• Mohamed Mbougar Sarr, La plus secrète mémoire des hommes, Philippe Rey

    Mohamed Mbougar Sarr, La plus secrète mémoire des hommes, Philippe Rey De nos jours Diégane Latyr Faye est un jeune écrivain sénégalais installé à Paris où il fréquente un cercle d'intellectuels africains. Le labyrinthe de l'inhumain, un livre écrit en 1938, arrive entre ses mains. C'est un livre mythique qui avait disparu de la circulation: son auteur, le Sénégalais T. C. Elimane, a été accusé de plagiat, sa maison d'édition a fait faillite, l'ouvrage a été retiré de la vente et plus personne n'a jamais entendu parler d'Elimane. Mais c'est "un livre unique, jamais vu, profondément original", un livre qui change la vie de ceux qui le lisent. Diégane se met alors à la recherche d'Elimane et d'une suite éventuelle qu'il aurait écrite au Labyrinthe. Il rencontre différentes personnes qui ont connu l'auteur et les interroge sur cet inquiétant personnage.

     

     

    Un grand talent méconnu, un auteur mystérieux, un jeune écrivain qui se lance sur ses traces, tout cela m'a fait penser à Oeuvres vives. Je dois donc dire maintenant que le livre ultime, celui qui rend inutile tous les autres par la seule force de la littérature, sans même raconter une histoire, je ne crois pas que ça existe. Je n'étais donc pas le public idéal pour ce roman. De même je n'ai pas été convaincue par l'écrivain maudit qui exprime ses sentiments tumultueux sans un mot: "A quelques centimètres de lui j'avais l'impression très confuse d'être à la fois devant un mur, mais aussi devant une mer verticale, une sorte de vague debout dont j'entendais les furieux remous intérieurs". Il m'apparaît plutôt comme un homme toxique dont il vaut mieux éviter de croiser la route.

     

     

     

    A côté de ça j'ai trouvé intéressante la réflexion qui est menée par Diégane et ses amis sur la place de la littérature africaine francophone et ce qu'elle doit être, elle à qui les critiques reprochent soit d'être trop africaine, soit de ne l'être pas assez. Il est question ici aussi de l'héritage de la colonisation. L'auteur montre l'attrait de la culture française pour certains Africains, la façon dont cela les a coupés de leurs origines et la façon dont l'intelligentsia française les a bien mal remerciés de leur admiration.

    Tout ceci est fort bien écrit, Mohamed Mbougar Sarr est cultivé et a beaucoup d'imagination ce qui fait que la lecture avance facilement et que j'ai envie de connaître la suite mais il y a aussi des passages qui se trainent et où je m'ennuie un peu. Mon avis global est donc mitigé.

     


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  • Commentaires

    1
    Lundi 20 Juin à 14:23

    Coucou ! Le sujet de départ partait bien en tout cas, et la réflexion autour de l'écriture africaine en France me semble intéressante !!

      • Mardi 21 Juin à 06:26

        Oui, il y a des thèmes très intéressants. Ça aurait supporté 150 pages de moins, à mon avis.

    2
    Mercredi 22 Juin à 17:12
    Coucou !! Alors ça, c'est une vraie question ! J'adore les romans longs, parce que je peux vraiment m'immerger, je peux prendre le temps de faire connaissance avec les personnages, ce qui du coup me laisse davantage d'impressions et d'images longtemps après avoir refermé le livre. Mais je n'aime pas si c'est pour ne rien dire ou pour se répéter !!
      • Jeudi 23 Juin à 08:05

        Tout à fait d'accord avec toi mais là il y a des passages qui m'ont semblé longs, j'ai même sauté des lignes à un moment. Après ce n'est pas tout du long, l'intérêt est relancé régulièrement.

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