La professeure polonaise Zofia Lorentz, historienne de l'art, a été recrutée par le biologiste Bogdan Smuga pour retrouver un artefact aïnou. Les Aïnous sont un peuple qui vivait autrefois sur l'île de Sakhaline et au Japon. Bogdan prétend être motivé par le fait que son lointain oncle Benedykt Czerski s'était installé chez les Aïnous après sa déportation en Sibérie à la fin du 19° siècle. Zofia s'embarque donc avec Bogdan mais au cours de leurs recherches qui les conduisent jusqu'à Paris elle découvre que celui-ci a des motivations cachées bien différentes de ce qu'il lui a dit. Il est question de changement climatique, d'un secret de longévité et de groupes antagonistes prêts à tout pour s'en emparer. Peut-on faire le bien de l'humanité malgré elle ?
J'ai été moyennement convaincue par ce roman que j'ai trouvé bien long par moments avant les révélations des dernières pages qui me paraissent assez peu crédibles. L'auteur est très critique par rapport aux agissements des groupes pharmaceutiques, intéressés uniquement par leurs profits et très inquiet quant aux conséquences du changement climatique. Il n'est pas du tout optimiste à propos de notre avenir et ce qu'il dépeint a de quoi faire peur. Malgré cette vision sombre il y a une volonté de faire de l'humour. C'est réussi à mon goût quand il s'agit de porter un regard caustique sur les choix du gouvernement polonais, notamment en matière de culture, ou de se moquer du sentiment de supériorité des Français, un peu moins quand les personnages se font des blagues pas très fines. J'apprécie aussi que Zygmunt Miłoszewski essaie de donner une épaisseur à ses personnages, même secondaires, et les traite généralement avec empathie.
Je participe au mois de l'Europe de l'est organisé par Et si on bouquinait un peu.