Henry Spira (1927-1998) est un activiste américain, défenseur de la cause animale, modèle de Brigitte Gothière et Sébastien Arsac, les fondateurs de L214. Jeune, Spira milite tous azimuts.Il est engagé politiquement, syndicalement et prend part à la lutte pour les droits civiques des Noirs. En 1974 il assiste à un cours de Peter Singer sur la libération animale. Il décide alors d'appliquer à la défense des droits des animaux les méthodes qui ont fonctionné pour les droits humains. C'est à dire la négociation et l'amélioration progressive de la situation par petites victoires successives plutôt que le tout ou rien qui débouche plus souvent sur rien que sur tout.
Spira constitue autour de lui une coalition de personnes et d'associations. Ils vont lutter d'abord contre l'expérimentation sur les animaux. Ils pointent en priorité des tests cruels et même pas pertinents pour la santé humaine. Leur action a poussé des entreprises, notamment dans le domaine des cosmétiques, à mettre au point de nouveaux tests, beaucoup plus économes en vies animales. Le deuxième combat d'envergure c'est celui en faveur des animaux de boucherie et contre l'élevage industriel (poulets en batterie, conditions d'abattage). Là aussi des progrès sont obtenus en mettant la pression sur des marques soucieuses de leur image.
J'ai trouvé plutôt intéressante l'histoire de ce personnage que je ne connaissais pas du tout. Lui et Peter Singer étaient manifestement proches, ils se sont inspirés et influencés mutuellement et l'auteur fait de son ami un portrait très élogieux. Henry Spira est quand même quelqu'un qui a beaucoup travaillé en solitaire malgré le comité qui l'entourait. Il prenait seul les décisions finales ce qui me fait penser à un despote éclairé. Je préfère la démocratie.
L'ouvrage a été écrit en 1998 et vient juste de paraître en français donc je me suis demandé ce qu'il était advenu depuis de la cause animale aux Etats-Unis. On entend parfois parler des actions médiatisées de PETA, association critiquée ici pour son opportunisme qui lui a permis à l'occasion de profiter des retombées d'actions menées par d'autres. PETA et d'autres organisations de défense des animaux se voient aussi reprocher d'être de grosses machines aux nombreux salariés et qui ont donc besoin de beaucoup d'argent pour continuer à fonctionner. Elles collectent des fonds considérables dont seule une petite fraction sert effectivement la cause qu'elles défendent. J'imagine qu'on doit pouvoir dire la même chose de certaines associations françaises (la SPA a été épinglée plusieurs fois par la cour des comptes).
Envie de faire vous-même quelque chose pour la cause animale ? Essayez le lundi sans viande.
L'avis de Lybertaire.