• Yaa Gyasi, No home, Calmann Lévy

     

    Yaa Gyasi, No home, Calmann LévyAu milieu du 18° siècle, en Gold Coast, aujourd'hui Ghana, naissent deux filles, Effia et Esi, de même mère mais de pères différents. Chacune ignore l'existence de l'autre. Effia est donnée en mariage à James Collins, le gouverneur britannique du fort de Cape Coast. Esi est capturée, vendue comme esclave et déportée vers les Etats-Unis au départ de ce même fort. Les deux soeurs vont donner naissance à deux lignées dont nous suivons l'histoire jusqu'à nos jours.

     

     

    En Afrique, les descendants d'Effia font partie de la classe dirigeante. Je découvre les guerres entre Ashantis et Fantis pour se procurer des esclaves mais aussi la résistance à la colonisation. A la fin du 20° siècle, face à la déception d'une indépendance qui n'a pas permis de réaliser les rêves d'une vraie autonomie, une partie de la classe éduquée s'expatrie vers les Etats-Unis.

    Aux Etats-Unis, les esclaves sont dans l'impossibilité de fonder des familles durables. Ils sont séparés par la mort ou la vente. Yaa Gyasi nous livre de ce fait de beaux portraits de femmes fortes. Après l'abolition de l'esclavage, d'autres moyens d'entraver l'émancipation des Noirs apparaissent. Les jeunes hommes sont jetés en prison au moindre prétexte puis loués à des entreprises pour lesquelles ils travaillent gratuitement -notamment comme mineurs dans des conditions très difficiles.

     

     

    La narration alterne les chapitres racontant l'histoire d'un personnage de la branche ghanéenne puis de la branche américaine. Tous les deux chapitres, on progresse d'une génération. Il y a un arbre généalogique au début pour pouvoir suivre et je m'y suis souvent référée car, pendant longtemps, j'ai trouvé que cette construction hachait le récit. Je reconnais cependant que mon rythme de lecture aussi a été haché du fait d'obligations professionnelles plutôt prenantes. Ceci explique peut-être cela car j'ai profité d'un week-end enfin disponible pour lire tous les derniers chapitres d'une traite et j'ai enfin été prise par ma lecture. Néanmoins 7 générations X 2 = 14 chapitres. C'est ambitieux et certains personnages auraient sans doute mérité qu'on s'attarde plus sur leur cas.

    Ce roman est une invitation à continuer la découverte de l'histoire des Africains dans le monde et une réponse claire à ceux qui pensent que la colonisation a pu apporter des bienfaits à ceux qui en ont été victimes.

     

     

    L'avis de Keisha, celui de Krol.


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  • Commentaires

    1
    keisha
    Dimanche 10 Juin à 14:29
    keisha

    Et en plus ça résume pas mal bien des aspects du sujet, on en apprend beaucoup!

      • Dimanche 10 Juin à 16:53

        C'est le genre de livre qui me donne envie d'en savoir plus.

    2
    Dimanche 10 Juin à 23:24
    krol

    Merci pour le lien. Voilà un roman que j'ai lu avec avidité.

      • Lundi 11 Juin à 09:17

        Je n'en ai, hélas, pas tout à fait eu l'occasion.

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