En Zambie, de la conquête coloniale au début du 21° siècle, nous suivons les destins croisés de trois familles sur plusieurs générations. Quelques personnages marquants ressortent plus particulièrement, majoritairement féminins. Il y a Sibilla qui est née entièrement couverte de longs poils et cheveux qui repoussent à toute vitesse quand on les coupe; Agnes, espoir du tennis devenue aveugle avant ses vingt ans; Matha dont les yeux n'arrêtent pas de pleurer depuis que Godfrey, son amour, a disparu... Européens, Africains et Indiens se métissent au fil des générations.
L'histoire de la Zambie, pays du sud-est de l'Afrique, sert de toile de fond au roman. Il est question de la colonisation et de ses abus (racisme, violences et déplacements forcés de populations), de l'indépendance du pays, de l'épidémie de sida, de l'arrivée des investisseurs chinois. Il y a un peu de fantastique et aussi de l'anticipation quand, au début des années 2000, la population du pays, puis du reste du monde se fait équiper de Perles, une puce électronique dans le doigt qui permet un accès facilité à internet mais bientôt peut-être le contrôle des populations ? Dans ce cas comme dans celui de la recherche d'un vaccin contre le sida les habitants de ce pays pauvre servent de cobayes.
Tout ce que j'ai lu sur l'histoire de la Zambie m'a intéressée, d'autant plus que c'est un pays que je ne connaissais absolument pas et que Namwali Serpell a déniché quelques épisodes étonnants. L'intérêt que j'éprouve pour les vies des personnages est plus inégal. Il y a des passages que j'ai trouvés un peu ennuyeux et il me semble qu'on aurait pu retrancher quelques pages à ce gros bouquin. Sur la période qui concerne le temps présent j'ai apprécié la façon dont l'autrice a bien montré la vitalité qui se dégage de la jeunesse du pays et ce malgré le sida, les inégalités criantes et la corruption. C'est enfin un roman qui est fort bien écrit.