• Laure Murat, L'homme qui se prenait pour Napoléon, Folio

    Laure Murat, L'homme qui se prenait pour Napoléon, FolioEn partant de documents d'archives, Laure Murat étudie les liens entre la folie et l'histoire, ou plutôt les événements politiques entre 1789 et 1871, période de nombreuses révolutions. En filigrane, c'est une histoire de la psychiatrie française qui se dessine. La discipline est en effet apparue avec la Révolution, sous l'impulsion du médecin Philippe Pinel et du surveillant Jean-Baptiste Pussin dont on pourrait dire qu'il est l'ancêtre des infirmiers psychiatriques.

     

     

    A la fin du 18° siècle- début du 19° siècle, il y avait deux sortes d'établissements où on internait les fous : les asiles publics et les maisons de santé privées pour les malades dont les familles pouvaient payer. Sous la Révolution et l'Empire, ces dernières deviennent aussi un lieu d'enfermement pour opposants politiques. Dans sa préface, l'auteure fait le lien avec les dissidents soviétiques internés en psychiatrie ou les "folles" de la place de mai en Argentine.

     

     

    La maladie du 19° siècle est la monomanie orgueilleuse ou le fait de se prendre pour un grand homme, comme Napoléon par exemple, qui semble avoir plus de succès auprès des malades que les rois. Pourquoi? La question est posée du lien entre génie et folie. A ce sujet le cas de Victor Hugo est aussi évoqué ("Victor Hugo était un fou qui se prenait pour Victor Hugo" – Jean Cocteau).

     

     

    La révolution de 1848 et la Commune de Paris en 1871 voient émerger une nouvelle maladie mentale dans la nomenclature des médecins : "morbus democraticus". "Insurgés et insensés, dans les yeux bourgeois, se ressemblent" et les psychiatres sont des bourgeois. La révolte des femmes leur apparaît comme encore plus folle : "une jeune femme, qui avait fait une étude approfondie du phalanstère, se pénétra si bien des idées de Fourier qu'elle en perdit la tête." Non seulement "on la vit sortir en vêtements d'homme" mais elle refusera de se faire ausculter, "déclarant qu'elle ne recevrait jamais les soins d'un médecin tant qu'il ne serait pas permis aux femmes de prendre le diplôme de docteur". Elle finira ses jours dans une maison de santé."

     

     

    Qu'est-ce que la folie ? C'est au fond la question que pose Laure Murat dans cet intéressant ouvrage. Le regard porté sur les débuts de la psychiatrie montre bien la sensibilité de la réponse aux aléas politiques.

     


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  • Commentaires

    1
    keisha
    Vendredi 13 Janvier à 15:17

    ce que j'ai lu de Laure Murat m'a toujours bien intéressée, alors, pourquoi pas?

      • Vendredi 13 Janvier à 18:50

        J'ai vu qu'elle avait écrit aussi un ouvrage qui traite du genre et qui pourrait m'intéresser.

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