• Philippe Sollers, Trésor d'amour, Gallimard

    Philippe Sollers, Trésor d'amour, GallimardL'écrivain Philippe Sollers est mort le 5 mai 2023. Il était né Joyaux en 1936. En 1957 il publie une nouvelle, Le défi, qui reçoit le prix Fénéon. Comme il n'est pas encore majeur il prend alors le pseudonyme de Sollers (= tout entier art) pour contourner la censure parentale. C'est un écrivain qui a joué un rôle majeur dans la vie intellectuelle française de la deuxième moitié du 20° siècle, surtout dans le monde de l'édition et de la critique.

     

     

    Philippe Sollers, Trésor d'amour, GallimardTrésor d'amour. En 2010 le narrateur, Philippe Sollers, séjourne à Venise avec la femme qu'il aime, Minna Viscontini, une Italienne, professeure d'université, spécialiste de Stendhal. Ce n'est pas un récit autobiographique, il me semble, mais un roman dans lequel l'auteur se met en jeu. C'est l'occasion pour lui d'écrire sur Venise, sur l'amour, sur Stendhal et sur le monde contemporain.

     

     

    J'ai trouvé plaisant le cadre vénitien et la description de la vie tranquille, comme détachée du monde, qu'y mène le narrateur. Cela m'a donné envie de flâner à Venise même si je crois que c'est une ville où je ne retournerai pas maintenant que j'ai découvert la no list de Fodor's travel.
    J'ai trouvé intéressants tous les éléments biographiques sur Stendhal. Il sont présentés de façon décomposée, sans suite chronologique. Philippe Sollers est cultivé et introduit aussi d'autres personnages qui ont séjourné à Venise ou aimé une Minna (Freud, par exemple). Dans cet ouvrage Philippe Sollers s'identifie à Stendhal dont il nous dit qu'il a eu peu de succès de son vivant. Il écrivait pour le futur ou pour les happy few (je découvre qu'il utilisait régulièrement des mots anglais). Philippe Sollers se considère comme un de ces happy few, un des rares à lire encore Stendhal aujourd'hui, un des rares auteurs contemporains à écrire des livres qui ne seront pas passés aux oubliettes dans cinquante ans. Il m'est surtout apparu comme imbu de lui-même.

     

     

    J'ai été agacée par les considérations sur le monde contemporain. Il m'a semblé que l'auteur-narrateur avait tendance à prendre la partie pour le tout c'est à dire à considérer le mode de vie du petit monde qui l'entourait comme représentatif de celui de tous les Français. L'image qu'il se fait des femmes (à part Minna) est pas mal étriquée. Au début cet agacement était très prégnant et j'ai pensé que cette lecture allait me faire souffrir. En avançant les aspects positifs ont pris le dessus et j'ai apprécié la belle écriture même si je suis loin d'être devenue une fan de Philippe Sollers.

     

     

    Mon exemplaire vient de la bibliothèque, des passages ont été soulignés par un précédent lecteur qui est même allé jusqu'à corriger l'auteur ! En toute modestie.

     

    Philippe Sollers, Trésor d'amour, Gallimard

     


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  • Commentaires

    1
    keisha
    Lundi 22 Mai 2023 à 10:49
    keisha

    Aie, les lecteurs précédents, j'en ai aussi vus...

    Quant à Sollers, j'en apprends grâce à toi, mais rien ne presse.

      • Lundi 22 Mai 2023 à 12:58

        Je découvre son œuvre à l'occasion de sa mort. Je ne suis pas sûre que j'y reviendrai. Stendhal plutôt.

    2
    maggie
    Mercredi 31 Mai 2023 à 10:19

    J'aime ses théories littéraires mais ses romans ne m'attirent pas. Je n'aime pas non plus sa vision des femmes (étriquée... C'est tout à fait ça)

      • Mercredi 31 Mai 2023 à 10:43

        Oui, c'est assez déplaisant. Ca m'a amenée à m'interroger sur le caractère rédhibitoire (pour moi) de cette misogynie : est-ce qu'elle occulte ou pas les qualités présentes par ailleurs ? Je crois que finalement je dirais que oui, il y a suffisamment d'autrices et d'auteurs de qualité par ailleurs.

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