• Sébastien Meier, Les casseurs d'os, Fleuve noir

     

    Sébastien Meier, Les casseurs d'os, Fleuve noirLa Bohême est une petite monarchie imaginaire située au sud des Alpes. Dans cet Etat utopique la propriété privée et le mariage ont été abolis, la pêche et la chasse interdites, le revenu de base inconditionnel mis en place et les drogues récréatives légalisées. C'est dans ce cadre qu'ont lieu des crimes d'une grande brutalité : une historienne et un historien ont été massacrés. Tous deux étudiaient l'histoire du fascisme en Bohême.

     

     

    Le journaliste Elias Neuman s'intéresse à l'affaire. Il vient de se faire connaître pour avoir dénoncé un scandale de collusion entre le premier ministre bohémien et la puissante multinationale Monstlé. La nuit Elias est LaGarçonne, artiste travestie du cabaret le Bohémien. Le double meurtre pourrait-il être lié à l'émergence du Front alternatif bohémien, parti nationaliste qui veut rompre avec l'anarchisme historique bohémien et qui a le vent en poupe ?

     

     

    Si certaines Bohémiennes et Bohémiens pensent qu'il est urgent de faire entrer leur pays dans la société de consommation, le capitalisme et la mondialisation, je trouve quant à moi cette uchronie très sympathique. Autour du queer Elias Neuman, l'auteur, queer lui-même, place de nombreux personnages LGBTQI. J'apprécie beaucoup qu'ielles ne soient pas là pour jouer le rôle du gay ou du travelo de service mais que la caractéristique LGBTQI ne soit qu'une composante de leur personnalité.

     

     

    Le cadre et les personnages de ce roman m'ont beaucoup plu. J'en ai trouvé la lecture réjouissante, souvent drôle par le décalage qu'il présente entre la Bohême et le reste du monde, notre monde, sur lequel il y a ainsi une réflexion critique. La Bohême étant un pays qui rejette tout sexisme, l'auteur écrit dans le français inclusif pratiqué par les habitants et que j'ai utilisé aussi dans cet article. Voilà également une pratique qui me plaît et contribue à mon plaisir de lecture. Enfin, le récit se double d'une bande son : les personnages écoutent beaucoup de musique dont titres et interprètes sont cités.

     

    Je découvre Sébastien Meier avec Les casseurs d'os et je ne suis pas déçue. Ce jeune auteur suisse a déjà écrit une trilogie noire. A explorer plus avant, donc.

    L'interview de Sébastien Meier pour Le réveil culturel de Tewfik Hakem.


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 6 Juillet à 10:31

    Tu m'as donné envie d'y jeter un oeil ! Effectivement, le cadre est original...

      • Lundi 9 Juillet à 09:52

        Une lecture qui m'a fait plaisir.

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