• Temple Grandin, Ma vie d'autiste, Odile Jacob

    Temple Grandin, Ma vie d'autiste, Odile JacobDans Je suis à l'est ! Josef Schovanec citait Temple Grandin alors, quand j'ai vu que Ma vie d'autiste était à ma bibliothèque, je l'ai emprunté.

    Temple Grandin est née en 1947, peu après la définition de l'autisme par Kanner (1943). Elle a six mois quand sa mère constate qu'elle fuit son contact. Le diagnostic d'autisme est posé et la mère de Temple s'investit sans relâche dans l'éducation de sa fille. Elle trouve des écoles qui tiennent compte de son handicap et où Temple peut s'épanouir, elle positive toujours sur la chance qu'il y a à être une personne différente. Je crois surtout que Temple a eu de la chance d'avoir une mère aussi déterminée.

     

     

     

    Temple Grandin, Ma vie d'autiste, Odile JacobAlors qu'elle terminé le lycée, Temple a l'opportunité de travailler durant un été dans le ranch de sa tante. Elle y constate que, comme elle, les bestiaux sont affolés par des bruits violents et se rassurent en tournant en rond. Elle remarque que des animaux stressés sont calmés par la cage de contention qui sert à les maintenir immobiles. Cela la décide à fabriquer pour elle-même une machine qui la serrerait et la réconforterait. Cela lui ouvre aussi la voie vers une orientation professionnelle : elle s'est spécialisée dans le comportement animal et est devenue consultante pour éleveurs, elle a mis au point une méthode d'abattage moins brutale que celle qui pré-existait aux Etats-Unis.

     

     

    Je suis un peu gênée par le fait de mettre sa compréhension particulière des réactions animales au service de leur exploitation. A elle manifestement cela ne pose par de problème puisqu'elle oeuvre pour leur bien-être. Cependant le propos ici est de traiter de l'autisme et l'intérêt principal de cet ouvrage réside dans le fait que l'auteure y présente son autisme de l'intérieur et notamment sa façon de penser en images. Elle explique qu'elle est incapable de pensée abstraite, qu'elle doit mettre des images sur les concepts abstraits pour les comprendre. Ainsi quand elle doit passer une nouvelle étape de sa vie (quitter le lycée pour l'université, par exemple), elle l'imagine comme une porte et se met à la recherche d'une porte réelle qu'elle franchit pour concrétiser ce passage.

     

     

    Le récit est suivi d'une intéressante annexe qui contient des informations pratiques sur l'autisme à destination des parents et éducateurs. Il y est bien dit que chaque cas est particulier. Quant à moi je termine par une remarque au sujet de la préface à l'édition française, par Gilbert Lelord, professeur de médecine. Il y parle de la conception selon laquelle l'autisme serait la faute des mères : "Pendant de longues années, cette conception de l'origine maternelle de l'autisme, brillamment défendue par Bruno Bettelheim, a prévalu. Elle n'est plus admise aujourd'hui." C'est à dire que Bettelheim s'est planté. Mais puisque c'était Bettelheim, c'était brillant !

     


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