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    Romain Slocombe, L'affaire Léon Sadorski, Robert LaffontParis, 1942. Léon Sadorski, inspecteur de police à la troisième section des renseignements généraux, prend très à coeur son travail qui consiste à contrôler et arrêter les Juifs. A l'occasion il accepte des pots de vin ou profite des perquisitions pour faire main basse sur les sommes d'argent qu'il peut trouver. Un personnage pas très sympathique.

     

     

     

     

    Hélas, j'ai été plutôt déçue par cette lecture qui m'a un peu ennuyée. Il y a bien peu d'action dans ce roman policier et l'enquête est noyée dans beaucoup trop d'informations annexes car cet ouvrage, premier épisode d'une série, est en fait une introduction qui met en place personnages et situation. La fin ouverte me laisse penser que, peut-être, enfin, les choses vont avancer dans le tome deux. Mais le premier ne m'a pas donné envie de continuer.

     

     

     

     

    L'auteur, par contre, s'est très bien documenté sur la période et les différents services de police et de répression de l'époque : Abwehr, Gestapo, Gestapo française de la rue Lauriston (la Carlingue). Son personnage est inspiré d'un vrai, les documents ou lettres de délation qui passent entre ses mains sont copiées d'archives. Dommage que souvent l'apport d'informations se fasse comme si on nous récitait une leçon.
    Ce que j'ai le plus apprécié c'est la description de l'ambiance parisienne : dans les rues de la capitale, la vie continue comme si de rien n'était. J'ai trouvé intéressant aussi un passage qui se déroule lors de la débâcle, au moment de la défaite de 1940. L'effondrement de l'Etat et la panique dans les colonnes de réfugiés sont bien décrits.

     


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    Sarah Helm, Si c'est une femme, Calmann-LévyVie et mort à Ravensbrück.

    Le camp de concentration de Ravensbrück, situé au nord de Berlin, a fonctionné de mai 1939 à fin avril 1945. C'est le seul camp de concentration nazi destiné aux femmes. La première année il y a moins de 6000 prisonnières, la plupart allemandes (communistes, témoins de Jéhovah, droit commun, prostituées, Tsiganes, Juives) puis ce chiffre monte en puissance et, au faîte de son activité, Ravensbrück compte 45 000 femmes. 130 000 y seraient passées en six ans d'existence. L'autrice estime à 40 ou 50 000 le nombre de celles qui y seraient mortes.

     

     

    Sarah Helm, journaliste britannique, a réalisé un travail magistral pour produire cet intéressant ouvrage de 800 pages. Elle est partie d'entretiens avec des survivantes et les remerciements à la fin montrent à quel point ça n'a pas toujours été facile pour les retrouver, particulièrement en Europe de l'est et en ex-URSS. Ces rencontres ont été complétées par des témoignages écrits (comme ceux de Germaine Tillion ou Margarete Buber-Neumann) et des documents d'archives. L'étude suit un plan chronologique et tous les aspects de la vie du camp sont abordés : blocks d'hébergement, nourriture insuffisante, travail forcé dans les camps satellites ou au profit d'entreprises comme Siemens qui a installé une annexe dans le camp, "expériences médicales" pratiquées sur des cobayes humains surnommées les Lapins, brutalités des gardiennes et des prisonnières qui encadrent leurs co-détenues, solidarité entre femmes de même nationalité.

     

     

    J'ai apprécié qu'un des objectifs de l'autrice soit d'individualiser ces femmes que les nazis avaient tenté de déshumaniser. Les récits de vie permettent cela, d'autant plus qu'elle ne prend pas seulement ses personnages au moment où elles sont dans le camp mais qu'elle remonte, chaque fois que possible, aux circonstances antérieures qui les ont menées là. Elle évoque aussi celles qui sont généralement passées sous silence : les "asociales" comme les prostituées. Après guerre ces femmes n'ont pas été aidées, elles n'ont pas touché d'indemnités, elles n'ont pas été invitées à témoigner aux procès. Bien souvent on ne sait donc pas qui elles sont et les témoignages écrits de déportées-résistantes ne mentionnent pas leurs noms. On a opposé triangle rouges (politiques) et triangles noirs (asociales) alors que, fait remarquer Sarah Helm, on peut être à la fois prostituée et résistante, des bordels ayant souvent caché des personnes recherchées (aviateurs).

     

     

    A partir de 1944, le camp devient surpeuplé. Plus de place dans les blocks, on monte de grandes tentes dans lesquelles il pleut. Alors les conditions de survie deviennent tellement difficiles que ce qui me vient à l'esprit pour en donner un aperçu c'est l'image des cercles de l'Enfer de Dante. La lecture n'est pas toujours agréable. De façon paradoxale les détenues qui sont entrées tardivement dans le camp ont moins bien résisté que les plus anciennes. Celles-ci avaient eu le temps de faire leur trou, de nouer des contacts et des solidarités qui les ont aidées à tenir. Dans le grand capharnaüm qu'est devenu le camp les dernières arrivées n'ont plus aucun cadre auquel se raccrocher et meurent rapidement.

     

     

    Seul camp de concentration de femmes, le camp de Ravensbrück est aussi, semble-t-il, le seul où des détenues aient été assassinées de façon systématique. A côté de Ravensbrück se situe le camp d'Uckermark ou camp des jeunes car il a d'abord servi à interner des jeunes délinquantes. Ce camp devient en 1945 un lieu d'extermination. On y tue par la faim, par le froid, par balles et on y installe une chambre à gaz. Il y a alors la volonté d'effacer traces et témoins des crimes commis là avant l'arrivée des vainqueurs. Avant la fin, une partie des détenues (17 000) sont sauvées par les Croix Rouges suédoise et suisse qui négocient leur exfiltration avec Himmler. Il semblerait que ce dernier a accepté ces négociations car i espérait se placer en interlocuteur valable (et successeur d'Hitler) auprès des Alliés.

     

     

    En couverture, la photo d'Evguénia Klemm, jeune, avant la guerre. Professeure à Odessa, arrivée à Ravensbrück en février 1943 avec un groupe de jeunes médecins et infirmières de l'armée rouge elle a fait de ces jeunes femmes effrayées un groupe soudé et solidaire. Elle les a galvanisées par son énergie et ses propos : vous êtes de l'armée rouge, vous êtes des prisonnières de guerre, vous avez des droits. Elle les a aidées à tenir.

    A leur retour en URSS, les détenues soviétiques ont été inquiétées. En 1946, 1949 et 1950 il y a eu des procès d'anciens prisonniers pour collaboration avec les fascistes. Klemm y échappe mais, en septembre 1953, on lui interdit d'enseigner. Elle se suicide.

     

     

    Un livre pas toujours facile à lire, je l'ai déjà dit mais très bien documenté et rédigé dans une optique résolument féministe avec la volonté d'évoquer celles qui ont été passées sous silence et de questionner le moindre intérêt des historiens pour ce camp jusqu'à présent (la guerre froide est aussi responsable, il se situait en ex-RDA). Parmi les femmes présentées j'ai découvert de nombreuses figures d'héroïnes.


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    Ian McEwan, L'intérêt de l'enfant, GallimardFiona Maye, 59 ans, est juge aux affaires familiales à Londres. Alors qu'elle traverse une crise conjugale elle doit statuer sur le sort d'un jeune homme de 17 ans, témoin de Jéhovah, atteint d'une leucémie et qui refuse la transfusion qui pourrait le sauver. Fiona décide de se transporter à l'hôpital pour entendre le garçon.

     

     

    J'ai trouvé intéressante la description que fait Ian McEwan du milieu professionnel dans lequel évolue son personnage. Il s'est manifestement bien documenté sur le fonctionnement de la justice britannique et décrit un petit monde où magistrats et avocats vivent dans les mêmes quartiers et partagent les mêmes loisirs. Fiona a à coeur de rendre des jugements inattaquables et qui puissent servir de référence. Quand son couple bat de l'aile elle se réfugie dans le travail.

    Les sentiments des personnages sont bien analysés et j'ai apprécié aussi la qualité de l'écriture.

     

     

    Par contre j'ai été déconcertée par la fin et je me suis demandée où l'auteur voulait en venir. Il m'a semblé que Fiona était prête à faire fi bien rapidement de sa responsabilité, en échange d'un morceau de piano exécuté magistralement et d'un confort matrimonial retrouvé.

     

    L'avis de Krol.


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    Valentine Goby, Kinderzimmer, Actes SudEn 1944 Suzanne Langlois, âgée de vingt ans et enceinte, a été déportée au camp de Ravensbrück pour faits de résistance. A cette époque le camp, conçu pour 300 femmes, compte 40 000 prisonnières. A l'hôpital (le Revier) il y a la Kinderzimmer (la chambre des enfants) où sont stockés -je ne vois pas d'autre mot, vu les conditions de survie- les bébés nés au camp. Trois enfants français nés à Ravensbrück ont survécu.

     

     

    Quel gâchis ! Sur un sujet qui avait tout pour m'intéresser, arriver à la fois à m'exaspérer et à m'ennuyer, il fallait le faire !

    Je m'explique. Exaspération : une écriture que je trouve insupportable. Des phrases courtes, saccadées, qui se suivent avec en boucle les mêmes mots répétés, j'imagine pour faire ressentir l'effarement du personnage, mais on en arrive à des choses qui n'ont pas de sens : "Les os du visage ont des jambes sans os". J'ai d'abord cru que j'avais mal lu un mot. J'ai relu trois fois puis j'ai compris : cela ne veut rien dire.

    Ennui: il y a aussi les énumérations de pensées des détenues, en litanie. J'avoue, j'ai effectué une lecture transversale, sauté des lignes, des pages. Au passage, je constate quand même que l'autrice s'est documentée : je retrouve des informations que je suis en train de lire dans un ouvrage historique sur le même sujet. La langue utilisée ici a été, hélas, une barrière infranchissable pour moi.

     

    L'honnêteté m'oblige à signaler que d'autres ont beaucoup apprécié cet ouvrage. L'avis de Krol.


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    Mathias Enard, Boussole, BabelFranz Ritter, le narrateur, est un musicologue, orientaliste, Autrichien. Dans son appartement de Vienne il passe une nuit d'insomnie dans l'attente de résultats médicaux qui doivent confirmer le diagnostic de maladie dégénérative dont il se pense atteint. Heure par heure il revit sa carrière et ses séjours au Moyen-orient (Syrie, Iran) qui se recoupent avec son amour malheureux pour Sarah, une Française, orientaliste également. Ses souvenirs se mélangent à des moments de rêve.

     

     

     

     

    Quel excellent roman ! Tout d'abord bravo à Mathias Enard, un érudit comme je les aime, qui m'a épatée par ses connaissances sur l'orientalisme et les orientalistes, le Moyen-orient, la musique, l'Autriche... présentées avec une pointe d'humour désabusé qui fait mon régal -le narrateur semble avoir en effet un fond dépressif.

     

    Dans cet ouvrage riche et foisonnant on croise de nombreux personnages de fiction mais aussi des vrais, beaucoup d'amoureux de l'Orient du 19° siècle que je découvre avec ravissement. L'auteur lui même a pas mal séjourné dans les pays dont il est question et certaines anecdotes sonnent vrai comme, par exemple, lorsqu'il raconte comment le personnel de l'ambassade de France à Téhéran pressait son vin (à l'aide d'une vieille déchiqueteuse à papier) dans la cave de l'ambassade, conjointement avec leurs collègues de l'ambassade d'Italie, à l'époque du gouvernement de Khomeiny.

     

     

     

     

    Au fond Boussole est une célébration du mélange des cultures, de l'enrichissement qui émane du contact entre des langues et des habitudes différentes et le narrateur déplore que le replis sur des "identités nationales", en Orient et en Europe, entraîne la disparition de poches de multiculturalisme. Il y a de quoi, en effet, être déprimé.

     

    "La construction d'une identité européenne comme sympathique puzzle de nationalismes a effacé tout ce qui ne rentrait plus dans ses cases idéologiques. Adieu différence, adieu diversité."

     

    Je découvre Mathias Enard avec ce livre, nul doute que je reviendrai vers cet auteur.

     

    L'avis de Keisha.


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    Mademoiselle Caroline et Julie Dachez, La différence invisible, DelcourtJulie Dachez a été diagnostiquée autiste Asperger à 27 ans. Un diagnostique qui a changé sa vie, comme elle le raconte dans cette BD dont elle a écrit le scénario, car il lui a permis de donner du sens aux difficultés qui l'entravaient depuis longtemps : non, elle n'était pas folle. Cela lui a donné le courage de quitter un emploi qui ne lui convenait pas et de reprendre des études, d'ouvrir un blog sur l'autisme au féminin. Quant à moi j'ai découvert cette femme intéressante dans le supplément sciences et médecine du Monde du 5 septembre 2018 qui en a fait le portrait.

    Le syndrome d'Asperger est sous-diagnostiqué chez les femmes car ses signes s'expriment plus discrètement, leurs intérêts spécifiques sont plus acceptables socialement que ceux des hommes, elles camouflent mieux leurs difficultés et passent donc inaperçues.

     

     

    Cette BD qui présente le syndrome d'Asperger au féminin à travers l'histoire de Marguerite, double de Julie Dachez, est aussi un plaidoyer pour l'acceptation de la différence. Être Asperger, nous dit-elle, ce n'est pas être handicapée mais fonctionner et penser différemment. Prise en compte, cette différence peut être un atout et un enrichissement. Elle dédie sa BD à tous ceux qui sont "un pied de nez au diktat de la "normalité". (...) Votre différence ne fait pas partie du problème, mais de la solution. C'est un remède à notre société, malade de la normalité". C'est une conception des choses que je trouve très sympathique. Je fais le parallèle avec la série Sense 8 que je viens de visionner sur Netflix et qui partage la même philosophie.

     

     

    La partie graphique de la BD est assurée par Mademoiselle Caroline. Le dessin est simple, en noir et blanc avec du rouge pour faire ressortir tout ce qui fait souffrir Marguerite. La couleur commence à apparaître à partir du moment où le diagnostic d'Asperger est posé. C'est efficace.

     

    Mademoiselle Caroline et Julie Dachez, La différence invisible, Delcourt

     

    L'ouvrage se termine par un petit cahier explicatif sur l'autisme et le syndrome d'Asperger. La France y est présentée comme l'exemple à ne pas suivre. En France seuls 20 % des enfants autistes sont scolarisés contre 80 % dans les autres pays développés. Pour cela notre pays a déjà été condamné à deux reprises par le Conseil de l'Europe pour discrimination. Espérons qu'un travail comme celui-ci puisse faire bouger les choses.


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    David Grann, La note américaine, GlobeLes Osages sont une communauté indienne des Etats-Unis installés en Oklahoma après avoir été chassés au 19° siècle de leurs terres de Louisiane puis du Kansas. Dans le scandale de ces dépossessions je retrouve ce que j'avais lu dans La véritable histoire de l'Ouest américain comme les promesses jamais tenues ou l'acculturation forcée : les jeunes enfants sont retirés à leurs familles pour être envoyés dans des internats religieux où ils seront éduqués selon le mode de vie blanc.

     

     

    Au début du 20° siècle, les Osages sont assez habiles pour négocier à leur avantage la gestion des richesses minières qui pourraient se trouver sous leurs terres. Et il y a du pétrole. Chaque année la communauté alloue aux enchères l'exploitation des puits et bientôt les Osages vivent de leurs rentes, roulent en voitures de luxe et se font servir par des domestiques blancs. En même temps ils sont, comme tous les Indiens du pays, mis sous tutelle et l'Etat leur impose des curateurs pour gérer leur argent.

     

     

    En 1921, Anna Brown, une Osage de 34 ans, disparaît puis son corps est retrouvé : elle a été tuée par balle. Peu après une de ses soeurs meurt de maladie, une autre dans l'explosion de sa maison et sa mère est empoisonnée. D'autres membres de la communauté sont également victimes de morts violentes. On en compte 24 en 1925 et on qualifie cette période qui s'étale sur plusieurs années de Règne de la terreur. La police locale est corrompue et l'enquête piétine si bien que le dossier est confié au BOI (Bureau Of Investigation), devenu plus tard le FBI et dirigé par le jeune Edgar J. Hoover qui envoie sur place l'enquêteur Tom White.

     

     

    White découvre qui est le commanditaire des meurtres de la famille d'Anna Brown mais il lui faut encore lutter contre une corruption généralisée pour faire traduire en justice les responsables. Une justice entièrement aux mains des Blancs. Un Osage a résumé les choses ainsi : "Je me demande si ce jury considère qu'il s'agit bien ici de meurtres et non de maltraitance sur des animaux."

    Pour écrire cet ouvrage le journaliste David Grann a fouillé les archives mais il a aussi rencontré des descendants des victimes. Ses recherches l'ont amené à découvrir le scandale derrière le scandale : les meurtres documentés officiellement ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Je ne sais pas comment ce livre a été reçu aux Etats-Unis, il me semble que ça devrait choquer les citoyens. Moi, en tout cas, ça m'a choquée. Je pensais jusqu'à présent que l'esclavage était le péché sur lequel s'était construit ce pays, je m'aperçois que la façon dont les Indiens ont été traités donne aussi une bonne image du mal. David Grann a fait un travail admirable. Un bémol cependant concernant l'édition française qui est entachée d'erreurs de traduction trop fréquentes. Le texte est illustré de nombreuses photos d'époque mais certaines sont si sombres qu'elles sont à peine lisibles.

     

    L'avis d'Electra, celui de Keisha, celui de Yan.


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    Kent Haruf, Le chant des plaines, Robert LaffontA Holt, petite ville du Colorado perdue au milieu des Grandes plaines, vit Tom Guthrie. Professeur au lycée de la ville il élève seul ses fils de 9 et 10 ans depuis le départ de leur mère. Ike et Bobby sont deux petits garçons débrouillards et intelligents, frères inséparables. Ils livrent le journal à Mme Stearns, une vieille femme qui vit isolée dans son appartement encombré.

    Il y a aussi Victoria Roubideaux, lycéenne de 17 ans, enceinte et, pour cette raison, chassée par sa mère du domicile familial. Elle a d'abord trouvé refuge chez Maggie Jones, professeur au lycée.

    A l'occasion Tom donne un coup de main à la ferme des frères Harold et Raymond McPheron. Quand Maggie doit chercher un nouvel hébergement pour Victoria, elle demande à ces deux vieux célibataires de l'accueillir.

     

     

    Avis mitigé sur ce roman qui présente une tranche de vie dans l'Amérique rurale. Le style est plat et très descriptif de nombreux petits détails. Il m'a fallu une centaine de pages pour m'y faire et pouvoir apprécier le récit sans voir d'abord la façon dont il était écrit. Après cela se lit plutôt facilement car les personnages principaux sont des gens bien. Parmi tous ces personnages positifs je me suis plus particulièrement attachée à Ike et Bobby, du fait de leur jeune âge. Le principal intérêt que j'ai trouvé à cette lecture c'est la description de la vie dans cette Amérique profonde. Cela correspond à ce que j'ai pu voir au cinéma : les gamins qui livrent le journal avant l'école, les soirées au pub local, les lycéens qui conduisent leur voiture et se donnent rendez-vous dans des maisons abandonnées.

     

    L'avis d'Electra.


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    Jacques Portes, La véritable histoire de l'Ouest américain, EkhoAprès avoir lu Faillir être flingué, j'ai voulu en savoir plus sur la conquête de l'Ouest américain. Heureuse coïncidence : je suis tombée sur cet ouvrage en librairie. L'histoire relatée ici court de la préhistoire à nos jours mais la plus longue partie concerne la conquête, qu'il serait plus juste de nommer colonisation, de l'Ouest.

     

     

    Ce que j'ai particulièrement retenu :

    Au 19° siècle des socialistes utopiques fondent des communautés où ils mettent en application leurs idées. Il y a New Harmony de Robert Owen, dans l'Indiana; le phalanstère de la Réunion, au Texas, par Victor Considérant ou les Icaries d'Etienne Cabet. Ca me rappelle une nouvelle de Boris Akounine. Quand je l'ai lue j'ai cru que c'était une invention de romancier. Mais non.

     

     

    La vie aventureuse de William Cody, alias Buffalo Bill, apprenti convoyeur à travers le continent dès l'âge de 13 ans. Plus tard son spectacle le Wild West Show "a attiré pendant trente ans en Amérique comme en Europe, trente millions de spectateurs ce qu'aucun autre spectacle n'a jamais égalé". Il a posé les bases du genre cinématographique du western et contribué à forger le mythe de l'Ouest. Ce que je lis ici me donne envie d'en savoir plus sur le personnage auquel Jacques Portes a consacré un ouvrage -ça tombe bien.

     

     

    Enfin, l'extermination des Indiens est à pleurer. Certaines étapes de cette extermination ont toutes les caractéristiques d'un génocide. Il y a les massacres de masse comme à Wounded Knee en 1890 et une photo montre des soldats posant devant une fosse commune remplie de leurs victimes. Il y a des marches de la mort comme lorsque les Cherokees sont contraints de quitter leurs terres en 1838 et s'engagent sur le "sentier des larmes" où 4000 meurent. Il y a la déportation vers les terres inhospitalières choisies comme réserves. J'avais lu autrefois Enterre mon coeur à Wounded Knee. J'en ai très peu de souvenirs si ce n'est qu'à l'époque j'avais été, comme aujourd'hui, choquée par le comportement des autorités américaines et les innombrables reniements de leurs engagements. Sur ce sujet aussi j'ai envie d'approfondir.

     

     

    J'ai donc apprécié la lecture de cet ouvrage que j'ai trouvé à la fois complet et accessible et qui est enrichi de photos qui illustrent le propos. Il y a une bibliographie à la fin qui me donne des idées et des envies de lectures complémentaires.


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    Céline Minard, Faillir être flingué, Rivages pocheAu début du roman différents personnages traversent les Grandes plaines américaines. Il y a les deux frères Jeffrey et Brad qui transportent dans leur chariot leur vieille mère mourante. Ils sont accompagnés de Josh, le fils de Brad.Il y a Zébulon qui a volé à Elie le cheval que ce dernier avait volé à Bird. Il y a une Indienne chamane, Eau-qui-court-sur-la-plaine, qui fait le lien entre eux. Le lecteur découvre les personnages sans présentation préalable. On apprend petit à petit qui ils sont et ce qui les a menés là. Du coup il m'a fallu un peu de temps pour arriver à repérer qui était qui et avant ça j'ai eu tendance à confondre les personnages ce qui m'a un peu agacée. Cette première partie dure une centaine de pages (sur 300). A l'issue ça y est, les repères sont posés.

    Après leur traversée des plaines, les personnage se trouvent dans une ville en construction où ils s'installent. Ils font connaissance, apprennent à s'apprécier, montent leur activité et construisent une petite société d'où les méchants sont bannis.

     

     

     

    Qu'est-ce que c'est que ce roman ?

    Une sorte de western où "le mythe de l'Ouest américain est revisité" nous dit l'éditeur en quatrième de couverture. Et oui, c'est bien ça mais on reste dans le mythe, ce qui m'a amenée à m'interroger sur ce qu'avait vraiment été cette conquête de l'Ouest.

    Une ode à la nature sauvage au contact de laquelle les protagonistes sont transformés. En même temps, en filigrane, apparaissent les prémices de la destruction de cet environnement. Le constructeur d'un établissement de bains organise l'évacuation des eaux usées vers la rivière voisine; l'agriculteur s'accapare tout l'espace qu'il a pu parcourir en une journée, défriche la plaine et abat un ours qui s'était aventuré trop près de sa ferme; le médecin empoisonne tout un village indien en vaccinant ses habitants avec un vaccin périmé.

    Une écriture travaillée, je le vois, et où je trouve des accents poétiques, mais j'ai toujours préféré un style plus classique.

    Pour toutes ces raisons c'est une lecture qui m'a déconcertée et qui me laisse sur un avis mitigé.

     

     


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