• Ogawa Ito, La papeterie Tsubaki, Picquier

    Ogawa Ito, La papeterie Tsubaki, Picquier

     

    Hatoko a 25 ans. Elle a été élevée à la baguette par une grand-mère sévère qui lui a enseigné la calligraphie dès l'âge de 6 ans à raison d'un entrainement quotidien. Hatoko a consacré à cette étude l'essentiel de son temps libre. A l'adolescence elle s'est révoltée contre son éducation puis a quitté le pays. Elle n'est revenue au Japon qu'après la mort de sa grand-mère, pour reprendre la succession de la papeterie familiale. Elle remplit aussi la fonction d'écrivain-public. Elle écrit des lettres pour des occasions particulières : condoléances pour la mort d'un animal familier, faire-part de divorce, lettres de rupture... Ces exemples présentés comme excentriques sont en fait représentatifs d'une société aux conventions rigides.

     

     

    Pour ses courriers Hatoko choisit avec soin papier, enveloppe, timbre, encre et stylo et même type d'écriture. Il y en a en effet plusieurs au Japon : hiragana, katakana et kanji. Je découvre un art très codifié. Ainsi "pour des condoléances, la règle veut qu'on broie l'encre à l'envers, de droite à gauche". On utilise aussi une encre très délayée, comme pâlie par des larmes. Le roman est illustré de "copies" de certaines lettres envoyées (ou reçues) par l'héroïne. Il semble que les Japonais continuent d'envoyer du courrier papier au point que Hatoko organise au moment de la nouvelle année une cérémonie lors de laquelle elle brûle les vieilles lettres dont ses clients veulent se débarrasser. J'ai profité des confinements pour trier les courriers reçus depuis 40 ans que j'avais conservés. Je ne me souvenais plus à quel point j'avais entretenu des correspondances suivies et abondantes. Et puis, au début du 21° siècle, le flux se tarit soudainement.

     

    Ogawa Ito, La papeterie Tsubaki, Picquier

     

    Il est question aussi dans ce roman de dévotion dans les différents temples de la ville de Kamakura où vit Hatoko et de cuisine. Il y a de belles descriptions des paysages urbains. C'est une ouverture, très exotique pour moi, sur la culture japonaise et qui m'a donné envie d'aller au Japon. Le roman présente de petites tranches de vie de la narratrice, au fil des saisons, lors de rencontres avec ses clients ou ses amis.Petit à petit, les rituels qu'elle suit dans son métier contribuent à son apaisement. Et moi aussi j'ai trouvé que c'était un livre très apaisant à lire même si j'ai conscience que toutes ces traditions doivent être pesantes à certains.

     

    Ogawa Ito, La papeterie Tsubaki, Picquier

     


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 10 Octobre à 21:40

    Il fait partie des livres que je dois découvrir pendant le mois du Japon yes

      • Lundi 11 Octobre à 09:27

        À découvrir, en effet. C'est quand ce mois du Japon ?

    2
    Mardi 12 Octobre à 09:45

    J'hésite un peu à le lire, je crois que je crains de m'ennuyer. Ton avis m'incite à tenter, tout de même.

    Et le mois du Japon, c'est en avril.

      • Mardi 12 Octobre à 12:36

        Il y a peu d'action, il faut bien le dire, mais je ne l'ai pas trouvé ennuyeux.

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