• Baby Halder, Une vie moins ordinaire, Picquier


    Dans Une vie moins ordinaire, Baby Halder raconte son histoire, celle d'une jeune femme indienne d'origine modeste. Son enfance a été courte et difficile. Le père était absent de longues périodes pour son travail. Au début il envoyait des nouvelles et de l'argent puis le courrier se tarissait. Il revenait, il repartait. La mère tenait à ce que ses enfants aillent à l'école et Baby suivit à peu près sa scolarité primaire. Finalement, ne supportant plus sa vie, la mère abandonna le domicile familial en emmenant son plus jeune fils.

    A partir de ce moment-là, sa soeur aînée étant mariée, Baby dut s'occuper de la maison. Elle-même fut mariée à 13 ans à un homme qui en avait 26.
    A 14 ans elle met au monde son premier enfant. Son mari ne lui parle pas, la bat quand il n'est pas content. Heureusement elle peut compter sur l'amitié d'une voisine qui la soutient et la conseille dans la tenue de son ménage. Des fois elle s'échappe pour aller jouer avec les enfants du coin. Cela surprend les voisins mais ils ont aussi conscience qu'elle n'est encore qu'une enfant et le père est critiqué pour l'avoir mariée si jeune :
    "Tu as fait comme tu as voulu et à présent, qui est-ce qui est obligé de supporter les conséquences de tes actes ? Ce n'est pas toi mais cette pauvre enfant ! De toute façon, il n'y a plus rien à faire maintenant, tu n'as plus qu'à renvoyer ta fille chez elle."

    Ce qui m'a frappée c'est la façon dont tout le monde se mêle des affaires des autres et ne se gêne pas pour faire savoir son opinion, commente, critique. Mais finalement, tout cela débouche souvent sur le constat que c'est le destin, il n'y a rien à faire.
    Quand la vie avec son mari est trop dure Baby vient souffler quelque temps chez son père mais elle s'entend mal avec celui-ci et sa belle-mère et fini donc par retourner chez elle.

    Un beau jour elle quitte définitivement son mari, emmenant avec elle ses trois enfants. Elle s'installe à Delhi où elle travaille comme domestique chez des riches familles. Elle est d'abord exploitée avant d'entrer au service d'un vieux professeur qui la traite comme sa fille, l'incite à lire, la pousse à écrire son histoire.

    L'éditeur nous assure que son livre est aujourd'hui un best-seller en Inde. Quant à moi, je l'ai trouvé passionnant. Il montre bien la vie de famille, les relations sociales dans une petite ville. Le contrôle des comportements par les proches entraîne une solidarité avec celui qui est victime mais aussi une pression à se conformer à la norme. Baby Halder a choisi de se sortir de ces relations qui engluent et de prendre sa vie en main. C'est une femme courageuse.
     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 5 Mai 2009 à 12:00
    J'y étais, et eus droit à quelques lignes en bengali que je n'arrive même pas à déchiffrer...
    2
    Mardi 5 Mai 2009 à 12:00
    J'ai lu ce livre il y a deux ans après en avoir entendu parler au Salon du livre. J'ai voulu faire dédicacer mon exemplaire mais je suis arrivée à la fin de la séance. Je regrette...
    3
    Mardi 5 Mai 2009 à 12:00
    Je l'ai lu il y a deux ans après le Salon du Livre où l'auteure était venue. Comme témoignage, c'est un livre très intéressant. D'un autre côté, cela a été traduit du bengali en hindi, puis du hindi en anglais et enfin de l'anglais au français ! J'avais trouvé curieux le procédé qu'utilisait parfois la narratrice à la première personne de se réfugier dans la troisième ; je me demande comment cela se traduisait dans les langues indiennes intermédiaires.
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