travail de qualité des traductrices.


    4 commentaires
  •  

    En 1193 plusieurs chevaliers proches de Philippe Auguste sont assassinés à l'arbalète par un mystérieux tireur -un véritable snipper- dont les carreaux sont gravés d'une corne de licorne. Derrière le tueur, rapidement surnommé la Licorne, on soupçonne la main du comte de Mortain, autrement dit Jean sans Terre. Au même moment Guilhem d'Ussel est à Paris où il souhaite entrer au service du roi Philippe. Il se lance à la poursuite de la Licorne.

     

     

    Retour en arrière pour cet épisode avec un tout jeune héros de moins de vingt ans. Mais à cette époque on grandit plus tôt qu'aujourd'hui et, dans la classe des chevaliers, on est prêt à combattre dès quinze ans. L'action se déroule pour partie en Normandie, fief de Jean. Il y a d'intéressantes informations sur la ville de Rouen -notamment sur les relations entre la commune bourgeoise et les chanoines- ville dans laquelle Guilhem retournera dix ans plus tard. C'est une lecture que j'ai appréciée.

     

     

    L'avis d'A Little Bit.


    votre commentaire
  •  

    Géraldine Schwartz, Les amnésiques, FlammarionGéraldine Schwartz est une journaliste franco-allemande -père allemand, mère française. Dans cet ouvrage elle étudie la responsabilité des Mitläufer, ceux qui ont "marché avec" le régime nazi, tous ces Allemands qui, sans être eux-mêmes des criminels de guerre, se sont arrangés avec ce régime, l'ont accepté, voire même en ont profité, et lui ont ainsi facilité la tâche. Elle s'appuie pour cela sur le cas de ses grands-parents paternels.

     

     

    Le grand-père, Karl Schwartz, a profité de "l'aryanisation des biens" pour acquérir à bon prix une entreprise de commerce de pétrole. Après la guerre, quand le seul survivant des anciens propriétaires demande une indemnisation, Karl Schwartz ne veut pas comprendre et se vit comme une victime. La grand-mère, Lydia, a été conquise par la politique des nazis menée en direction des classes moyennes : elle a pu profiter d'une croisière subventionnée. Derrière l'opération Kraft durch Freude je découvre des mesures en faveur du tourisme qui ont permis de s'attacher une partie de la population allemande.

     

     

    La génération suivante, celle du père de Géraldine Schwartz, Volker -un prénom typiquement nazi, construit sur Volk, le peuple- né en 1943, est celle qui a posé des questions à ses parents sur leur rôle et leur comportement sous le nazisme. L'autrice présente le travail de mémoire qui a été effectué en Allemagne depuis la fin de la guerre. Une première dénazification très incomplète puis les progrès réalisés depuis les années 60 sous la pression des jeunes générations et de quelques personnalités. Elle compare cette capacité à affronter ses responsabilités à ce qui s'est passé en France avec la construction, voulue par de Gaulle, d'un régime de Vichy qui n'était pas la France et le déni qui a pu s'installer pour longtemps sur ce mythe.

     

     

    En fin d'ouvrage Géraldine Schwartz s'intéresse au retour des populismes et de l'extrême droite un peu partout en Europe aujourd'hui. Elle développe la thèse selon laquelle les pays dans lesquels le travail de mémoire n'a pas eu lieu -ou a été partiel- sont ceux où le populisme revient plus fort. Les amnésiques qui ont oublié l'histoire se condamnent à la revivre.

     

     

    J'ai apprécié cet ouvrage que j'ai trouvé intéressant et très accessible. En s'appuyant sur le cas emblématique de sa famille, Géraldine Schwartz rend son propos vivant mais elle ne s'en tient pas là et complète par des apports historiques. Pour moi, l'intérêt réside aussi dans les parallèles que je fais avec l'époque actuelle. Quand je lis comment les démocraties ont refusé de donner refuge aux Juifs allemands persécutés dans les années 30 -la lamentable histoire du Saint-Louis est évoquée- je ne peux m'empêcher de penser au sort pitoyable du peuple syrien aujourd'hui.


    2 commentaires
  •  

    Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux, Actes SudEté 1992. A Heillange, ville de l'est de la France frappée par la fermeture des aciéries, Anthony, 14 ans, passe le temps avec son cousin en buvant des bières et fantasmant sur les filles qu'ils croisent. Ils empruntent la moto du père d'Anthony pour aller dans une soirée où les ont conviées deux d'entre elles, Steph et Clem. Ils y croisent Hacine. Le roman est construit sur quatre étés, de deux ans en deux ans, où on retrouve Anthony et les autres, jusqu'à l'arrivée de la France en finale de la coupe du monde de foot en 1998.

     

     

    Il est question des conditions de vie dans une région à l'économie un peu sinistrée. Les parents d'Anthony se sont endettés sur vingt ans pour acheter un pavillon. Cette petite classe moyenne peine souvent à joindre les deux bouts. Le père d'Anthony, licencié de l'industrie, souffre d'un sentiment de déclassement. C'est facile alors d'accuser les immigrés "feignants d'importation" d'être responsables du chômage. Je peux facilement imaginer Anthony, un peu plus de vingt ans après la fin du roman, en gilet jaune sur un rond-point.

     

     

    Hacine habite avec son père un immeuble de la ZUP voisine. Il passe la majeure partie de ses journées avec ses potes sur la dalle, il vivote du trafic de shit.

    Les parents de Steph et Clem sont de petits notables locaux -entrepreneur, profession libérale- dont les filles poursuivent leurs études. Parmi les personnages que l'on suit elles sont les seules à être vraiment mobiles et à pouvoir envisager de quitter la région. Si Anthony fait son service militaire en Allemagne il est perdu dès qu'il est lâché en liberté hors de son cadre familier et revient finalement vers sa vallée.

     

     

    Je trouve que l'auteur a bien montré la fracture sociale qui sépare ces jeunes même si l'adolescence est un moment où des rencontres sont possibles. Il m'a semblé que la peinture de ces adolescents et de la société locale était crédible. J'ai apprécié aussi la construction du récit en quatre saisons qui permettent de voir évoluer les personnages et les situations.

     

     

    Les avis de GambadouHélène et Krol.


    2 commentaires
  •  

    Pierrette Fleutiaux, Histoire du tableau, FolioLa narratrice, une jeune femme professeure de français, vit à New-York avec sa famille. Elle mène une vie tranquille et réglée jusqu'au jour où, dans une soirée, elle rencontre un peintre qui la fascine tout de suite. Il l'invite à venir visiter son atelier et à la voir travailler et elle est comme envoutée par la toile qu'il est en train de peindre. La rencontre avec cette oeuvre va bouleverser sa vie.

     

     

    D'abord j'ai pensé avoir affaire à un roman fantastique mais ensuite il m'a semblé que c'était un épisode de folie qui nous était raconté là. Il y a d'abord une phase d'exaltation. Après l'achat du tableau la narratrice a l'impression de voir ce qui est caché sous la surface des choses et d'en comprendre enfin le sens. Cela me fait penser à ce que j'ai pu lire sur les effets de certaines drogues. Elle passe par des hauts et des bas. Un jour elle trouve que sa toile est une oeuvre absolue, le lendemain elle se demande comment elle a pu dépenser autant d'argent pour acheter ça. Ce qu'elle vit me paraît bien décrit et la narration à la première personne est convaincante. Il y a une place importante qui est donnée aux couleurs, aux sentiments et aux effets qu'elles produisent chez la narratrice. Enfin c'est remarquablement bien écrit. La fin du récit m'a parue un peu longue mais globalement j'ai apprécié cette lecture.


    votre commentaire
  •  

    Didier Daeninckx, Meurtres pour mémoire, FolioLe 17 octobre 1961 à Paris une manifestation d'Algériens en faveur de l'indépendance de leur pays est réprimée avec une violence inouïe. Les forces de l'ordre tabassent la foule puis tirent sans sommations. Des blessés sont jetés à la Seine . Le bilan est estimé à environ 200 morts, seuls 3 ou 4 sont reconnus officiellement. Roger Thiraud, jeune professeur d'histoire, est assassiné sur le pas de sa porte alors qu'il assiste à la répression. Sa mort passe pour un dégât collatéral de la manifestation. A l'été 1982 Bernard Thiraud, fils de Roger, jeune étudiant en histoire, est abattu à Toulouse où il faisait des recherches dans les archives de la préfecture. L'inspecteur Cadin, chargé de l'enquête; se demande s'il n'y aurait pas un lien entre ces deux meurtres.

     

     

    Le principal intérêt de ce roman ce sont les apports historiques, principalement sur la manifestation du 17 octobre 1961 -mais pas que. Je découvre avec stupéfaction ce massacre accompli sans scrupules en plein Paris et j'en suis choquée. Néanmoins je suis déçue par cette lecture. L'inspecteur Cadin ne m'est pas très sympathique qui me paraît un peu imbu de lui-même avec sa tendance à juger les autres et leurs choix de vie. Et puis je ne trouve pas que ce soit très bien écrit. Il y a des descriptions dont on aurait pu aisément se passer (le fonctionnement d'une machine à café, par exemple) et le résultat est poussif.

     

    L'avis du Papou.

     


    2 commentaires
  •  

    Jean d'Aillon, Rouen, 1203, J'ai luDe retour de Rome Guilhem d'Ussel fait une étape à Marseille au moment où y accoste une nef génoise en provenance de Saint-Jean-d'Acre. A son bord plusieurs personnages qui vont jouer un rôle dans cette histoire. Flore est une jeune femme dont le mari est mort en Terre Sainte. Elle souhaite regagner les terres de l'abbaye de Tiron dont elle est originaire. Thomas est un moine templier en fuite. Il veut rejoindre son frère, moine à Bordères dans le Toulousain. Le chevalier Marc Saint-Jean est en fait Ali-i Sabbah, un ismaëlien, guerrier de la secte musulmane des heyssessini. Il est envoyé en mission par son maître, le Vieux de la Montagne, pour récupérer des documents volés à son ordre et châtier le voleur, un apothicaire franc. Enfin Alexandre le Maçon est un clerc brutal et avide de pouvoir chargé par Aliénor d'Aquitaine de ramener de Palestine une précieuse relique.

     

     

    Tout le roman tourne en effet autour d'une histoire de trafic et même de fabrication de reliques. Les personnages très divers permettent à l'auteur d'explorer des lieux qui le sont tout autant : la Terre Sainte, la seigneurie rurale de Lamaguère, Paris, Rouen, bien sûr, autour de laquelle s'affrontent Jean-sans-Terre et Philippe-Auguste. Je trouve cela très intéressant. Les péripéties sont rocambolesques, les coïncidences peu crédibles mais je lis ces aventures aventures avec plaisir. Je suis fascinée par des conditions de vie si différentes des nôtres qu'elles me paraissent exotiques : crasse, économie de survie, inféodation totale des petits aux puissants, grande violence des seigneurs de la guerre. Et cependant des hommes qui sont prêts à énucléer, à écorcher ou à étriper sans sourciller redoutent l'enfer et versent une larme devant un bout de chiffon représentant soit-disant la face du Christ.

     

    L'avis d'A little bit.


    votre commentaire
  •  

    Andrea Camilleri, Chien de faïence, PocketAndrea Camilleri est mort le 17 juillet 2019. La rubrique nécrologique du Monde présente cet homme de gauche né en Sicile en 1925 comme le "père du polar à l'italienne" : il était le créateur du personnage de Salvo Montalbano, commissaire de police à Vigata, Sicile.

     

     

     

    Andrea Camilleri, Chien de faïence, PocketChien de faïence. Je l'achète pour 3 € chez un bouquiniste le jour où j'apprends la mort de l'auteur.

     

    Suite à l'arrestation d'un mafieux local, la police met la main sur une importante cache d'armes installée dans une grotte. L'oeil curieux de Montalbano remarque bientôt que la grotte possède un double fond derrière lequel on découvre les cadavres d'un couple, placés là une cinquantaine d'années auparavant. C'est alors une double enquête qui occupe notre héros : l'officielle sur le trafic d'armes et la personnelle concernant les amants assassinés.

     

     

     

    J'ai beaucoup apprécié cette lecture parce que les deux enquêtes donnent une épaisseur au roman et qu'il y a de nombreux passages forts drôles. J'ai trouvé sympathique le personnage de Salvo Montalbano qui a bien du mal à s'exprimer de façon claire en public, redoute une promotion et apprécie la bonne cuisine locale. Il y a des descriptions de plats qui m'ont donné envie.

     

     

     

    Camilleri écrivait dans un italien mêlé de dialecte sicilien. La traduction rend ça par l'utilisation de vocabulaire d'origine méridionale (coucourde, escagasser...), par des inversions verbe complément et l'emploi inopiné du passé simple. Le résultat est parfois un peu surprenant mais ça se lit bien.

     

    Un petit bémol ? C'est un livre très masculin où les femmes, peu nombreuses, sont confinées à l'arrière plan, le plus souvent dans des rôles d'amoureuses ou de cuisinières.

     


    2 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires