• Yôko Ogawa, Le petit joueur d'échecs, Babel

     

    Un petit garçon solitaire dort dans un lit clos construit par son grand-père et converse avec ses amies imaginaires : Indira et Miira. Indira, une éléphante, et Miira, une petite fille, ont existé toutes les deux mais elles sont mortes maintenant, coincées en un lieu qu'elles ne pouvaient plus quitter du fait d'avoir trop grandi. Le petit garçon fait la connaissance du maître qui lui enseigne les échecs. Le maître est obèse et vit dans un autobus qu'il ne peut bientôt plus quitter du fait de son embonpoint. Après sa mort le petit garçon décide de ne plus grandir et consacre son existence à jouer aux échecs.

     

     

    Parties d'échecs à l'aveugle, sur un échiquier géant avec les pièces jouées par des personnes, par correspondance, avec dix adversaires simultanément, je crois bien que toutes les façons de jouer sont envisagées dans ce roman. Il est question de parties qui sont des poèmes et de la transcription de parties qui serait elle-même un art capable d'en faire apparaître la poésie. Il y a un côté onirique ou merveilleux dans cette histoire. Je dois maintenant dire que je n'ai pas adhéré à tout cela. Quelqu'un qui connaît les échecs s'y retrouverait plus sans doute. Quant à moi j'ai trouvé les descriptions de parties fastidieuses et la lecture parfois ennuyeuse. J'ai cherché quelque chose pour raccrocher mon intérêt mais cela m'a manqué. J'en suis désolée car c'était une lecture commune organisée par Eva et Patrice en mémoire de Goran.

     


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  • Herbjørg Wassmo, Le testament de Dina, Gaïa Au moment de sa mort Dina a fait promettre à Karna, sa petite fille, de révéler son secret le jour de ses obsèques : dans sa vie Dina a tué deux hommes. Après avoir accompli sa mission face à toute la communauté, Karna entre dans une sorte de folie. Elle ne parle plus et a des hallucinations. Anna, la femme de son père, décide d'emmener Karna à Copenhague pour l'y faire hospitaliser -la famille vit dans le nord de la Norvège, nous sommes en 1890. Ce voyage permet aussi à Anna de s'éloigner un temps de son mari, Benjamin, dont elle vient d'apprendre l'infidélité. A Copenhague Anna goûte sa liberté et fait la connaissance du médecin psychiatre Joakim Klim qui lui fait forte impression.

     

     

     

    Le roman présente alternativement l'histoire et le point de vue de différents personnages. J'apprécie particulièrement celui d'Anna qui s'émancipe malgré ce que l'époque attend des femmes de la bourgeoisie. Benjamin et Joakim la soutiennent de leur mieux même si son comportement et ses choix les bousculent. Je trouve intéressante aussi la façon dont l'autrice tente de se mettre dans la tête de Karna pour nous faire comprendre comment elle pense. Son emmurement en elle-même est bien rendu. Il y a aussi Peder, l'amoureux de Karna, un jeune homme volontaire confronté à la violence de son frère.

     

     

    J'avais lu il y a déjà un bout de temps Le livre de Dina que j'avais fort apprécié. Le testament de Dina en est une suite. Il semble qu'il y ait entre les deux une histoire de Benjamin. Néanmoins on peut lire le présent roman sans avoir lu les précédents : on retrouve les mêmes personnages mais l'histoire est distincte. J'ai beaucoup apprécié cette lecture. L'autrice donne une analyse psychologique approfondie de ses personnages, qui permet au lecteur de comprendre leurs actes. Le regard porté sur eux est bienveillant même si les péripéties sont parfois douloureuses. C'est de plus fort bien écrit.

     

    Je remercie Ingannmic qui m'a incitée à le lire.

     

    Je participe au défi Voix d'autrices, catégorie Un roman d'une autrice que vous appréciez.

    Avec 557 pages c'est aussi ma troisième et dernière participation au défi Pavé de l'été de Brize.

     

    Herbjørg Wassmo, Le testament de Dina, Gaïa

     

     

     


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  • Riad Sattouf, Les cahiers d'Esther, Histoires de mes 15 ans, Allary éditionsEsther entre en 3° et elle attend beaucoup de cette dernière année de collège. Mais voilà que ses projets d'adolescente sont contrecarrés par la pandémie de covid 19 et le premier confinement. J'ai beaucoup apprécié de lire cette histoire d'une famille parisienne lambda, où les relations sont plutôt faciles, sur cette période hors du temps qu'a été pour moi le premier confinement. Ca m'a rappelé des souvenirs. Je trouve le personnage d'Esther bien sympathique dans ses relations avec sa famille, ses amis et le regard qu'elle porte sur le monde. J'aime bien le dessin de Riad Sattouf, majoritairement en noir et blanc avec des fonds de couleur.

     

     

    Riad Sattouf, Les cahiers d'Esther, Histoires de mes 15 ans, Allary éditions

     


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  • Andrea H. Japp, Le fléau de Dieu, J'ai luLa malédiction de Gabrielle. Entrée en France par Marseille fin 1347, la peste arrive à Paris à l'été 1348. C'est là que vit Gabrielle d'Aurillay, une jeune mariée qui se pose de plus en plus de questions sur ce que lui cache son mari. Heureusement Gabrielle peut compter sur le secours et le soutien d'Adeline Musard, sa matrone (sage-femme).

     

     

    Andrea H. Japp nous présente l'horreur d'une épidémie mortelle au Moyen-âge et contre laquelle on n'avait pas de traitement efficace. Pendant que les pauvres sont confinés de force chez eux -si besoin en murant les maisons- et que les malades sont laissés à mourir sans soins, ceux qui en ont les moyens fuient vers d'autres lieux encore épargnés mais où ils sont susceptibles d'apporter la maladie. Dans ce cadre historique l'autrice place une histoire de mystérieux diptyque en bois peint pour lequel certains sont prêts à tuer. Nous assistons aussi à l'émancipation de Gabrielle. Je trouve très sympathique la relation de solidarité féminine et d'amitié qui naît entre elle et Adeline.

     

     

    Cet ouvrage est le tome un de deux et une bonne partie est consacrée à la présentation des personnages que je trouve un peu longue avant qu'il commence à se passer quelque chose. A la fin cela commence à bouger et j'ai envie de connaître la suite. Ce qui ralentit le rythme aussi c'est le fait que l'autrice fasse faire de réguliers points historiques à ses personnages. Ainsi la reine Jeanne explique à sa suivante Catherine de Soulay les causes de la défaite de Crécy, deux ans plus tôt. J'imagine qu'elle doit être au courant depuis le temps. Ce procédé me paraît d'autant plus superflu que le roman est suivi d'une annexe historique. Il y a aussi de trop nombreuses notes de bas de page pour expliquer un vocabulaire qui se comprend souvent par le contexte. Au final c'est cependant une lecture que j'ai appréciée et lue sans déplaisir.

     

    L'avis de ALittleBit.

    Je participe au défi Voix d'autrices, catégorie Un roman historique.

     

    Andrea H. Japp, Le fléau de Dieu, J'ai lu

     


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  • Mo Hayder, Pig island, Presses de la citéMo Hayder est morte le 27 juillet 2021. De son vrai nom Clare Dunkel, cette écrivaine britannique était né en 1962. Elle était l'autrice de dix romans policiers glaçants.

     

    Mo Hayder, Pig island, Presses de la citéPig island. Le journaliste Joe Oakes est invité sur la petite île de Cuagach Eilean, surnommée Pig island, par ses habitants, membres de la secte du Ministère de la cure psychogénique. Depuis deux ans en effet l'île et la secte sont dans le collimateur : une vidéo filmée par des touristes a circulé sur les réseaux sociaux montrant le "diable de Pig island", une créature d'aspect humain, mesurant environ un mètre quatre-vingt et dotée d'une longue queue. Joe pense que son invitation pourrait être liée à cette apparition. Il est en effet connu comme un spécialiste des démystifications. Il a commencé sa carrière vingt ans plus tôt en s'opposant à Malachi Dove, fondateur de la secte. Aujourd'hui Dove semble avoir disparu et Joe aimerait bien savoir ce qu'il est devenu.

     

     

    Ca démarre un peu lentement ensuite c'est une histoire horrible avec des animaux découpés en morceaux et des meurtres en nombre. La narration fait aussi intervenir Lexie, épouse de Joe, femme perturbée qui prend ses désirs pour des réalités et adopte en conséquence un comportement pas toujours adapté. Avec tout ça la lecture avance vite parce que j'ai envie de connaître le fin mot de l'histoire. J'avais imaginé deux ou trois choses avant qu'elles soient révélées. Ceci dit ce n'est pas le genre d'ouvrage dont je ferais mon ordinaire parce que c'est surtout bien noir et qu'il n'y a guère de personnage sympathique.

     

    Je participe au défi Voix d'autrices, catégorie Un roman policier.

    Mo Hayder, Pig island, Presses de la cité

     

     


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  • Jean-Baptiste Malet, L'empire de l'or rouge

     

    Enquête mondiale sur la tomate d'industrie. La tomate d'industrie est une tomate hybride de forme oblongue. Elle contient moins d'eau qu'une tomate "classique" et sa peau est épaisse : elle n'éclate pas même si elle est jetée au sol. Ainsi elle résiste à la récolte mécanique et arrive entière à l'usine où elle est transformée en concentré de tomates. Ce concentré permet ensuite la fabrication de tous les produits industriels agro-alimentaires à base de tomates : sauce, ketchup, soupe, pizzas... Jean-Baptiste Malet a voyagé en Chine, aux Etats-Unis, en Italie et en Afrique sur les lieux de production, de transformation et de consommation des tomates d'industrie. Il y a découvert une filière opaque et très lucrative, un modèle en ce qui concerne les méfaits de la mondialisation, à vous dégoûter de manger des aliments industriels à base de tomates.

     

     

    En Chine : La Chine est le deuxième producteur mondial de tomates d'industrie. Les tomates sont cultivées majoritairement au Xinjiang (la région du Nord-ouest de la Chine où vivent les Ouïgours) puis transformées en concentré de tomates après récolte. La Chine est le premier exportateur mondial de concentré de tomates. Les Chinois mangent peu de tomates. Au Xinjiang la récolte n'est pas mécanisée. Elle est faite à la main par des employés sous-payés, voire par des prisonniers du laogaï, le goulag chinois.

     

    Aux Etats-Unis : Fondée à la fin de 19° siècle à Pittsburg, la Heinz Company a été une des premières entreprises à produire à la chaîne de façon automatisée, avant même les usines Ford. L'auteur nous la présente comme le "berceau mondial de l'agro-industrie". Pour fabriquer son fameux ketchup Heinz utilise des tomates cultivées en Californie mais de plus en plus du concentré chinois. Aujourd'hui Heinz est le premier acheteur de concentré au monde.

     

    En Italie : L'Italie est devenue une productrice majeure de tomates d'industrie pendant la période fasciste. Dans le Sud du pays elles sont récoltées par des immigrés clandestins surexploités et une partie de la production est aux mains de la mafia. Aujourd'hui les entreprises du pays importent surtout beaucoup de concentré chinois. On y ajoute de l'eau, du sel, et voilà du coulis "fabriqué en Italie". Quand les produits transformés sont exportés ensuite hors de l'Union européenne il n'y a même pas de droits de douane à payer.

     

    En Afrique : L'Afrique est une grosse consommatrice de concentré de tomates dont les trois quarts viennent directement de Chine (le reste vient d'Italie mais on a vu précédemment d'où vient le concentré italien...). Pour des entreprises chinoises peu regardantes, l'Afrique est la destination où écouler les lots de concentré trop vieux. Parfois il est même devenu noir. On y ajoute alors eau, amidon, dextrose, colorant rouge et en boîtes ! Sur l'étiquette : "Ingrédients : tomates, sel".

     

    Et en France ? Si la provenance des tomates (et non pas du produit fini) n'est pas indiquée, alors il y a fort à parier que le concentré vienne de Chine, surtout si c'est du premier prix.

     

     

    Ce n'est pas toujours très ragoûtant ce que l'on lit là mais c'est instructif et utile. Jean-Baptiste Malet présente ses pérégrinations à travers le monde de manière vivante, il aborde tous les aspects de son sujet: historiques, géographiques, économiques, politiques. J'ai apprécié cette lecture qui m'a confirmé qu'il fallait éviter de manger des aliments en provenance de Chine, éviter de manger des aliments transformés par l'industrie agro-alimentaire, quand on le fait éviter le premier prix.

     


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  • Hubert  et Zanzim, Peau d'homme, Glénat Bianca est une jeune femme de 18 ans qui va épouser Giovanni dans une semaine, comme leurs pères viennent d'en décider. Bianca est prête à obéir à ses parents mais elle regrette de ne pas connaître son fiancé. Elle s'en ouvre à sa marraine qui lui révèle un secret : les femmes de la famille se transmettent une peau d'homme. "Une fois la peau revêtue, nul ne pourra se douter que tu n'es pas un garçon. Ainsi tu pourras voyager incognito dans le monde des hommes". Grâce à ce stratagème Bianca va faire la connaissance de Giovanni sous l'apparence de Lorenzo et se lier avec lui. Ce qu'elle découvre va bouleverser sa vie.

     

    Hubert  et Zanzim, Peau d'homme, Glénat

     

    Dans un décor qui est celui de la Renaissance italienne, cette plaisante bande dessinée dénonce la domination patriarcale qui opprime les femmes et les personnes homosexuelles. La situation se dégrade encore plus quand un moine fanatique est porté au gouvernement de la ville mais nos héros se moquent de la religion et font apparaître l'hypocrisie des dévots. Dans la peau de Lorenzo, Bianca ose beaucoup ce qui lui permet aussi de s'émanciper en tant que femme. Je trouve son personnage sympathique et courageux.

     

    Hubert  et Zanzim, Peau d'homme, Glénat

     

    Le dessin est relativement simple. Les visages des personnages ne me plaisent pas trop, par contre j'aime bien les décors et les pages de présentation des chapitres qui prennent un aspect d'enluminures.

    C'est une lecture que j'ai beaucoup appréciée.

     

     

    L'avis de Krol.

     


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  • Henri Vernes, Organisation Smog, Marabout juniorHenri Vernes est mort le 25 juillet 2021, il avait 102 ans ! Né en 1918, Charles-Henri Dewisme à l'état-civil, écrivain belge, était le créateur de Bob Morane. A 19 ans il part bourlinguer à travers le monde (Chine, Turquie, Allemagne...) puis travaille comme espion pour les services secrets britanniques. La première aventure de Bob Morane, La vallée infernale, paraît en 1953. En soixante ans de carrière Henri Vernes a publié plus de 220 titres.

     

    Henri Vernes, Organisation Smog, Marabout juniorOrganisation Smog. Bob Morane et son ami Bill Ballantine goûtent des vacances bien méritées à la Martinique. C'est juste au moment où les deux aventuriers commencent un peu à s'ennuyer que le professeur Fonval, océanographe en expédition biologique, disparaît. Là-dessus nos héros déjouent une tentative d'enlèvement sur la personne de Liane Fonval, la fille du professeur. Il semble que Miss Ylang-Ylang, la redoutable cheffe de l'organisation criminelle Smog, soit en train de préparer un mauvais coup.

     

     

    Ah il est doué ce Bob Morane, il a tous les dons :

    "il était nyctalope et y voyait aisément dans les ténèbres"

    "si les deux amis avaient eu les mains libres, ils auraient pu employer le langage des sourds-muets qui leur était familier"

    "la barque, adroitement menée par Bob Morane et son ami, qui étaient d'excellents navigateurs"

    Tout est si facile pour le héros que c'en est amusant. Bien sûr, les méchants seront défaits. En attendant il y a des péripéties nombreuses et de l'action ce qui fait que ce roman d'aventures se lit sans déplaisir même si je n'en ferait pas mon quotidien.

     

     


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  • Clovis Maillet, Les genres fluides, ArkhêDe Jeanne d'Arc aux saintes trans

    Existait-il au Moyen-âge des saintes trans ? Pouvait-on naître fille et entrer dans les ordres sous une identité et une apparence masculine ? Pour répondre à ces questions -et après avoir précisé que la conception qu'on avait du genre n'était pas la même au Moyen-âge qu'aujourd'hui- l'historien et spécialiste du Moyen-âge Clovis Maillet part de Jeanne d'Arc et remonte dans le temps jusqu'aux débuts du christianisme.

    On ne s'habillait pas comme on le voulait au Moyen-âge. La façon de se vêtir était fixée selon la fonction, le statut social, le sexe. Dans certains cas cependant il était admis qu'une femme puisse s'habiller en homme, à la demande de Dieu notamment.

     

     

    Appropriée par la droite nationaliste la figure de Jeanne d'Arc est également revendiquée par certaines associations queer. Car Jeanne s'habillait en guerrier mais refusa aussi lors de son procès de porter des vêtements de femme. Les vies de saints du Moyen-âge rapportent des cas de personnes assignées femmes à la naissance et devenues moines -et non moniales. L'existence de certain·e·s d'entre eux est avérée. L'auteur en étudie quelques un·e·s et montre les points communs dans leurs histoires. Dans le cas de ces saint·e·s le travestissement va avec le renoncement à la sexualité. Dans l'idéal monastique les êtres non sexualisés ne sont que peu genrés. Cependant l'Eglise qui les acceptait au départ les a peu à peu sorti·e·s de ses textes officiels. Ainsi de Thècle, autorisée par Paul à prêcher en habits masculins et retirée du martyrologue romain au moment de Vatican II (1969) pour éviter le risque d'antécédent aux requêtes de prêtrise féminine.

     

     

    Ce qui m'a le plus intéressée dans cette lecture c'est ce que j'ai appris sur la vie et les croyances dans les premiers temps du christianisme ainsi que les précisions qui sont apportées sur certaines approches récentes de l'histoire médiévale -j'apprends par exemple que la signification des chapiteaux romans dépend de leur emplacement dans l'église. C'est un ouvrage qui porte sur un sujet pointu mais que j'ai apprécié.

     


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  • Erik Larson, Le diable dans la ville blanche, Le livre de pocheEn 1893 se tient l'exposition universelle de Chicago. Erik Larson nous la présente depuis la construction jusqu'à la destruction du site. C'est en 1890 que la ville de Chicago est choisie pour être le lieu de la prochaine foire mondiale. Un choix important pour les autorités de la ville qui espèrent montrer de quoi ils sont capables. Pour les urbains de la côte est Chicago passe en effet pour une ville provinciale peuplée de rustres. L'idée est donc de faire mieux que Paris en 1889. Mieux en gigantisme (la tour Eiffel) et mieux en nombre d'entrées (397000 visiteurs en un jour). Cela n'est pas gagné d'avance car les travaux commencent tardivement. Ils sont confiés à l'architecte Daniel H. Burnham pour la conception de l'ensemble et au paysagiste Frederick Law Olmsted (concepteur de Central park) pour les espaces verts. A 68 ans ce dernier est affligé de nombreux maux, notamment des douleurs de dents et névralgies régulières qui me rappellent qu'en matière de qualité de vie la médecine a quand même fait des progrès depuis cette époque.

     

    Erik Larson, Le diable dans la ville blanche, Le livre de poche

    La Ville blanche

     

    Erik Larson détaille les prouesses techniques et astuces qui ont été mises en place pour livrer le site à la date d'ouverture prévue. Les façades des bâtiments sont en staff, mélange de plâtre et de fibre de jute appliqué sur une ossature de poutrelles d'acier et de cadres de bois. Le tout est peint en blanc, d'où le surnom de Ville blanche. L'exposition se divise en deux parties. La partie sérieuse avec ses palais de l'Agriculture, des Manufactures et des Arts libéraux, des Arts décoratifs... présente les dernières nouveautés de l'époque : fermeture à glissière, lave-vaisselle automatique, canons géants de Krupp... La partie récréative est constituée d'une avenue, Midway, bordée d'attractions dont un village algérien et une rue du Caire, peuplés de leurs habitants exotiques. Les danseuses du ventre égyptiennes vont influencer la conception étasunienne du Proche-Orient. Le clou de Midway est la grande roue de l'ingénieur George Ferris. Cette roue géante peut emmener plus de 2000 passagers à 79 mètres de hauteur. Une révolution dure 20 minutes. Le soir la totalité de l'exposition est illuminée par des ampoules électriques. Une première rencontre avec l'électricité pour beaucoup de visiteurs.

     

    Erik Larson, Le diable dans la ville blanche, Le livre de poche

    La grande roue

     

    Erik Larson nous raconte aussi en parallèle l'histoire du docteur H. H. Holmes, un psychopathe et tueur en série qui officia à Chicago à la même époque et fit au moins neuf victimes (neuf victimes identifiées). Il s'était fait construire un bâtiment transformé en hôtel au moment de la foire dans lequel il assassinait ses victimes. La cave était équipée pour faire disparaître les corps. Il profitait de l'afflux de visiteurs pour commettre ses meurtres sans être inquiété. C'était un escroc qui ne payait jamais une facture s'il pouvait s'en dispenser et qui tuait pour voler mais aussi par plaisir, semble-t-il.

    Si au départ les chapitres sur les méfaits de Holmes sont ceux qui font avancer la lecture, bien vite ce sont les aléas et les péripéties de l'exposition qui me passionnent le plus. C'est vivant et très accessible. J'ai beaucoup apprécié cet ouvrage très intéressant. Je dois dire que ce genre de manifestation me fascine. Du coup j'aimerais bien lire quelque chose du même genre sur l'exposition internationale de Paris en 1889.

     

     

    L'avis de Keisha.
    Avec 598 pages je participe au défi Pavé de l'été de Brize.

     

    Erik Larson, Le diable dans la ville blanche, Le livre de poche

     


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