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    Nathan Davidoff, Journal de Nathan Davidoff, Gingko éditeurLe Juif qui voulait sauver le Tsar

    Nathan Davidoff (1880-1977) était un riche entrepreneur juif originaire de Boukhara, en Asie centrale (dans l'empire russe à sa naissance). A 14 ans Nathan intègre l'entreprise familiale de commerce de tissu, fondée par son grand-père et dirigée par son père et ses oncles. Il fait rapidement prospérer l'affaire. Il est responsable d'un magasin à 15 ans, directeur d'une carderie de coton à 16. Il n'a pas 25 ans quand, estimant que ses qualités ne sont pas reconnues à leur juste valeur, il quitte l'entreprise familiale pour se mettre à son compte. Il se lance alors dans la concentration horizontale (achat de plusieurs carderies) et verticale (achat de terrains pour y faire pratiquer la culture du coton) puis il diversifie ses activités avec l'achat d'une mine de de charbon, d'une scierie... Je suis fascinée par cette boulimie d'entreprendre tous azimuts.

     

     

    Si Nathan aime gagner de l'argent il considère aussi que celui-ci doit être dépensé. Il n'est pas un patron chiche. Il finance des oeuvres sociales, forme et loge ses employés méritants, prête à ses concurrents en difficulté. Il se constitue ainsi un réseau d'obligés, utile en affaires et qui lui sauva sans doute la vie lors des révolutions de 1917. Il est à Moscou au moment du coup d'Etat des bolchéviques et raconte quelques anecdotes qui montrent à quel point c'était la pagaille. Ceci dit, pendant la révolution, les affaires continuent. Nathan se lance dans la production de bois et de savon.

    Nathan Davidoff a quitté l'URSS en 1923 pour Paris. En 1972 il s'installe en Israël où il finit sa vie.

     

     

    Le Journal de Nathan Davidoff n'est pas un journal mais des mémoires, sans doutes rédigées entre 1917 et 1923 et découvertes par la famille après sa mort. Le manuscrit comptait 1300 pages. Benjamin Ben David qui en a assuré la traduction du russe et la présentation est le petit-fils de Nathan. Il est aussi l'auteur de la postface qui replace le "Journal" dans son contexte et explique les conditions d'enrichissement d'une frange des Juifs-boukhariotes à la fin du 19° siècle.

    Contrairement à ce que prétend la quatrième de couverture, on n'apprend pas grand chose sur la communauté juive de Boukhara. J'ai cependant trouvé intéressant ce personnage de capitaine d'industrie, sorte de génie des affaires et qui a vu changer son monde.


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    Patrick Deville, Taba-Taba, SeuilA la mort de sa tante Monne, Patrick Deville récupère les archives familiales qui lui sont prétexte pour voyager à travers la France sur les traces de sa branche paternelle, depuis ses arrières-grands-parents, au 19° siècle. C'est l'occasion pour nous raconter la petite et la plus grande histoire de France auxquelles il adjoint des éléments autobiographiques, plus que dans ses précédents ouvrages. Il s'y présente en petit garçon précoce, hypermnésique et qui a tenté d'en finir avec la vie à l'âge de 8 ans. Il dévoile sa rencontre amoureuse avec Véronique Yersin, survenue après la parution de Peste et choléra.

     

     

    Comme à son habitude, c'est à un voyage vagabond que nous invite l'auteur : au verso d'une coupure de journal conservée depuis 1914, il lit dans la rubrique des faits divers une histoire de suicide par amour et décide de se rendre au café situé aujourd'hui à l'adresse indiquée, pour y boire "aux belles amours mortes".

    Durant la réalisation de son projet (qui se déroule pendant l'année 2015), il s'interrompt pour des séjours en Amérique du sud, en Afrique ou en Asie.

     

     

     

    Ses pérégrinations à travers la France sont aussi l'occasion pour Patrick Deville de nous parler de la situation contemporaine. Il est beaucoup question de l'attentat contre Charlie-Hebdo. Passant dans la Meuse il fait le parallèle entre les terres polluées au plomb et au mercure par les munitions de la première guerre mondiale et l'enfouissement des déchets radioactifs : "Dans ce concours de longue durée qui semblait une farce, Electricité de France prévoyait de démanteler dans un siècle son parc nucléaire et d'en enfouir les déchets, dont la durée de radioactivité atteignait pour certains le million d'années, tout au sud de ce département de la Meuse, sous le village de Bure, au long de trois cents kilomètres de galeries creusées à cinq cents mètres de profondeur. Sur les conteneurs serait bien précisée, dans tous les calendriers connus, la date avant laquelle il était préférable de ne pas les ouvrir, et le texte de ces étiquette serait sans doute traduit en arabe et en chinois, peut-être en swahili et en zapotèque, parce que l'avenir souvent est capricieux."

     

     

    J'ai beaucoup aimé cette lecture, l'écriture à laquelle je trouve des accents poétiques et tout le projet qui m'apparaît comme une performance artistique complète, pas seulement littéraire.


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    Jean-François Parot, Le prince de Cochinchine, JC LattèsParis, 1787. Pierre Pigneau de Behaine, évêque d'Adran, est de retour en France après un long séjour en Cochinchine. Il est mandaté par le roi de ce pays pour signer un traité avec Louis 16. En signe d'alliance il est accompagné du prince héritier Canh, son filleul, et chargé du sceau royal. Nicolas le Floch a plaisir à retrouver l'évêque, ami de jeunesse et ancien compagnon d'études.

     

     

    Le cadre historique est la situation financière et politique difficile de la France. Il est question de plus en plus de convoquer les Etats-généraux :

    "-Je n'entends ça et là que bruissements confus qui prônent le changement, la réforme, les Etats-généraux et pourquoi pas, pour certains revenus d'Amérique, la république.

    -Vous exagérez, mon ami, il est improbable qu'on en vienne à une telle fâcheuse extrémité."

    Dans ce contexte troublé, notre héros doit déjouer un complot dans lequel il semblerait que trempent des membres de la suite de Pigneau de Behaine.

     

     

    J'ai apprécié cette lecture. J'ai trouvé les tenants et les aboutissants du complot parfois un peu confus mais ce qui me plaît le mieux c'est la description de l'ambiance de cette France d'avant la Révolution. Fils de noble mais élevé avec le peuple, Nicolas souhaite la réforme tout en se demandant si la corruption n'a pas trop gagné pour qu'il soit encore possible d'agir et en restant très attaché à la monarchie et à la personne du roi. Avec ça on peut comprendre que la situation de la France le rende un peu morose. Quant à moi j'attends avec impatience de voir comment l'auteur fera évoluer ses personnages dans cette Révolution qui ne devrait pas tarder à éclater.


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    Sara Lövestam, En route vers toi, Actes sudHanna est une jeune femme qui, après une enfance morne avec une mère qui la dépréciait, vit une relation de couple morne avec un type qui la déprécie et occupe un emploi morne au Pôle emploi local où elle déprécie les usagers. Un jour, de façon un peu fantastique, elle entre en possession de quatre objets datant du début du 20° siècle : une broche, une règle en bois, une paire de lunettes et d'élégantes bottines. Ces objets vont changer sa vie. Hanna se sent habitée par la mémoire de leur propriétaire originelle et mène l'enquête pour découvrir qui elle était et quelle était son histoire.

     

     

     

     

     

    En 1906, Signe, institutrice dans la petite ville de Tierp, est choquée par la décision du gouvernement suédois de payer moins les maîtresses d'école que les maîtres. Elle devient une activiste dans la lutte pour le droit de vote des femmes. Elle fait la connaissance d'Anna avec qui elle va vivre une histoire d'amour qui va bouleverser sa vie.

     

     

     

     

     

    Deux femmes à cent ans d'intervalle. Avec l'histoire de Signe nous découvrons la longue lutte des femmes suédoises pour obtenir le droit de vote, leurs liens avec les suffragettes britanniques.

     

    Sara Lövestam construit son roman comme un thriller, en alternant un chapitre de l'enquête d'Hanna et un chapitre de la vie de Signe. Cela crée du suspense sur un sujet qui, à priori, n'en contenait pas. J'ai apprécié cette lecture, j'ai apprécié de voir Hanna s'affirmer peu à peu et reprendre le contrôle sur sa vie.

     

    Avec En route vers toi, j'ai achevé la lecture des ouvrages de Sara Lövestam traduits en français. Me reste plus qu'à attendre que d'autres le soient.

     

    L'avis de Miss Charity.

     


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    Ken Alder, Mesurer le monde, FlammarionL'incroyable histoire de l'invention du mètre.

    En 1790, au début de la Révolution française, l'Assemblée nationale a autorisé l'académie des sciences à uniformiser les poids et mesures. En effet, on estime qu'à l'époque, derrière quelques 800 appellations différentes, la France comptait 250 000 unités de poids et mesures. La toise, par exemple, a une longueur différente selon les régions. A certains endroits elle a aussi une longueur différente selon qu'on vend ou qu'on achète, ce qui permet de faire du bénéfice sans modifier le prix. Les cahiers de doléances demandaient cette uniformisation.

     

     

    Inspirés par les idées des Lumières, les révolutionnaires ont proclamé l'universalité des droits pour tous les peuples, ils veulent maintenant proclamer l'universalité des poids et mesures. Ce projet n'autorise donc pas d'étendre à toute la France les mesures de Paris, comme certains le proposent. Il faut une base de calcul qui puisse convenir à la terre entière. Ce sera la terre elle-même : un mètre représente (à peu près) le dix millionième de la distance qui sépare le pôle nord de l'Equateur. La tâche de mesurer le méridien de Paris de Dunkerque à Barcelone est revenue à deux astronomes, Delambre et Méchain. Leur mission a duré sept ans.

     

     

    Ken Alder, professeur d'histoire américain, nous présente ici cette aventure. Je découvre avec cet ouvrage la collection Libres champs de Flammarion qui se propose de présenter des événements historiques à la manière d'un roman. Le résultat ici est passionnant. On suit les péripéties du travail de Delambre et Méchain en pleine Révolution. Ils ont parfois été soupçonnés d'être des espions à la solde de monarchies étrangères et menacés. On découvre les difficultés et le temps qu'il a fallu, une fois les calculs terminés, pour imposer un système métrique qui n'était pas seulement une nouvelle façon de mesurer mais parfois une nouvelle façon de penser. Il y a aussi des explications sur la méthode de triangulation utilisée pour mesurer le méridien.

     

     

    Ken Alder s'est appuyé sur de nombreuses sources. Aux archives de l'observatoire de Paris il a découvert l'existence d'une erreur de calcul au début du projet. En 2000 il a suivi, à bicyclette, l'itinéraire de Delambre et Méchain à travers la France.


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    Paula, née sans jambes, a été abandonnée à la naissance. A 28 ans c'est une jeune femme volontaire qui ne supporte pas qu'on la traite avec commisération. Elle est professeure à l'université, doctorante et assez solitaire. Elle fait la connaissance de Martin qui fantasme sur les femmes amputées et qui a le coup de foudre pour elle. Mais Paula reste très circonspecte : le fantasme de Martin l'inquiète un peu et elle n'a jamais eu de relation amoureuse. Et puis il y a aussi Léo, la meilleure amie de Martin, une lesbienne grande gueule et qui met volontiers les pieds dans le plat. Léo hérisse Paula dès leur première rencontre.

     

     

    A partir d'un point de départ un peu risqué (cet attrait pour les femmes amputées), Sara Lövestam construit une charmante histoire d'amour, pas exactement celle que j'attendais. C'est son talent de surprendre le lecteur car, tout au long du roman, elle sème de faux indices qui font croire que... alors que finalement, non ou pas tout à fait. Elle m'avait baladée comme ça aussi dans Chacun sa vérité.

     

     

    Autour de Paula, Martin et Léo, il y a de nombreux personnages secondaires. Certains ne passent que très rapidement dans le récit mais on a droit à un petit détail qui les rend vivants. Encore un roman de Sara Lövestam qui traite de l'acceptation de la différence et que j'ai apprécié.


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    Sara Lövestam, Ca ne coûte rien de demander, Robert LaffontJe retrouve avec grand plaisir Kouplan, détective sans papiers à Stockholm. Cette fois-ci il est à la recherche d'une arnaqueuse, mythomane de talent qui a escroqué 200 000 couronnes à une conseillère municipale aux dents longues.

     

     

    Dans ce deuxième épisode Sara Lövestam développe plus à fond les difficultés de la vie d'un étranger clandestin. C'est ça le vrai sujet du roman, plus que l'enquête qui est surtout un prétexte. Âgé de 25 ans, Kouplan a quitté l'Iran à 19 ans, après la disparition de son frère. Depuis il est sans aucune nouvelle de sa famille, ce qui l'angoisse. En Suède, il vit dans la crainte permanente d'être arrêté. Un souci de santé prend vite des proportions énormes : où trouver un médecin qui ne l'interroge pas sur son identité ? Il est obligé de mentir ou de dissimuler qui il est, ce qui dresse un obstacle au développement de relations durables d'amitié. Notre héros est un personnage solitaire. Toutes ces difficultés sont renforcées par le fait que Kouplan est trans et j'ai été émue par la situation de ce garçon courageux.

     

     

    Sara Lövestam est professeure de suédois langue étrangère, elle travaille avec des immigrés et elle s'est appuyée sur ce qu'elle sait de ses élèves et de leur vie pour écrire cet ouvrage, bien documenté sur ce sujet. Par ailleurs elle propose une analyse psychologique fine de ses personnages, elle a le souci de montrer ce qui peut expliquer leurs agissements, même quand ils ne sont pas très sympathiques à priori. J'apprécie tout cela et j'attends avec impatience la sortie en français du troisième épisode de cette série (quatre sont prévus).

     

     

    Je termine par un passage de la chronique de Paul B. Preciado parue dans Libération du 24-25 février 2018. Lui aussi fait le lien entre migrant et trans : "Pour un migrant ou pour un trans, le succès du voyage dépend de la générosité avec laquelle les autres vous accueillent et vous soutiennent, sans penser constamment "voici un étranger" ou "je sais que vous êtes réellement une femme", mais en voyant notre singularité de corps vulnérable à la recherche d'un autre endroit où la vie pourrait prendre racine".

     

    Une interview de Sara Lövestam sur le blog Baz-art.


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    Hannelore Cayre, La daronne, MétailliéPatience Portefeux est traductrice français-arabe pour le ministère de la justice. Au tribunal pour les prévenus qui ne parlent pas le français, au commissariat lors des interrogatoires mais de plus en plus souvent pour la traduction des écoutes téléphoniques de petits dealers. C'est par ce biais qu'elle entre en possession d'une grande quantité de cannabis qu'elle va s'employer à vendre. Pour ses clients, elle devient alors La daronne.

     

     

    J'ai beaucoup apprécié ce réjouissant policier et son personnage amoral. Patience est bien placée pour connaître les arrangements avec la loi de la police et de la justice et elle s'en donne à coeur joie pour rouler un employeur qui la fait travailler au noir :

    "C'est d'ailleurs assez effrayant quand on y pense, que les traducteurs sur lesquels repose la sécurité nationale, ceux-là même qui traduisent en direct les complots fomentés par les islamistes de cave et de garage, soient des travailleurs clandestins sans sécu ni retraite. Franchement, comme incorruptibilité on fait mieux, non ?"

     

     

    Hannelore Cayre est avocate pénaliste et elle aussi est bien placée pour connaître ce dont elle traite. C'est donc un ouvrage qui a la saveur du vécu, très crédible. Par ailleurs elle porte un regard très critique sur la société française et ses travers. Il est notamment question des conditions de fin de vie des personnes âgées dans des EHPAD qui ressemblent à des mouroirs faute de personnel mais aussi du peu de perspectives laissées aux jeunes, particulièrement quand ils sont issus de l'immigration :

    "Malgré tous ses efforts, à la sortie des études, il avait pris en pleine face le Grand Mensonge français. La méritocratie scolaire -opium du peuple dans un pays où on n'embauche plus personne, encore moins un Arabe- ne lui apporterait pas les moyens de financer ses rêves".

    La critique est mordante, l'humour caustique et c'est très bien écrit : je me suis régalée.

     

     

    L'avis d'Hélène, celui d'Henri.

    Une interview de l'auteure par le JDD.

     


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    Sara Lövestam, Dans les eaux profondes, Actes sudMalte est un petit garçon de cinq ans qui vit dans un foyer perturbé : maman et son compagnon, Ove, se disputent souvent. Ove frappe maman et après elle boit. Quand elle a bu, elle s'endort. A la maison le ménage est rarement fait. Des vêtements, des emballages, des cadavres de bouteilles traînent partout. Mais maman a prévenu Malte : il ne doit jamais parler à la crèche de ce qui se passe à la maison. Sinon on viendra le prendre et ils seront séparés.

     

     

    A la crèche, Malte est un enfant silencieux et bagarreur. Autour de la crèche tourne Roger qui entre en contact avec Malte puis avec sa mère à qui il propose de garder le petit à l'occasion, pour la décharger. En face de la crèche vit le Témoin qui sort rarement de chez lui mais observe tout depuis sa fenêtre. Les agissements de Roger ne lui échappent pas et lui rappellent de mauvais souvenirs.

     

     

    Il est question dans ce roman de prédateurs pédophiles, un sujet difficile mené avec délicatesse. L'histoire est racontée à hauteur d'enfant mais l'auteure nous fait partager aussi le point de vue des adultes. Ceux qui ne voient pas ce qui se passe sous leurs yeux, ceux qui voient et se demandent ce qu'ils doivent faire.
    Je retrouve le thème cher à Sara Lövestam de l'acceptation de la différence à travers un personnage transgenre : "J'aimerais que quand on me regarde, on voie un être humain, j'aimerais inspirer la curiosité ou le désintérêt en raison de mes connaissances ou de ma personnalité. Mais les gens que je rencontre se disent tous : Est-ce que c'est un homme ou une femme ?"

    J'ai apprécié cette lecture.


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    Sara Lövestam, Chacun sa vérité, Pocket"Si la police ne peut rien pour vous, n'hésitez pas à faire appel à moi".

    Kouplan, jeune réfugié iranien en Suède, sans papiers, propose ses services sur internet comme détective privé. Il est contacté par Pernilla dont la fille Julia, six ans, a été enlevée il y a près d'une semaine. Pernilla n'a pas alerté la police. Tout comme Kouplan, elle ne tient manifestement pas à ce que les autorités s'intéressent à elle. Pourquoi ? En tant que clandestin, en tout cas, Kouplan a des contacts parmi les gens qui se cachent. Il va les activer pour retrouver Julia et découvrir des agissements pas bien sympathiques.

     

     

    J'ai beaucoup apprécié ce très bon policier que je pourrais qualifier de thriller psychologique. Ici, pas de tueur psychopathe mais des truands de base qui trempent dans la traite des femmes. Cela n'empêche pas qu'il y ait du suspense, qui repose sur les secrets des personnages. Sara Lövestam affectionne les gens différents, qui n'ont pas les bons papiers : étranger, fou, queer. Elle les décrit avec bienveillance, avant tout comme des êtres humains, ce que je trouve très plaisant.

     

     

    Le dénouement est plutôt inattendu, bien amené, crédible et moralement satisfaisant. C'est une lecture positive, qui m'a fait du bien et qui m'a donné envie d'explorer plus avant l'oeuvre de cette auteure que je ne connaissais pas.

     

     

     


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