• Luke Rhinehart, L'homme-dé, Editions de l'olivier

    Luke Rhinehart, L'homme-dé, Editions de l'olivierL'écrivain américain Luke Rhinehart est mort le 6 novembre 2020. De son vrai nom George Powers Cockcroft il était né en 1932. Il a pris comme nom de plume le nom du personnage principal de son roman L'homme-dé paru en 1971 et devenu un best-seller et livre culte.

     

    Luke Rhinehart, L'homme-dé, Editions de l'olivierL'homme-dé. Le personnage principal, Luke Rhinehart -pour ne pas le confondre avec l'auteur je l'appellerai Luke- est un jeune psychiatre new-yorkais. Marié, père de deux enfants, il vit une vie bourgeoise et s'ennuie ferme. Après une soirée bien arrosée il remarque une carte à jouer qui recouvre un dé. Si c'est la face 1 du dé qui est sur le dessus, se dit-il, j'irai violer la voisine. Il se trouve que la voisine a également participé à la soirée et qu'elle est tout à fait consentante. S'en suit une agréable partie de jambes en l'air. A partir de cet événement fondateur Luke va livrer son sort aux dés, au début de façon limitée puis de pus en plus intense. Il met au point une dé-thérapie qu'il propose à ses patients et enfin crée une nouvelle religion.

     

    Vous aussi vous voulez pratiquer la dé-vie ? Listez six de vos fantasmes ou envies les plus secrètes, jetez le dé et réalisez ce qui correspond au numéro tiré. Vous pourrez alors vous dire que ce n'est pas vous qui avez choisi, que vous étiez obligé. Il arrive aussi à Luke d'endosser des personnalités multiples et successives en laissant le dé décider qui il sera pour les prochaines 24 heures, 1 heure ou même 10 minutes. L'idée est de tuer le moi, responsable de l'ennui, par la pratique de cette sorte de schizophrénie volontaire. Une fois le moi détruit, l'individu est libre. Quand on quitte femme et enfants sur un coup de dé pour aller vivre dans les bas-fonds new-yorkais, la vie est tout de suite moins monotone. Luke va également expérimenter à peu près tout ce qui est possible en matière de sexe.

     

     

    Je me suis posée beaucoup de questions à la lecture de ce roman. Luke Rhinehart -l'écrivain- propose-t-il son personnage comme un modèle à suivre ? Pendant longtemps ça n'a pas été clair pour moi d'autant plus que je lis dans la nécro du Monde que des lecteurs se sont inspirés de la méthode Rhinehart et qu'il lui arrivait lui-même de jouer certaines de ses décisions aux dés. J'en arrive finalement à la conclusion -mais sans en être sûre à 100 %- qu'il s'agit pour l'auteur de s'amuser et de se moquer de la société de consommation. Il me semble qu'il y a une critique de l'éducation des enfants, de la psychanalyse, de l'internement psychiatrique, des religions, ce qui est intéressant. Signe de l'époque sans doute, ce qui n'est pas du tout remis en question c'est la domination patriarcale. Si les dés proposent à Luke de s'occuper de ses enfants à l'occasion il s'agit de jouer avec eux, sûrement pas de prendre en charge les tâches ménagères. Un des grands fantasmes de Luke étant de violer des femmes les dés vont lui permettre de le réaliser. Cela se passe d'ailleurs sans difficultés car elles n'attendent que ça. La seule qui refuse le fait comprendre de façon ferme -avant de changer d'avis. Conclusion : les femmes qui se font violer sont consentantes sinon un bon coup de genou dans les couilles et l'agresseur est hors d'état de nuire. C'est clairement un ouvrage sexiste -et homophobe, ça va souvent ensemble- et ces aspects m'ont déplu. Sinon ça se laisse lire, même s'il y a quelques longueurs, et ça vaut aussi comme témoignage de son temps.

     

     

     

     


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