• Julie Otsuka, Certaines n'avaient jamais vu la mer, Phébus

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    Dans ce roman Julie Otsuka, Américaine d'origine japonaise, fait entendre la voix de femmes japonaises qui migrent aux Etats-Unis au début du 20° siècle. Filles de familles pauvres pour la plupart, qui représentent une bouche de trop à nourrir, vieilles filles que l'on désespérait de marier, filles qui ont fauté, elles sont envoyées vers un homme qu'elles ne connaissent pas et qui va devenir leur mari. Eux ce sont des compatriotes, travailleurs agricoles ou blanchisseurs en Californie. C'est l'histoire de ces femmes qui est racontée ici, depuis le moment où elles quittent leur pays jusqu'à la seconde guerre mondiale quand la population américaine d'origine japonaise a été internée car suspectée de trahison. Un sujet que Julie Otsuka avait déjà abordé dans Quand l'empereur était un dieu.

     

    L'auteure utilise ici une narration originale puisque les femmes sont rarement distinguées les unes des autres mais parlent d'une voix commune : "Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n'étions pas très grandes. Certaines d'entre nous n'avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n'avaient que quatorze ans et c'étaient encore des petites filles. Certaines venaient de la ville et portaient d'élégants vêtements, mais la plupart d'entre nous venaient de la campagne, et nous portions pour le voyage le même vieux kimono que nous avions toujours porté -hérité de nos soeurs, passé, rapiécé, et bien des fois reteint. Certaines descendaient des montagnes et n'avaient jamais vu la mer..."

     

    Au début j'ai bien aimé cette façon d'écrire, vers la fin j'ai trouvé parfois ça un peu lassant et répétitif mais c'est un livre qui ne fait que 140 pages donc c'est facile à lire et globalement plutôt plaisant et intéressant.

     

    Les avis de Dominique, de Keisha et de Gambadou. Toujours un succès.

     

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  • Commentaires

    1
    Adelia Bertetto
    Dimanche 13 Janvier 2013 à 12:00
    Julie Otsuka (born 1962) Tout d’abord merci pour vos reviews. J’ai lu les deux livres dans l’original anglais. Le premier When the Emperor Was Divine Viking 2002 est très bien : pas un mot de trop. Il rejoint la beauté dans l’essentiel de Fumiko Enchi (1905-1986) The waiting years, 1957. Le deuxième The Buddha in the attic, semble un produit de ‘creative writing » : maniérisme et répétitions. Example:“That night our new husbands took us quickly. . . They took us even though we bit them. They took us even though we hit them. They took us even though we insulted them . . . and screamed out for help (nobody came). . . . They took us cautiously, as though they were afraid we might break. You’re so small. They took us coldly but knowledgeably — In 20 seconds you will lose all control — and we knew there had been many others before us. They took us et cetera, et cetera. Dans mon Catalogue livres, je l’ai catalogué : ‘a book to skip’. Bien à vous Adelia
    2
    Dimanche 13 Janvier 2013 à 12:00
    Hier dans un club lecture une lectrice a dit la même chose que toi, elle admirait le style et cette forme de narration mais cela l'a lassé au bout d'un moment Bizarrement je n'ai absolument pas éprouvé cela, ce chant polyphonique m'a plu tout du long merci à toi pour le lien
    3
    Lundi 14 Janvier 2013 à 12:00
    Vu que je suis avertie pour le style avec le "nous" collectif, je devrai pouvoir passer outre et essayer de compléter les témoignages que j'ai eu en allant à SF l'été dernier
    4
    Jeudi 14 Février 2013 à 12:00
    J'ai beaucoup aimé ce livre, touchée par l'histoire douloureuse de ces femmes. Un peu de frustration avec ce nous car j'aurai tellement voulu suivre l'une d'entre elles dans son intérieur et dans ses pensées intimes!
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