• Maurice Leblanc, L'aiguille creuse, Le livre de poche

    Maurice Leblanc, L'aiguille creuse, Le livre de pocheDes hommes cambriolent nuitamment le château du comte de Gesvres mais rien n'a disparu. Raymonde de Saint-Véran, la nièce du comte, tire sur un des intrus et le touche mais on ne retrouve pas le blessé alors qu'il est impossible qu'il ait pu quitter les lieux. Un lycée de 17 ans, Isidore Beautrelet, convainc la police par ses déductions fines de le laisser participer à l'enquête. Il comprend rapidement que c'est Arsène Lupin qui se cache derrière ce coup.

     

     

    Parce que j'ai regardé le début de la série Lupin sur Netflix, j'ai eu envie de lire L'aiguille creuse. Le dernier épisode paru à ce jour fait en effet référence à ce roman. C'est un vrai roman feuilleton avec des péripéties parfois abracadabrantes. Il y a un côté ésotérique avec un secret caché depuis plus de vingt siècles et dont la possession rend invincible. Ce secret, c'est Lupin qui l'a découvert ce qui explique pourquoi il échappe toujours à la police. Le personnage de Lupin m'est peu sympathique. Je le trouve très imbu de lui-même. A un moment il part même dans une sorte de délire mégalomaniaque. Enfin, c'est un trafiquant d'oeuvres d'art qui en organise le vol pour son plaisir personnel ou pour les revendre, ce qui me déplaît. J'ai peine à comprendre ce que certains peuvent encore trouver d'admirable au personnage.

     

     

    Plus de cent ans après sa rédaction ce roman peut aussi être vu comme un document historique. Ce qui me semble amusant c'est ce que j'aperçois en arrière plan de la vie à l'époque : on suit le voleur à la trace car une (seule) automobile a traversé Pontoise la nuit précédente; on trouve un chapeau sur le lieu du crime, le nom du chapelier est inscrit dedans et le chapelier peut, "vous pensez bien", donner le nom de l'acheteur et son domicile. Ce qui me semble moins amusant c'est la misogynie ambiante. Une gamine de 12 ans a permis à Lupin de réussir un enlèvement. Elle a le visage "inquiétant et mobile de ces fillettes qui sont destinées à toutes les tentations, à toutes les défaillances". C'est une de ces petites natures "faibles, désemparées, capables des pires trahisons". Rien que de le recopier, ça m'horrifie. On parle d'une gosse face à un homme qui nous est tout du long présenté comme supérieurement habile et manipulateur. Pas d'excuse pour Charlotte : elle est déjà femme donc coupable.

     

     

    Maurice Leblanc, L'aiguille creuse, Le livre de poche

     

     

     

    Heureusement la série Lupin dépoussière tout ça et le personnage joué par Omar Sy est beaucoup plus sympathique que l'original. La suite très bientôt, semble-t-il.

     

     


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  • Commentaires

    1
    Mardi 8 Juin à 08:28

    Je l'ai découvert au collège, et tellement aimé que je l'ai relu, il y a 5/6 ans je crois. J'avoue ne pas avoir été marquée par les mêmes éléments que toi ! Lupin ne m'est pas non plus spécialement sympathique mais j'avais justement aimé dans ce titre la dimension ambiguë et presque inquiétante de sa personnalité que développe l'auteur.

      • Mercredi 9 Juin à 08:09

        Je crois que vu son surnom de gentleman cambrioleur je m'attendais à un personnage plus chevaleresque.

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