• Patrick Deville, Equatoria, Seuil

    Patrick Deville, Equatoria, Seuil"Ces hommes auront rêvé d'être plus grands qu'eux-mêmes, ils auront semé le désordre et la désolation autour d'eux, couvert leurs entreprises aventureuses du nom des idéologies du temps, s'emparant de celle qui est à leur portée comme d'un flambeau, l'exploration, la colonisation, la décolonisation, la libération des peuples, le communisme, l'aide humanitaire..."

     

    En 2006, Patrick Deville bourlingue en Afrique équatoriale (au Congo, au Zaïre, au Gabon, à Sao Tome et Principe, en Angola, en Tanzanie) sur les traces des explorateurs, commerçants ou révolutionnaires qui, depuis le 19° siècle, ont arpenté ces territoires, remonté le cours des fleuves et traversé la grande forêt. Le prétexte en est l'inauguration imminente à Brazzaville d'un mausolée à Savorgnan de Brazza. Je découvre ainsi ce personnage, humaniste qui voulait libérer les esclaves et qui ouvrit malgré lui la route à la colonisation française, laquelle allait permettre le travail forcé.

     

     

    Patrick Deville nous présente aussi de nombreux autres aventuriers dont Stanley, parti à la recherche de Livingstone et Emin Pacha, de son vrai nom Schnitzler et qui fut gouverneur de la province d'Equatoria, au sud de l'Egypte. Tous deux croisent aussi la route de Tippu Tip, marchand d'esclaves de Zanzibar devenu sultan d'Utetera.

    Au 20° siècle, les révolutions et les guerres civiles qui suivent les indépendances font ensuite émerger ou attirent des destins hors du commun : Jonas Savimbi, Agostinho Neto et Che Guevara.

    Enfin, en 2006, Patrick Deville rencontre ses contemporains au hasard de ses pérégrinations et nous raconte des tranches de vie de personnes qui bien souvent ont connu l'exil, ont du repartir de zéro et montrent que la débrouille est une qualité appréciable dans les lieux et les périodes incertaines.

     

     

    Je suis toujours contente de lire Patrick Deville même si je manque parfois de la culture nécessaire pour le suivre pleinement. J'aime beaucoup sa façon d'écrire qui a parfois un côté suranné. Ainsi il emploie "une manière de" : "Ils pensaient l'île déserte jusqu'à la rencontre, par un chasseur sans doute, du premier Angolare, une manière de Vendredi qui s'enfuit dans la forêt". Je dois dire que la découverte de la première ocurence de cette expression me réjouit. Je pense cependant qu'Equatoria n'est pas celui des récits de voyage de l'auteur que j'ai préféré. Je l'ai trouvé à ma bibliothèque où il était disponible, en attendant Taba Taba qui vient de sortir.

     


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 29 Octobre à 10:52

    C'est le livre qu'il me faut ! Je suis en train de lire des romans sur la colonisation ou décolonisation. Javais déjà un roman de Deville ( Peste et Choléra) mais il va encore attendre. Pourquoi pas indispensable ? ( à part le fait qu'il fait référence à des événements qu'on ne connaît pas forcément vu les zones étdendues et les périodes étendues qu'il traite !

      • Dimanche 29 Octobre à 15:53

        Qui a écrit pas indispensable ? Pas moi. Mon préféré, c'est Kampuchéa. En relisant mes articles sur les ouvrages de Patrick Deville et leurs commentaires, je constate que cela fait déjà au moins trois ans que Peste et choléra est sur ta Pile à Lire...

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