• Michel del Castillo, Tanguy, Folio"Ce qui vieillit un être, vois-tu, ce sont les adieux ; plus on a fait d'adieux dans sa vie, et plus on est vieux."

    Tanguy est né en Espagne juste avant la guerre civile. En 1939, il a 5 ans, sa mère et lui fuient pour la France où ils retrouvent le père de Tanguy qui est Français. Puis, un temps, mère et fils sont internés au camp de Rieucros en Lozère, un camp de concentration français pour les indésirables et les étrangers. Puis ils sont séparés et Tanguy est envoyé dans un nouveau camp de concentration, en Allemagne cette fois. Il a 12 ans. Après la guerre il est de nouveau interné mais à présent dans un orphelinat et centre de redressement espagnol. Cela vaut le camp de concentration. D'ailleurs les acolytes de la direction, choisis parmi les pensionnaires de droit commun, sont appelés kapos.

     

     

    Tanguy c'est Michel del Castillo enfant car derrière ce récit d'une jeunesse précaire et ballotée, il y a une histoire vraie. Je suis admirative de la force de caractère dont à fait preuve l'auteur, et si jeune, pour ne pas sombrer dans la violence et continuer de croire en l'amour. C'est qu'à chaque étape de son parcours il y a eu de belles rencontres, des personnes qui -même au fond de la plus grande misère- lui ont montré le côté positif de l'être humain : Rachel, l'internée juive de Rieucros ; Gunther, le prisonnier allemand du camp de concentration ; Firmin, le jeune parricide du centre de correction ; enfin le bon père Pardo et l'oncle Norbert et sa femme qui suppléent les parents défaillants. Mais ça a aussi été la force de Michel del Castillo de saisir ces occasions, de s'y accrocher et de s'en nourrir.

     

     

     

    J'ai apprécié cette lecture d'un auteur que je ne connaissais pas et ça me donne envie d'en découvrir plus de lui. J'ai aimé aussi l'écriture. Tanguy n'est pas le narrateur et semble observer tout ce qui lui arrive avec détachement. L'auteur avait à peine plus de 20 ans quand il a écrit ça.

     


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  • J'avais lu il y a déjà un bon bout de temps les trois premiers épisodes de cette série policière qui se déroule sur l'île d'Öland en Suède et voilà que je tombe sur le dernier à ma bibliothèque. Je retrouve Gerlof qui se met en vacances de sa maison de retraite pendant l'été afin de rejoindre la résidence familiale où il accueille ses petits-enfants. C'est lui qui mène l'enquête quand Jonas Kloss, un camarade de son petit-fils vient lui raconter comment, en pleine nuit, il s'est retrouvé le passager d'un cargo à l'équipage de morts vivants. La famille Kloss est propriétaire d'un vaste complexe touristique et il semble que quelqu'un leur en veuille.

     

     

    L'affaire policière n'est pas des plus palpitantes et puis j'ai l'impression que Johan Theorin s'éparpille un peu. Il y a ainsi une DJ dont les difficultés personnelles sont évoquées mais sans les approfondir et sans que cela n'apporte rien à l'histoire si ce n'est quelques pages.

    Ce qui m'intéresse dans ce roman c'est ce que je ne venais pas y chercher : l'arrière-plan historique d'un personnage qui nous emmène en URSS dans les années 1930, au goulag et au coeur de la Grande Terreur stalinienne. L'auteur s'est documenté sur cette période -il cite ses sources à la fin- et montre bien toute l'horreur de ces événements.

     


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  • Donna Tartt, Le chardonneret, PocketA 13 ans Theo Decker, le narrateur, a échappé à un attentat dans lequel sa mère est morte et qui l'a mis en possession du Chardonneret, un des rares tableaux du peintre Fabritius (1622-1654). C'est peu de dire que le pauvre garçon va se retrouver bien livré à lui même pour gérer à la fois le deuil d'une mère dont il était très proche -le père ayant quitté le domicile familial sans laisser d'adresse- et le stress post-traumatique. Le roman l'accompagne depuis le moment fatidique qui a bouleversé sa vie jusqu'à l'âge adulte. Sur sa route il croise diverses personnes qui l'aident à survivre. Les péripéties sont nombreuses et les moyens pas toujours les plus judicieux mais l'auteure n'émet pas de jugement : chacun se débrouille comme il peut.

     

     

    Après avoir été déçue par Le maître des illusions, j'ai apprécié ce roman. J'ai trouvé que l'auteure décrivait fort bien les émotions et sentiments qu'un jeune garçon peut éprouver dans les situations traversées par son personnage. Il y a aussi de belles descriptions de certains quartiers de New-York qui donnent envie d'y aller. En édition de poche, l'ouvrage compte plus de mille pages qui se lisent sans difficulté même s'il aurait pu supporter d'être un peu raccourci.

     

    Les avis de KeishaKrol et Maggie.

     

    Donna Tartt, Le chardonneret, Pocket

     


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  • Jean d'Aillon, Marseille, 1198, J'ai luRoncelin, vicomte de Marseille, a disparu, sa maîtresse et ses serviteurs assassinés. Hugues de Fer, le viguier de la ville, suspecte les seigneurs des Baux d'en être responsables. En effet, Hugues des Baux estime que la vicomté de Marseille devrait lui revenir, étant marié avec Baralle, fille du précédent vicomte.

     

     

    Pour libérer son seigneur, Fer se met en route vers les Baux, accompagné d'une petite troupe hétéroclite. Se sont joints à lui son ami le médecin Ibn Rushd (Avicenne) qu'il a connu à la croisade ; Nedjm Arslan, un Perse qui maîtrise le secret de la poudre explosive ; Robert de Locksley, alias Robin des Bois soi-même ; Anna Maria et Bartolomeo, soeur et frère, jongleurs venus de Rome et enfin notre héros Guilhem d'Ussel. Et il va bien falloir tous ces talents pour venir à bout d'une mission périlleuse car on va découvrir en cours de route que nombreux sont ceux qui souhaitent qu'elle échoue.

     

     

    Marseille, 1198 est le premier épisode des aventures de Guilhem d'Ussel écrit par Jean d'Aillon. De taille et d'estoc, que j'ai lu précédemment est en fait un préquel.

    Si les liens de parenté et de vassalité entre les différents personnages qui convoitent la suzeraineté de Marseille sont parfois un peu complexes, j'apprécie encore une fois ces aventures médiévales.

     


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  • Une famille syrienne

    Un film de Philippe van Leeuw.

    Une journée de la vie d'une famille dans une ville en guerre. Dans le grand appartement barricadé, dernier à être occupé de son immeuble, vivent une femme d'une cinquantaine d'années, son beau-père, ses trois enfants (Yara, la fille adolescente et ses petits soeur et frère) et la bonne. Ils accueillent aussi un couple de voisins et leur bébé ainsi que le petit-ami de Yara, venu prendre des nouvelles et qui n'a pas pu repartir -trop dangereux.

     

     

    Dans ce huis-clos le grand-père fume cigarette sur cigarette et fait la classe à son petit-fils, la bonne est de corvée d'eau ou de ménage, on se calfeutre dans l'arrière-cuisine -pièce sans fenêtres- quand les bombardements se rapprochent et on espère un coup de téléphone du père. Les adolescents amoureux se tiennent par la main ou se bécotent quand les adultes ont le dos tourné et je pense à Anne Frank et Peter van Pels dans leur annexe. La jeune femme, brutalisée par des pillards qui veulent la violer, négocie avec celui qui lui semble détenir l'autorité pour qu'il éloigne son acolyte et lui propose l'exclusivité en échange de sa protection sur l'appartement et je pense à Une femme à Berlin. C'est toujours la même guerre de tous temps et de tous lieux dans ses violences contre les civils. Ca pourrait être nous.

     

     

     


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  • Arnaldur Indridason, Opération Napoléon, PointsEn 1945, en pleine tempête de neige, un avion allemand s'est écrasé sur le glacier Vatnajökull en Islande et a été rapidement recouvert de glace. Depuis les services secrets de l'armée américaine surveillent le lieu supposé de l'impact. Quand l'avion réapparait en 1999 des hommes sont dépêchés sur place dans le plus grand secret. Leur mission ? Récupérer l'épave et son contenu et les faire disparaître. Personne ne doit être au courant. Pour cela ils sont prêts à éliminer les éventuels témoins. Or justement, un groupe de sauveteurs en montagne a décidé de s'entraîner dans le secteur...

     

     

    Mais il contient quoi ce foutu avion qui justifie qu'on vienne buter en plein Reykjavik des gens qui ne sont même pas au courant de son existence ? Le suspense est gardé presque jusqu'à la fin même si j'avais commencé à m'en douter un peu avant.

    Et c'est crédible ? Pas vraiment d'un point de vue historique. On est en droit de se demander aussi comment un tel secret a pu être gardé pendant près de 50 ans surtout quand on voit les dégâts collatéraux causés justement pour maintenir le-dit secret.

    Alors quoi ? Il y a de l'action et une jeune avocate qui fait la nique aux tueurs les plus coriaces qu'on met à ses trousses. Même si je n'y crois pas trop non plus, je trouve plaisant de voir les méchants défaits par quelqu'un qu'ils imaginaient pouvoir écraser sans difficulté. Je me disais en le lisant que ça ferait un bon scénario pour film d'action.

     

    D'Arnaldur Indridason je préfère cependant sa série policière. Comme point commun entre les deux je constate que dans Opération Napoléon il y a deux personnages qui recherchent leur frère disparu en montagne. Comme Erlendur.

     

    L'avis de Keisha.

     


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  • Fuyant le domicile conjugal, Annie vient se réfugier à Gråskär, dans la maison de vacances de ses parents, avec son fils, Sam. L'île se situe à proximité de la petite ville de Fjällbacka et elle abrite un phare -qui ne fonctionne plus- et l'ancienne résidence du gardien. Annie et Sam en sont les seuls habitants. Dans la région Gråskär est surnommée l'île aux Esprits car on raconte que ceux qui y meurent ne la quittent jamais. Parfois on les entend bouger ou parler.

    Peu après, un homme est assassiné à son domicile de Fjällbacka. Mats Sverin avait été le petit ami d'Annie au lycée.

     

     

    En parallèle, on suit la vie des membres du commissariat de Tanum et de leurs familles. A la fin de l'épisode précédent, Ericka et sa soeur Anna ont été victimes d'un grave accident de la route dans lequel Anna, enceinte, a perdu son bébé.

    Enfin, il y a aussi une histoire d'escroquerie à la mairie à l'occasion de la réfection d'un hôtel. Les personnages impliqués sont peu sympathiques et je dois dire que ces magouilles me semblent un peu de trop. En tout cas elles sont passées complètement à l'arrière plan pour moi.

     

     

    Camilla Läckberg nous présente ici une enquête très noire avec victimes directes et collatérales nombreuses. Il est question notamment de femmes battues par leur conjoint. Je trouve que l'auteure laisse bien peu d'espoir à certains de ses personnages.

     


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  • Jean d'Aillon, De taille et d'estoc, J'ai lu1187, Guilhem, jeune tanneur de 13 ans, fuit Marseille où il est recherché pour meurtre. Sur les routes d'Occitanie, il partage un temps la vie d'un maître rémouleur dont il devient l'apprenti, d'une ménestrelle avec qui il se met en couple, d'un médecin et sa compagne, eux aussi en fuite et surtout de routiers qui lui apprennent le maniement de toutes sortes d'armes. Avec eux Guilhem arrête de compter le nombre de personnes qu'il a fait passer de vie à trépas.

     

     

    A l'époque, les différents territoires au sud de la Loire sont en effet sous la domination soit du roi de France Philippe (Auguste) soit du fils du roi d'Angleterre, Richard (Coeur de Lion), comte de Poitiers. Ceux-ci ont délégué leur autorité à des seigneurs de la guerre locaux qui, en fonction des alliances de leur maître, massacrent à droite ou à gauche. On entre ainsi avec le héros dans le camp d'un mercenaire qui rançonne la contrée alentour. Les femmes sont enlevées pour servir d'esclaves sexuelles et domestiques, les hommes sont mis à mort de toutes les façons imaginables. Quelle violence ! On se croirait chez Daech. Un des personnages dit : "J'ai voyagé dans le Piémont, en Lombardie, en Provence, et même en Hongrie, mon garçon, mais je n'ai jamais rencontré plus de périls et de misères qu'autour de Limoges !"

     

     

    On rencontre cependant un îlot de paix et de prospérité autour de l'abbaye de Cluny, la plus grande de la chrétienté et un pôle économique majeur. C'est ça qui est assez fascinant aussi, de voir comme les cartes ont été rebattues et que cet endroit n'est plus rien aujourd'hui.

    Un récit palpitant où les péripéties sont nombreuses et qui m'a fait passer un bon moment.

     

    L'avis de ALittleBit.

     


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  • Jacques Mauduit et Pierre Donaint, La Lozère dans la Grande Guerre, AlcideLes monuments aux morts racontent

    De passage à Mende pendant mes vacances j'ai découvert ce beau livre dans la petite librairie locale. Moi qui photographie les monuments aux morts partout où je vais, un tel sujet ne pouvait que m'intéresser. La Lozère est le département français qui a eu le plus de morts par habitant pendant la première guerre mondiale. L'exode rural avait commencé à la fin du 19° siècle, la saignée de 14-18 a accéléré le déclin démographique.

     

     

    L'historien et géographe Jacques Mauduit présente les morts pour la France du département (quand sont-ils morts, comment, où ?) puis la construction et l'inauguration des monuments. Il étudie ensuite leurs décors et ce qu'ils symbolisent. Enfin, dans un département partagé entre une partie nord catholique et les Cévennes protestantes et beaucoup plus républicaines au sud, il montre comment les monuments aux morts marquent ces différences. Les protestants, par exemple, portent des prénoms comme Clodomir, Numa, Coligny, Sully..., les catholiques préfèrent les noms de saints locaux : Privat ou Urbain en hommage au pape Urbain 5 (1310-1370), né en Lozère. Et on accuse parfois les parents d'aujourd'hui de donner des prénoms étranges à leurs enfants...

     

    Jacques Mauduit et Pierre Donaint, La Lozère dans la Grande Guerre, Alcide

    Le monument aux morts de Langogne est l'oeuvre du sculpteur Maxime Réal del Sarte, royaliste, fondateur des Camelots du roi.

     

    L'ouvrage est abondamment illustré par les belles photos de Pierre Donaint. Je crois bien que tous les monuments aux morts de Lozère sont représentés.

    Les prénoms, les âges et parfois même les photos des soldats morts rappellent que "la mort a un visage". Un livre très intéressant.

     

    Jacques Mauduit et Pierre Donaint, La Lozère dans la Grande Guerre, Alcide

    "On ne passe pas !". Le monument aux morts d'Auroux.

     


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  • Kate Colquhoun, L'a-t-elle empoisonné ?, 10-18Liverpool, 1889. James Maybrick, 50 ans, meurt après 15 jours de maladie. Les domestiques et les frères du défunt soupçonnent sa jeune épouse Florence (elle a 26 ans) de l'avoir empoisonné. Elle est emprisonnée et, à l'autopsie, on retrouve de l'arsenic dans le corps de James. Le procès de Florence Maybrick est une affaire véridique qui semble avoir défrayé la chronique en Grande-Bretagne. Kate Colquhoun a étudié les archives et les témoignages de divers protagonistes pour nous la présenter.

     

     

    La justice fit appel à plusieurs experts mais jamais ils ne furent unanimes sur les questions qu'ils avaient à trancher. Les quantités d'arsenic retrouvées dans le corps de James étaient-elles suffisantes pour le tuer ? Les avis diffèrent. Si oui, le poison a-t-il été administré par Florence ou James l'a-t-il pris de lui-même ? En effet, ce dernier était hypocondriaque et consommait de nombreux médicaments prescrits par ses médecins ou en automédication, souvent à base d'arsenic. Un médecin de l'époque affirma : "Si l'on faisait passer une loi obligeant les médecins à se limiter dans toute leur pratique à deux remèdes seulement je choisirais en premier l'arsenic, en second l'opium". L'arsenic avait aussi la réputation de purifier le teint et on l'utilisait dans des savons ou des lotions pour le visage. L'enquête montra qu'il y en avait dans tous les coins de la maison Maybrick.

     

     

    Si cette affaire fit grand bruit c'est aussi parce qu'elle mit sur le devant de la scène des questions qui commençaient à agiter la société britannique, à commencer par la condition féminine. On reproche à Florence d'avoir trompé son mari et, pour l'accusation, cette circonstance suffit à prouver sa culpabilité. Que James ait aussi trompé Florence -et de façon beaucoup plus régulière et ancienne- sera à peine évoqué.

    Le fonctionnement de la justice est aussi discuté : à cette époque, lors de procès pour crimes, les accusés n'étaient autorisés à s'exprimer que par l'intermédiaire de leur avocat. Le prévenu n'est pas interrogé. Cela sera modifié en 1898. La possibilité de faire appel après un procès d'assises date de 1907 (en France de 2000).

     

     

    C'est cette contextualisation qui m'a le plus intéressée dans la lecture plutôt que le déroulement du procès, parfois un peu trop détaillé à mon goût. J'ai été gênée aussi par le style : adjectifs utilisés parfois de façon approximative, phrases ampoulées dont on peine à saisir le sens. Problème d'écriture ou de traduction ? Ou les deux ?

    Enfin, une comparaison avec l'affaire Dreyfus me déconcerte : "On murmurait que sa situation était identique à celle du capitaine Alfred Dreyfus, célèbre officier de l'armée française. Les infidélités de cet homme, décrit par ses accusateurs comme un monstre à deux visages qui menait une double vie, furent utilisées afin de "prouver" qu'il était un espion. Certains trouvaient que Florence Maybrick et lui étaient tous deux victimes d'un combat idéologique et que, dans chaque cas, il existait une grande part de doute, même si celui-ci refusait de jouer en leur faveur. Leurs destins respectifs -pouvait-on faire valoir- étaient chacun déterminés par une logique fausse. Au bout de cinq ans passés dans la colonie pénitentiaire de l'ïle du Diable, en Guyane française, Dreyfus fut libéré. Moins d'une décennie après sa condamnation, il obtint le pardon. Florence ne savait rien des procès de cet homme. En l'absence d'une procédure judiciaire d'appel proprement dite, ses partisans déploraient qu'elle ait alors souffert dix fois plus que Dreyfus, si elle était innocente".

    Que les partisans de Florence Maybrick aient fait flèche de tout bois pour obtenir sa libération, je peux le comprendre. Que l'auteure laisse penser à son lecteur que ce cas était comparable à celui de Dreyfus, cela me gêne.

     

     

    Malgré les défauts sur lesquels je viens de m'étendre, cela reste un livre plutôt intéressant. Ceci dit, sur le même sujet des procès de moeurs à l'époque victorienne je préfère le travail de Kate Summerscale.

     


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